UN FILS DE QUÉBEC DÉCOUVREUR DU MISSISSIPI
M Ernest Gagnon nous présente ainsi le découvreur du Mississipi :
• ** C'est une figure bien sympathique de notre histoire que celle de Louis Jolliet. Versé dans les sciences exactes, latiniste, musicien, dessinateur, logicien, un peu théologien, tel il nous apparaît dans son adolescence, à la fin de sa vie d'étudiant. Puis nous le retrouvons dans le monde, tantôt à Québec, objet de l'estime et de la confiance de ses concitoyens, tantôt dans la région des grands lacs, se familiarisant avec les langues algonquine et huronne, parlées par les Sauvages de l'Ouest; puis au pays des Illinois, qu'il fait connaître à la société civilisée; dans les cantons iroquois, où il se rend en qualité d'ambassadeur; à la baie d'Hudson, au Labrador, aux îles Mingan, à Anticosti, — tour à tour explorateur, négociant, armateur, hydrographe, artiste, seigneur féodal."
Né à Québec au mois de septembre 1645, Louis Jolliet était fils d'un pauvre ouvrier de la basse ville, Jean Jolliet. Il fit ses études au collège des Jésuites. A dix-sept ans, Jolliet se décida à embrasser l'état ecclésiastique. En 1667, il quitta la soutane et fit un voyage en France.
Dès son retour à Québec, en 1668, Jolliet se rendit au pays des grands lacs avec le sieur Jean Péré. C'est dans ce voyage qu'il rencontra, au Sault Sainte-Marie, le Père Marquette, Jésuite, et qu'il forma le projet d'aller explorer la grande rivière Mitchi Sipi dont les Sauvages parlaient beaucoup, mais qu'aucun Français n'avait encore vue.
En 1672, l'intendant Talon chargeait Jolliet de la découverte de la mer du Sud, " par le pays des Maskoutens et la grande rivière qu'ils appellent Mississipi, qu'on croit se décharger dans la mer de Californie."
Jolliet partit de Québec, à l'automne de 1672, pour aller rejoindre, à Michillimakinac, le Père Marquette qu'il voulait amener avec lui. Il arriva à Michillimakinac le 8 décembre 1672, après un trajet de trois cent cinquante lieues en canot d'écorce !
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Le 13 mai 1673, les deux explorateurs partaient de Michillimakinac avec cinq autres Français, sur deux canots d'écorce pour entreprendre leur longue randonnée. Ils emportaient pour toute provision un peu de blé d'Inde et quelques chairs boucanées. Des douzaines de fois les canotiers vinrent près de la mort au cours de cette entreprise hardie. Enfin, le 17 juin 1673, un peu plus d'un mois après leur départ de Michillimakinac, Jolliet et ses compagnons entraient dans le Mississipi. Comme le dit M. Ernest Gagnon, une date nouvelle s'inscrivait aux fastes de l'histoire.
Jolliet fut de retour à Québec dans les derniers jours de septembre 1674. Après un voyage semé de tant de difficultés et de dangers qu'il avait fait sans accident, il faillit périr à quelques milles de Montréal. Son canot chavira dans les environs du Saut Saint-Louis, et sa force physique de même que sa puissance de volonté lui permirent de lutter pendant quatre heures contre la mort. Il eut la vie sauve mais il avait perdu toutes les notes et les cartes qu'il avait dressées de son précieux voyage.
Comme récompense des services que Louis Jolliet venait de rendre à la France en lui faisant connaître le fleuve Mississipi, le gouverneur Frontenac lui concéda, au nom du roi, les îles et îlets de Mingan et l'île d'Anticosti. Tout en s'occupant de l'exploitation de ses concessions, Jolliet fit encore de longues et utiles explorations.
C'est Jolliet qui remplaça le sieur Franquelin comme hydrographe du roi à Québec.
Louis Jolliet décéda entre le 4 mai et le 15 septembre 1700, soit à l'île d'Anticosti, soit dans une des îles de Mingan. M. Gagnon se demande si le grand découvreur eut un prêtre pour l'assister à ses derniers moments. La chose n'est pas probable, car ce prêtre n'eût pas manqué de nous faire connaître la date exacte de la mort du grand explorateur.
Source: Ernest Gagnon. Louis Jolliet, découvreur du Mississipi et du pays des Illinois, seigneur de l'île d'Anticosti.
Signature de Louis Jolliet
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