‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 3 sur 275 · L'ARRIVÉE DE CARTIER À STADACONA · texte numérisé non relu

L'ARRIVÉE DE CARTIER À STADACONA

Dans son premier voyage au Canada, en 1534, Jacques Cartier n'avait pas remonté plus haut que le havre de Blanc- Sablon, du côté nord. Il avait planté une croix sur la rive de la baie de Gaspé, du côté sud, le 13 juillet 1534.

Le 19 mai 1535, Cartier mettait de nouveau à la voile du port de Saint-Malo, pour le pays qu'il avait découvert. L'expédition comprenait trois navires, la Grande Hermine, de 120 tonneaux, la Petite Hermine, de 60 tonneaux, et YÉmérillon, de 40 tonneaux. Cartier avait avec lui cent dix hommes, à part les deux sauvages Taignoagny et Domagaya, qu'il avait pris à Gaspé au voyage précédent et qu'il avait promis de ramener au Canada.

La traversée de l'océan fut très orageuse, mais sans accident. Le 26 juillet 1535, soit un mois et quelques jours après leur départ, les vaisseaux se rencontrèrent au rendez-vous fixé, dans la baie des Châteaux.

Le 10 août, Cartier entrait dans une baie qu'il nomma baie de Saint-Laurent. C'est probablement la baie aujourd'hui connue sous le nom de port Sainte-Geneviève, sur la côte du Labrador. Cinq jours plus tard, les navires longeaient l'île d'Anticosti. Le 1er septembre, Cartier apercevait l'embouchure du Saguenay. Le 7 septembre, Cartier et tout son monde débarquaient à l'île aux Coudres où un des aumôniers de l'expédition célébrait la messe, la première dite dans notre pays. Enfin, le 8 septembre, Cartier reconnaissait l'île d'Orléans, qu'il nomma île de Bacchus. Il reçut, le lendemain, la visite de Donnacona, agouhanna ou seigneur du Canada.

Le 14 septembre 1535, la flottille entrait dans une petite rivière qui reçut le nom de Sainte-Croix, parce qu'on célébrait ce jour-là l'Exaltation de la Sainte Croix. C'est la rivière Saint- Charles.

"Auprès d'icelui lieu, dit Cartier, y a un peuple dont est seigneur le dit Donnacona, et y est sa demeurance qui se nomme Stadacona, qui est aussi bonne terre qu'il soit possible de voir et

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bien fructiférante, pleine de fort beaux arbres de la nature et sorte de France, comme chênes, ormes, frênes, noyers, ifs, cèdres, vignes, aubépines, qui portent le fruit aussi gros que prunes de Damas et autres arbres, sous lesquels croit de aussi beau chanvre que celui de France qui vient sans semence ni labour."

Cartier, d'ordinaire si bon observateur, ne semble pas avoir été frappé par l'extraordinaire beauté du promontoire de Québec. Il ne fait aucune observation à ce sujet dans son Récit.

Peu de jours après son arrivée à Stadacona, Cartier décida de se rendre à Hochelaga (Montréal) dont Taignoagny et Domagaya lui avaient souvent parlé pendant la traversée de l'océan. Il fit ce voyage sur Y Êmérillon.

Cartier revint à Stadacona le 11 octobre.

Dès le lendemain, il visitait la bourgade sauvage. La plupart de ses officiers et cinquante de ses hommes l'accompagnaient. La réception fut très cordiale. Le découvreur distribua aux hommes des couteaux et aux femmes et filles, des bagues d'étain. Ces menus objets furent reçus avec enthousiasme.

Donnacona admit Cartier dans sa propre cabane. Il lui montra les peaux de cinq têtes d'hommes attachés sur du bois "comme peau de parchemin" et il lui raconta que, deux années auparavant, une couple de cents des siens s'en allant faire la guerre à Hunguédo ou Gaspé avaient été attaqués traîtreusement, pendant la nuit, dans une île où ils s'étaient retirés, par des Sauvages nommés Toudamans. Tous avaient été tués à l'exception de cinq qui avaient réussi à prendre la fuite.

Signature de Jacques Cartier

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