‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 42 sur 275 · QUÉBEC ATTAQUÉ PAR LES IROQUOIS · texte numérisé non relu

QUÉBEC ATTAQUÉ PAR LES IROQUOIS

hamplain, par nécessité politique, s'était joint aux Hu-

rons et aux Algonquins pour faire la guerre aux Iroquois.

— Ceux-ci, voyant que leurs ennemis tiraient leur principale force des Français munis d'armes à feu, se résolurent à détruire la petite colonie de Québec. Ils commencèrent par attaquer un parti de Français qui était monté au Saut Saint-Louis pour faire la traite avec les Sauvages alliés. Français et Sauvages se défendirent assez bien, mais le Père Poullain, Récollet, qui s'était éloigné de ses amis, tomba aux mains des Iroquois. Ils avaient commencé à le torturer lorsqu'un prisonnier, envoyé par les Français pour traiter d'un échange de captifs, réussit à lui sauver la vie. Un certain nombre de prisonniers iroquois furent remis en liberté, et, en retour, le Père Poullain et quelques captifs français et sauvages eurent la vie sauve.

Les Iroquois, enhardis par ce succès relatif, formèrent un parti plus considérable encore et descendirent à Québec. Leurs canots étaient au nombre d'une trentaine. Champlain était alors absent de Québec. Les quelques défenseurs de l'habitation furent surpris et alarmés de l'irruption des Iroquois mais ils se préparèrent à vendre chèrement leur vie. Les Iroquois, après plusieurs tentatives, s'aperçurent qu'ils n'auraient pas de chance et se décidèrent à aller attaquer le couvent des Récollets qui venait justement d'être terminé.

Les Récollets, heureusement, en construisant leur couvent, avaient songé à leur éloignement de l'habitation et aux attaques possibles des Sauvages ennemis. Aussi avaient-ils entouré leur bâtisse de travaux de défense. Les Français de l'habitation et les Sauvages amis accoururent d'ailleurs au secours des Pères Récollets. Quelques Français furent blessés de coups de flèches et deux Sauvages moururent de leurs blessures peu de jours après mais, en somme, l'attaque des Iroquois, fut repoussée avec succès.

Sept ou huit Iroquois furent tués sur place dans cette occasion. Ceux-ci, enragés de leur insuccès, firent passer leur fureur sur

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deux Hurons prisonniers. Ils leur firent souffrir les plus cruels supplices et les firent mourir à petit feu après les avoir obligés à manger leur propre chair.

Le Père Chrétien Le Clercq, qui raconte au long l'attaque des Iroquois contre Québec, ajoute:

" J'ai souvent ouï raconter les circonstances de cette irruption à madame Couillard, qui était alors dans le Fort, et elle eut lieu d'admirer la protection toute visible de Dieu sur nous: étant certain que, si les Iroquois eussent connu leurs forces, ils auraient pu, sans difficulté, désoler entièrement la colonie, vu l'absence de M. de Champlain."

Notons ici l'âpreté au gain de la Compagnie des Marchands qui avait la haute main sur les affaires du Canada. Non contente de laisser Québec sans défense et d'abandonner pour ainsi dire Champlain et tous ses compagnons à la merci des Iroquois, elle envoyait à peine à ses quelques employés les vivres nécessaires à leur subsistance. La Providence, évidemment, veillait sur les premiers habitants de Québec car, en maintes occasions, si les Iroquois avaient tenté une attaque sur l'habitation, ils auraient pu s'emparer de tous ses hôtes et leur faire subir les plus horribles supplices.

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