CLAUDE DE BOUTEROUE À QUÉBEC
1E 8 avril 1668, Claude de Bouteroue était nommé intendant de la justice, police et finances en Canada, Acadie, île de Terre-Neuve et autres pays de la Nouvelle-France. Sa commission disait :
" Ayant résolu de rappeler en France le sieur Talon, intendant de la justice, police et finances en nos pays de Canada, et jugeant nécessaire d'envoyer en sa place, pour exercer la même charge, une personne d'expérience et capable de nous y servir dignement pour le bien de nos peuples des dits pays et le règlement de la justice qui y doit être administrée, nous avons cru que nous ne pouvions faire un meilleur ni plus digne choix que de vous pour bien exercer cet emploi, tant pour la sage conduite que vous avez tenue dans les charges dont vous avez été revêtu en France que pour le zèle et la fidélité que vous avez toujours témoigné, pour le bien de notre service."
M. de Bouteroue arriva à Québec en septembre 1668. Le 17 de ce mois il signait le procès-verbal de la séance du Conseil Souverain, mais sa commission ne fut enregistrée que le 22 octobre.
Il pouvait difficilement faire oublier M. Talon qui avait joué un si grand rôle. M. de Bouteroue avait, cependant, des qualités.
L' Histoire de V Hôtel-Dieu de Québec de la Mère Juchereau de Saint- Ignace dit à son sujet :
" M. Talon repassa en France cette année 1668 et nous consola de son départ en nous faisant espérer son retour. M. de Bouteroue venait d'arriver en Canada en qualité d'intendant à sa place, il n'avait pas cependant tant d'autorité que M. Talon, mais il ne laissa pas d'y faire beaucoup de bien; il nous favorisa en tout, ce fut lui qui prit la peine de collationner et de légaliser la copie de tous nos contrats; chacun sait que de telles copies servent autant que les originaux.
" M. de Bouteroue était un homme grand et bien fait, d'une physionomie fort spirituelle, savant, poli et gracieux, qui préve-
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nait tout le monde, et qui savait se faire craindre et se faire aimer. "
M. Garneau nous apprend que M. de Bouteroue était particulièrement chargé de modérer avec sagesse la grande sévérité des confesseurs et de M** de Laval, et de maintenir la bonne intelligence entre tous les ecclésiastiques.
L'intendant s'acquitta de sa tâche avec un tel succès que le gouverneur de Courcelles en prit ombrage, et se plaignit à Colbert qu'il dépendait trop du clergé.
Colbert, qui voulait à tout prix maintenir la paix entre le gouverneur et l'intendant, se décida alors à rappeler M. de Bouteroue, mais, le 15 mai 1669, il ne pouvait s'empêcher d'écrire à M. de Courcelles qu'avec le temps celui-ci eût certainement mieux apprécié l'intendant, qui était fort en estime à Paris et qui aurait rempli dignement les fonctions de son emploi.
M. de Bouteroue repartit pour la France à la fin d'octobre 1670. Il avait donc occupé la charge d'intendant deux ans et quelques jours.
Les ordonnances rendues par M. de Bouteroue pendant son administration ont presque toutes été perdues. Nous en retraçons seulement cinq, l'une au sujet des hôteliers de Montréal, deux autres relatives aux notaires et les deux dernières sans importance aucune.
M. de Bouteroue était le fils de Claude de Bouteroue, conseiller en la Cour des monnaies, qui publia un important traité sur les monnaies anciennes de la France. Il avait amené sa fille dans la Nouvelle-France, mais il faut croire qu'il ne tenait pas maison à Québec puisque cette jeune personne demeura tout le temps à l'Hôtel-Dieu. C'est elle qui fut marraine du fameux chef iroquois Garakontié lors de son baptême, par Mgr de Laval, dans la cathédrale de Québec en août 1670.
Signature de l'intendant Bouteroue
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