LA CÔTE LA MONTAGNE, À QUÉBEC
1A côte la Montagne, à Québec, comme tout le monde le sait, fait un coude à peu près en face de l'ancien magasin Hamel, la première maison à droite de l'escalier Champlain. A l'origine, la côte la Montagne descendait tout droit en face du magasin Hamel. On se rendait de la rue Notre-Dame au coude actuel de la côte la Montagne par un sentier très escarpé remplacé aujourd'hui par l'édifice autrefois occupé par le Crédit Foncier.
A l'automne de 1623, Champlain commença à réunir les matériaux pour bâtir le fort Saint-Louis. C'est alors que le fondateur de Québec fit pratiquer le coude qui existe de nos jours, c'est-à-dire la partie de la côte la Montagne qui va de l'hôtel Neptune Inn à l'ancien magasin Hamel. Champlain nous apprend que ce travail se fit le 29 novembre 1623.
Quand la côte qui conduit de la basse à la haute ville de Québec a-t-elle pris le nom de côte la Montagne ?
Il est assez difficile de donner une date précise. Mais il est certain que du temps de Champlain on disait simplement la côte de la basse ville ou encore la Grande Côte de la basse ville. C'est vers 1665 ou un peu avant, qu'on commença à employer l'expression côte la Montagne. Vingt ans plus tard, cette désignation était devenue à peu près générale. Toutefois, nombre d'actes de notaires, de procès- verbaux de grands voyers et d'autres documents continuèrent à désigner la côte la Montagne sous le nom de Grande Côte jusqu'à la fin du régime français.
Quelle est l'origine du nom de rue ou de côte la Montagne ? M. l'abbé Laverdière a écrit quelque part que la côte la Montagne a emprunté son nom d'un nommé la Montagne qui résidait sur son parcours. Ce la Montagne est sans doute Noël Jérémie, sieur de la Montagne.
L'état général des habitants du Canada dressé en 1666 nous informe que Noël Jérémie, sieur de la Montagne, était marié à Jeanne Pelletier. Il avait deux enfants.
Noël Jérémie, sieur de la Montagne, n'a pas joué un rôle bien important au Canada, mais il faut avouer qu'aux débuts d'une co-
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lonie les noms de lieux sont plutôt donnés par le peuple. Celui-ci ne prend guère la peine de chercher. Il choisit de préférence les noms des gens de son milieu, de ceux qu'il rencontre à peu près tous les jours. On n'a qu'à relever la plupart des noms des rangs ou des concessions de nos anciennes paroisses pour s'en convaincre.
Mais, dans le cas qui nous occupe, l'abbé Laverdière dit-il vrai ? Est-ce bien Noël Jérémie, sieur de la Montagne, qui a donné son surnom à la côte la Montagne ?
Il est certain que Noël Jérémie la Montagne a résidé dans la Grande Côte de la basse ville connue aujourd'hui sous le nom de côte la Montagne. Nous en avons la preuve dans une pièce notariale du mois d'avril 1659.
Le 14 avril 1659, par acte reçu devant Audouard, Denis- Joseph Ruette d' Auteuil baillait à Noël Jérémie la Montagne, à titre de ferme et prix d'argent, pour le temps et espace de deux années, "la totalité d'une maison sise sur le chemin qui va à la grande église de Québec et qui descend à la basse ville ensemble les jardins et autres terrains joignant la dite maison."
M. d' Auteuil était alors propriétaire de presque tout le plateau connu de nos jours sous le nom de parc Montmorency-Laval, au haut de la côte la Montagne. C'est ce site idéal qu'il loua à Noël Jérémie la Montagne pour deux ans.
Tout de même, cela ne prouve aucunement que la Grande Côte prit le nom de rue ou de côte la Montagne en l'honneur de Noël Jérémie la Montagne. Celui-ci était plutôt connu de ses contemporains sous son nom de Jérémie. Lui-même signait simplement " N. Jérémie."
Nous proposons une autre version de l'origine du nom de cette côte si connue. L'acceptera qui voudra.
Champlain considérait la haute ville actuelle de Québec comme une montagne. Il dit:
" L'incommodité que l'on recevait à monter la montagne pour aller au fort Saint-Louis, me fit entreprendre d'y faire faire un petit chemin pour y monter avec facilité."
Puisque Champlain et les premiers habitants de Québec considéraient la haute ville comme une montagne, il était tout naturel pour eux de désigner la rue ou côte qui y conduisait sous le nom de côte la Montagne.
N'est-ce pas là l'origine du nom de la côte la Montagne ?
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