L'ÉGLISE NOTRE-DAME DES VICTOIRES
est M81 de Laval, qui, le premier, s'occupa de doter la basse ville de Québec d'une chapelle ou église. En 1680, il faisait adresser le mémoire suivant à Louis XIV:
" Comme les rigueurs de l'hiver sont cause bien souvent qu'on ne peut pas porter les sacrements aux malades de la basse ville de Québec sans s'exposer à de grands accidents, et que les vieillards, les enfants et les infirmes ne peuvent aller à la haute ville pour y entendre la messe, l'évêque de Québec a été obligé de permettre une chapelle en la basse ville pour servir d'aide à la paroisse et qu'on se serve pour cela de la maison d'un particulier, en attendant qu'il y ait une chapelle et d'autant qu'il n'y a plus de place vacante en ce lieu-là, Sa Majesté est très humblement suppliée d'accorder une place appelée le Vieux Magasin du Roi pour y construire la dite chapelle qui doit servir d'aide à la dite paroisse."
Ce Vieux Magasin mentionné ici était le magasin de la Compagnie des Cent Associés. Il fut détruit deux ans plus tard, en 1682, dans l'incendie qui anéantit à peu près toute la basse ville de Québec.
C'est le 12 août 1685 que le terrain en question fut accordé à Mp de Saint- Vallier qui, dans l'intervalle, avait remplacé M81 de Laval. La seule condition exigée par le gouverneur et l'intendant était qu'on y érigerait une chapelle et un presbytère.
Le 29 octobre 1686, de Saint- Vallier transportait l'emplacement du Vieux Magasin au séminaire de Québec, chargé de la cure de la ville, à la même condition qu'il lui avait été accordé par MM. de Denonville et de Meulles.
La première pierre de l'église fut posée le 1er mai 1688 par le gouverneur de Denonville. M^ de Laval et Mgr de Saint- Vallier étaient alors en France. L'église fut dédiée à l'Enfant Jésus, mais une chapelle fut dédiée à sainte Geneviève.
L'église de la basse ville ne fut terminée qu'en 1690.
Lors du siège de Québec par Phipps en 1690, les dames de Québec s'engagèrent par un vœu solennel à se rendre en pèlerinage
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à l'église de la basse ville, si la sainte Vierge empêchait les Anglais de prendre la ville.
On sait que le 21 octobre 1690 Phipps s'éloigna de Québec, renonçant à son entreprise. M81 de Saint- Vallier, pour marquer la reconnaissance de la ville de Québec à la sainte Vierge, décida que dorénavant l'église de la basse ville porterait le nom de Notre- Dame de la Victoire. C'est également à partir de cette année qu'on célébra, chaque année, le quatrième dimanche d'octobre, la fête de Notre-Dame de la Victoire.
Vingt et un ans plus tard, en 1711, Québec fut de nouveau menacé d'un grand danger. Une flotte anglaise, commandée par sir Hovenden Walker, remonta le Saint-Laurent pour prendre Québec, mais elle périt sur l'île aux Œufs.
La joie fut universelle. Une quête, dont le produit devait servir à bâtir le portail de Notre-Dame de la Victoire, rapporta plus de 6,000 livres. L'église de la basse ville changea, cette fois, son titre de Notre-Dame de la Victoire en celui de Notre-Dame des Victoires, qu'elle a toujours gardé depuis.
Pendant le siège de 1759, l'église de la basse ville subit le sort de la plupart des édifices et maisons de Québec. Le Journal de Panet nous apprend que le 8 août le feu prit à la fois dans trois endroits. 167 maisons furent brûlées. Les murs de l'église de la basse ville, seuls, restèrent debout. Le toit et tout l'intérieur furent détruits.
Peu après 1760, on s'adressa à la générosité publique pour reconstruire l'église de la basse ville. Une quête fut faite dans Québec et les campagnes environnantes. En 1765, on pouvait célébrer les offices dans l'église de la basse ville. Mais la misère était si grande qu'on prit plusieurs années à remettre l'église dans son ancien état. Ce ne fut qu'en 1817 que l'intérieur du temple fut entièrement terminé.
Trois fois depuis, l'église de la basse ville a été presque miraculeusement préservée du feu: le 30 avril 1836, le 12 septembre 1840 et le 15 août 1854.
Sources: N.-E. Dionne, Historique de V église de Notre-Dame des Victoires, basse ville de Québec.
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