PREMIER MINISTRE DE LA PROVINCE DE QUÉBEC
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'histoire occupe dans nos lettres canadiennes une place de choix. C'est justice. Il n'en est pas de plus captivante au monde. Chaque page en est empreinte d'héroïsme, et de remarquables 3 événements s'y succèdent sans interruption. Aux amants de l'histoire du Canada, M. Pierre-Georges Roy présente aujourd'hui, après tant de travaux précieux, un bel ouvrage en deux volumes, intitulé : La Ville de Québec sous le Régime français.
Québec tient dans notre vie nationale une trop large place pour que ce livre ne soit pas d'intérêt général. Québec a été le berceau de la Nouvelle-France et du Canada. Il n'est pas de famille canadienne-française dont les ancêtres n'aient habité notre ville, ou n'y aient du moins séjourné en entrant au pays. Ici a débuté le mouvement social et économique. L'union des deux races maîtresses de nos destinées a été scellée sur nos Plaines d'Abraham.
Etudier à sa source l'histoire québécoise, c'est donc, pour nos fils de race française et pour nos frères de race anglaise, remonter aux origines de la Patrie, et par là se mettre en état de mieux comprendre sur quels fondements les Canadiens doivent persister à édifier l'avenir.
Sans doute était-il loisible de faire de Québec sous le régime français une synthèse où eussent abondé des considérations plus étendues. Mais tel n'a pas été le souci du compétent et minutieux archiviste de la Province de Québec qui a toujours le scrupule de laisser parler les faits d'eux-mêmes. Il a simplement voulu dégager des feuillets poudreux de manuscrits inestimables les aspects caractéristiques de la vie que menaient les anciens Canadiens dans notre vieille capitale.
Les faits qui se déroulent ainsi devant nous couvrent plus de deux siècles d'histoire, et ils sont d'autant plus significatifs que M. Roy les présente dans l'ordre chronologique, depuis l'arrivée de Cartier à Stadacona jusqu'à la Cession.
La science dont se nourrit un pareil livre est la plus sûre qui soit. On serait même porté à croire qu'elle doive paraître quelque peu aride à la longue. Il n'en est rien. M. Roy a mis tout son cœur à composer ce recueil, selon sa coutume et sa manière. Ses petits récits, très ramassés, bourrés de dates et de citations, souvent ornés de fac-similés, recréent l'atmosphère historique, le charme, la grâce, la beauté d'autrefois.
La France a laissé chez nous sa marque indélébile. Personne ne lira ces feuillets tout imprégnés d'Elle sans reconnaître avec émotion que l'établissement français de l'Amérique du Nord n'a pas été fondé sur le sable.
Les liens politiques ont été rompus, et nous avons changé d'allégeance. Le sort des armes l'a ainsi voulu.
Nous avons été, nous sommes et nous resterons loyaux à la couronne britannique. Les institutions que l'on nous a assurées méritent cette fidèle allégeance.
Avant toute chose, nous sommes Canadiens. Est-il une autre terre à laquelle nous pourrions être plus attachés que ce sol admirable auquel des générations nous ont ancrés ?
Mais rien n'a été changé dans nos âmes, dans notre caractère ethnique, dans notre langue et dans notre foi. La France continue de vivre en nous, et nous prolongeons son influence morale sur le continent américain.
Après avoir lu le remarquable ouvrage de M. Pierre- Georges Roy, nos amis d'Europe et d'Amérique n'auront qu'à venir en notre ville, à nos foyers, pour constater que Québec, au fond, n'a pas changé.