UNE TUILERIE ET BRIQUETERIE À QUÉBEC EN
Dès 1685, l'intendant de Meulles, pour éloigner les dangers du feu, avait essayé d'établir une petite tuilerie à Québec. Il avait fait faire un fourneau pour cet effet, mais il ne put fabriquer que quelques milliers de tuiles. Il abandonna cette entreprise aussitôt, faute d'ouvriers compétents.
L'année suivante, le marquis de Denonville informait le ministre que toutes les maisons du Canada étaient couvertes en bardeau et réclamait des tuiliers pour " faire de bonnes tuiles capables de résister au grand froid."
Le 6 novembre 1687, MM. de Denonville et Bochart de Champigny écrivaient au ministre :
" Quand Monseigneur nous ordonne de faire couvrir de tuile le magasin à poudre, il ne sait pas qu'il n'y en a pas une seule en Canada. . . "
Le 6 novembre 1688, l'intendant Bochart de Champigny était tout heureux d'annoncer au ministre qu'une briqueterie et tuilerie était enfin en exploitation à Québec:
" Les nommés Landron et Larchevêque, deux des meilleurs habitants de Québec, ont commencé un établissement considérable pour faire de la brique, de la tuile et des pots de terre, ce qui serait très utile au pays, mais les ouvriers leur manquent, les meilleurs tuiliers étant morts. Monseigneur est supplié de vouloir bien ordonner au sieur de Lombary, commissaire de la marine à Bordeaux, d'engager deux tuiliers, deux briquetiers et deux potiers, et de les faire embarquer sur le premier navire qui viendra en ce pays, afin qu'ils puissent travailler la même année; si Monseigneur ne veut point faire la libéralité de cette dépense, elle se pourra prendre sur les fonds qui seront destinés pour ce pays."
La tuilerie et briqueterie des sieurs Landron et Larchevêque s'élevait sur la rive gauche du ruisseau Lairet. Elle était à quelques arpents de la maison domaniale que les Jésuites avaient bâtie sur leur seigneurie de Notre-Dame des Anges. Elle est indiquée sur le plan de Québec et ses environs fait par Villeneuve, en 1690.
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Nous ignorons combien d'années l'établissement de MM. Landron et Larchevêque fut en exploitation. Il disparut peu après 1700, croyons-nous.
En 1728, Gaspard Adhémar de Lantagnac, officier dans les troupes du détachement de la marine, neveu de notre premier gouverneur de Vaudreuil, demandait l'aide du roi pour établir une tuilerie, près de Québec. Le roi se montra favorable à ce projet et accorda passage aux ouvriers que M. de Lantagnac faisait venir de France pour travailler à sa tuilerie. L'établissement de M. de Lantagnac eut une existence éphémère.
En 1732, M. Nicolas-Marie Renaud d'Avène des Méloizes, officier dans les troupes de la marine, reprit le projet de M. de Lantagnac. A la fin d'octobre 1732, il passait en France et remettait au comte de Maurepas, président du Conseil de marine, un mémoire dans lequel il proposait d'établir à Québec des fourneaux à tuiles. Il offrait de faire l'opération pour son compte, si on lui avançait 6000 livres. Cette somme fut accordée en 1734, et M. de Méloizes se mit à l'œuvre aussitôt.
L'entreprise de M. de Méloizes marcha assez bien pendant quelques années et passa, un peu après 1741, au sieur Cotton qui lui donna une certaine renommée.
Source: Bulletin des Recherches Historiques, vol. XXII (1916).
Signature de M. Adhémar de Lantagnac
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