LES PORTES DE QUÉBEC
Ies plans des portes Saint-Louis et Saint- Jean furent dressés par M. Boisberthelot de Beaucours, capitaine réformé au détachement de la marine, qui servit d'ingénieur pour les fortifications de Québec après le départ de M. de Villeneuve. Ces deux portes devaient être absolument semblables. Le devis de chacune d'elles disait:
" Elle aura de hauteur treize pieds sous clef et de largeur neuf pieds et demy entre deux tableaux.
" Il y aura des pieds droits de chaque côté ayant neuf pouces de sailly et deux pieds de large.
" Le reste des deux côtés sera aussy de deux pieds de large comme il est dit.
" A neuf pouces au dessus du ceintre il y aura une pleinte de sept pouces de large, au dessus de quoy on élèvera encore quatre pieds de maçonne dont tous les paremens de dehors seront de pierre de Beauport où on laissera des ouvertures pour faire passer les flèches du pont-levis.
" Le tout sera de pierre de Beauport dont les arestes seront taillées au ciseau et le surplus bouchardé.
" L'on joindra aux deux côtés de la dite porte deux murs de pierre, ayant sept pieds d'épaisseur par en bas, un pied sur cinq de talus avec un cordon de pierre de Beauport aussi bouchardé.
" L'on fera au dedans deux autres murs de cinq pieds d'épaisseur et de quatre toises de longueur pour supporter la voutte, laquelle voutte sera percée de trous pour pouvoir placer les orgues.
" La face du dedans sera aussy de cinq pieds d'épaisseur et excédera de six pieds les murs qui supportent la voutte, elle aura aussy une porte dont les pieds droits et le ceintre seront aussi de pierre de Beauport taillée comme il est dit cy dessus. Le tout sera assis sur le roc et maçonné de mortier à chaux et à sable."
Le contrat pour la construction de la porte Saint- Jean fut accordé à Hilaire Bernard de Larivière et François de la Joue. Jean Lerouge et Pierre Janson dit Lapalme obtinrent celui de l'entreprise de la porte Saint-Louis.
Le contrat fut signé le 3 juin 1693, devant le notaire Genaple.
Au bas du contrat se trouvent les signatures de MM. de Frontenac, Bochart de Champigny, Boisberthelot de Beaucours, François de la Joue, Hilaire Bernard de Larivière, Pierre Janson dit Lapalme, Jean Lerouge, Noël Levasseur, de Louvier et Genaple.
Les entrepreneurs s'engageaient à terminer les deux portes dans trois semaines suivant et conformément aux plans qu'en avait préparés M. de Beaucours. Ils devaient recevoir, pour chaque porte, la somme de deux mille trois cents livres. Le marché spécifiait qu'on devait en outre donner à chacun "quinze pots d'eau-de-vie pour le vin de marché."
Les portes Saint-Louis et Saint-Jean furent reconstruites deux fois sous le régime français; en 1720, par M. de Léry père, et, en 1757, par M. de Léry fils.
La troisième porte de Québec qu'on appelait la porte Saint- Nicolas ou du Palais fut construite un peu après les portes Saint- Louis et Saint- Jean, mais encore sous l'administration de M. de Frontenac.
M. de Léry, dans son Journal des travaux des fortifications de Québec en 1757, nous laisse entendre qu'il refit les trois portes de Québec dans l'été de 1757.
Voilà tout ce que nous avons pu glaner d'authentique sur les portes de Québec, sous le régime français. Notons que dans ce temps-là comme aujourd'hui, les ingénieurs militaires laissaient peu ou point de traces écrites de leurs travaux.
Signature de M. Boisberthelot de Beaucours
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