‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 18 sur 275 · ROBERVAL À FRANCE-ROI EN · texte numérisé non relu

ROBERVAL À FRANCE-ROI EN

M de Roberval qui devait faire le voyage du Canada en même temps que Cartier, en 1541, ne partit du port • de La Rochelle que le 16 avril 1542. L'expédition comprenait trois grands navires le Lèchefraye, la Valentine et l'Anne, montés par deux cents personnes tant hommes que femmes. Quelques personnes de qualité accompagnaient Roberval. Nous connaissons les noms de MM. Senneterre, Lespinay, Guinecourt, Noire-Fontaine, Dieu-Lamont, Frotté, La Brosse, François de La Mire, La Salle, Royèse et Jean Alfonse, pilote.

Les vents furent si contraires aux vaisseaux qu'ils n'arrivèrent à Terre-Neuve que le 7 juin. Le lendemain, ils entrèrent dans le havre Saint-Jean où ils restèrent tout le mois de juin. C'est pendant le séjour de Roberval dans ce port que Cartier, retournant en France, le rejoignit. Le dernier jour de juin, les trois vaisseaux remirent à la voile pour se rendre à Québec.

Arrivé à Charlesbourg-Royal, où Cartier avait passé l'hiver de 1541-1542, Roberval trouva l'endroit si commode qu'il décida de s'y établir. Il substitua le nom de France-Roi à celui de Charlesbourg-Royal, puis il commença son établissement. La relation du voyage de Roberval dit:

" Le général susdit, aussitôt son arrivée, fit bâtir un joli fort, proche et un peu à l'ouest du Canada (Québec), lequel était beau à voir et d'une grande force, sur une haute montagne, dans lequel il y avait deux corps de logis, une grosse tour et une autre de la longueur de quarante ou cinquante pieds, où il y avait diverses chambres, une salle, une cuisine, des chambres d'office, des celliers hauts et bas et proche d'iceux il y avait un four et des moulins, aussi un poêle pour y chauffer les gens et un puits au devant de la maison.

La relation ajoute:

" Il y avait aussi au pied de la montagne un autre logement dont partie formait une tour à deux étages avec deux corps de logis où l'on gardait toutes les provisions et tout ce que nous

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avions apporté, et près de cette tour il y a une autre petite rivière. Dans ces deux endroits, tant en bas qu'en haut, furent logés les gens du commun."

Au mois de septembre, M. de Roberval renvoya deux de ses navires en France, afin de donner des nouvelles de l'expédition à la cour et de rapporter des provisions.

Après le départ de ces deux navires, on fit l'examen des provisions et l'on trouva qu'elles seraient insuffisantes pour nourrir tout le monde, jusqu'au printemps suivant. On diminua donc les rations de manière que chaque troupe n'avait que deux pains pesant chacun une livre, et une demi-livre de bœuf. L'on mangeait du lard au dîner, avec une demi-livre de beurre et du bœuf au souper, avec environ deux poignées de fèves, sans beurre. Les Sauvages sauvèrent un peu la situation en apportant des aloses aux Français.

Au cours de l'hiver, le même mal qui avait fait perdre vingtcinq hommes à Cartier vint attaquer les gens de M. de Roberval. Il en mourut environ cinquante du scorbut ou mal de terre.

La paix ne régnait pas toujours dans la colonie de M. de Roberval. Il fut obligé de faire bonne justice, selon l'expression de la relation. Michel Gaillon fut pendu pour cause de vol, Jean de Nantes fut mis aux fers et enfermé au cachot; d'autres furent pareillement mis aux fers pour divers délits, et plusieurs furent fouettés, tant hommes que femmes. "Au moyen de quoi, dit la relation, ils vécurent en paix et tranquillité."

Enfin, à la fin de l'été de 1543, Cartier, par ordre du roi, rapatriait la colonie mort-née de M. de Roberval. Le voyage d'aller et retour du brave malouin avait duré huit mois.

Sources: N.-E. Dionne, Jean-François de La Rocque, seigneur de Roberval; Voyages de découverte au Canada entre les années 1534 et 1542.

Signature de LaRocque de Roberval

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