‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 197 sur 275 · L'ÉRECTION DE QUÉBEC EN ÉVÊCHÉ · texte numérisé non relu

L'ÉRECTION DE QUÉBEC EN ÉVÊCHÉ

A colonie de la Nouvelle-France, simple mission à l'origine,

fut créée plus tard en vicariat apostolique avec M81 de Laval,

— comme chef.

Le 1er octobre 1674, le souverain pontife Clément X érigeait canoniquement l'évêché de Québec. Il élevait au rang de cité la petite ville de Québec, et élevait, en même temps, au rang de cathédrale l'église paroissiale. La paroisse de Québec était supprimée, et le soin des âmes confié à l'évêque, lequel devait y pourvoir, soit en continuant dans ses fonctions le curé actuel, soit par le chapitre qu'il était obligé d'instituer le plus tôt possible, soit de toute autre manière qui lui paraîtrait le plus convenable.

Le nouveau diocèse s'étendait sur toutes les possessions de la couronne de France, dans l'Amérique du Nord. C'était, par conséquent, toute l'Amérique Septentrionale, moins la colonie de la Nouvelle-Angleterre.

Le souverain pontife incorporait en même temps à l'évêché de Québec, pour sa subsistance, l'abbaye de Maubec, que le roi de France avait donnée, dès 1662, à M61" de Laval personnellement, sauf toutefois la messe conventuelle et les droits de juridiction spirituelle du prieur et des moines bénédictins de cette abbaye.

Par une autre bulle, datée du même jour, le souverain pontife transférait M*1" de Laval du siège de Pétrée au nouvel évêché de Québec.

IVF de Laval demandait d'ériger Québec en siège épiscopal, depuis 1662. Les difficultés qui existaient à cette époque entre la cour de Rome et celle de France avaient été la cause de tout le retard. En France, on voulait que l'évêque de Québec relevât de l'archevêché de Rouen, jusqu'à ce que le Saint-Siège y pût établir une métropole et plusieurs diocèses, tandis qu'à Rome on désirait que le nouvel évêché dépendît immédiatement du Saint-Siège.

A la fin, la cour de France céda et consentit à ce que l'évêché de Québec fût immédiatement dépendant du Saint-Siège.

Page 395

" L'on doit avouer," dit à ce sujet l'abbé Ferland, " que les regards du souverain pontife pénétraient bien plus avant dans l'avenir que ceux du grand Roi. Louis XIV s'occupait du royaume de France; Clément X songeait aux intérêts du monde catholique. La petite colonie française grandirait avec le temps; séparée de la mère patrie par l'océan, elle pouvait être arrachée à la France par l'Angleterre, si puissante déjà en Amérique : que serait alors devenue l'Église de Québec, si elle avait été accoutumée à s'appuyer sur celle de Rouen et à en dépendre ? Mieux valait établir tout de suite des rapports immédiats entre l'évêque de Québec et le chef suprême de l'église catholique; mieux valait établir des liens qui ne pourraient être brisés ni par le temps, ni par la force; et Québec pouvait ainsi devenir un jour la métropole des diocèses qui seraient tirés de son sein."

Qu'il suffise de dire ici que du diocèse de Québec, formé le 1er octobre 1674, plus de cent diocèses ont été tirés au Canada et aux États-Unis.

Source: l'abbé Auguste Gosselin, Vie de M& de Laval.

Page 396

>5 " oJ-Ky.'cH.

^Ua.'«^ «w^^t^S «

Page 1