‹ La ville de Québec sous le régime françaisChapitre 49 sur 275 · L'AGRICULTURE À QUÉBEC JUSQU'À · texte numérisé non relu

L'AGRICULTURE À QUÉBEC JUSQU'À

A cause de l'agriculture a toujours été mal vue des compa-

gnies qui se succédèrent à Québec, de 1608 à 1627. Les

J — * premières tentatives de culture dans la Nouvelle-France avaient eu lieu à la baie de Fundy, sur l'île Sainte-Croix (1604), et à Québec (1608). Ces travaux ne dépassaient pas ceux d'un jardin potager; leur objet n'était point de nourrir les émigrés, mais de procurer à de Monts et à Champlain des échantillons de ce que le nouveau sol pouvait produire. En 1613 et en 1615, Champlain, à Québec, agrandit cette petite exploitation. Louis Hébert qui arriva en 1617, avait dû faire comme en Acadie, c'est-à-dire attaquer la terre avec la bêche pour tâcher de la connaître. Il possédait un labourage en 1620, mais il n'avait pas les outils essentiels à ces sortes de travaux, puisque Champlain dit positivement qu'on fit usage de la charrue, pour la première fois, le 27 avril 1628. Hébert était mort le 25 janvier 1627. On élevait des vaches et des moutons. Quant aux chevaux, ils ne vinrent ici qu'en 1666. En

1625, sur l'invitation de Champlain, quelques Sauvages s'étaient mis à défricher et à semer du blé-d'Inde à la Canardière, joli endroit englobé, quatre ans plus tard, dans les limites de la seigneurie de Notre-Dame des Anges, près Québec.

" Le Père Charles Lalemant, écrivant de Québec, le 1er août

1626, dit : " Nous sommes si éloignés de la mer que nous ne sommes visités par les vaisseaux français qu'une fois par année, et seulement par ceux qui en ont le droit, car cette navigation est interdite aux autres. Ce qui fait que, si, par hasard, ces vaisseaux marchands périssaient, ou s'ils étaient pris par les pirates, nous ne pourrions compter que sur la Providence de Dieu pour pouvoir nous nourrir. En effet, nous n'avons rien à attendre des Sauvages qui ont à peine le strict nécessaire."

" Emeric de Caen demeura à Québec l'hiver de 1624-1625 en qualité de commandant. Emeric de Caen retourna en France, l'été de 1625, avec son oncle Guillaume de Caen. Comme celui-ci était huguenot, il se vit refuser la direction de la flotte du Canada,

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laquelle passa au sieur de la Ralde, ayant Emeric de Caen sous ses ordres. La Catherine, commandée par de la Ralde, et la Flèque, commandée par Emeric de Caen; Y Alouette, appartenant aux Jésuites; un bâtiment de deux cents tonneaux, un autre de deux cent vingt, mirent à la voile à Dieppe, et arrivèrent à Québec le 5 juillet 1626, ramenant Champlain avec Eustache Boullé, son beau-frère, et le sieur Destouches, assistant de Champlain, qui retourna en France au bout d'un an.

" Pontgravé avait commandé à Québec durant l'hiver de 1625-1626. On souffrait tellement du manque de provisions qu'on avait envoyé une chaloupe à Gaspé pour en obtenir; la plupart des hivernants voulaient abandonner Québec.

" Le Père Charles Lalemant écrivait le 1er août 1626:

" Il n'y a que trois ou quatre familles (de sauvages) qui ont défriché deux ou trois arpents de terre, où elles sèment du bléd'Inde, et ce depuis peu. On m'a dit que c'étaient les RR. PP. Récollets qui le leur avaient persuadé. Ce qui a été cultivé en ce lieu par les Français est peu de chose; s'il y a dix-huit ou vingt arpents de terre, c'est tout le bout du monde.

" Le premier soin de Champlain fut de restaurer les bâtiments de Québec. Voulant aussi tirer avantage des prairies naturelles situées près du cap Tourmente, où l'on faisait des foins depuis deux ou trois ans et où l'on élevait du bétail, il y fit construire sans retard une habitation, et y envoya le sieur Foucher avec cinq ou six hommes, une femme et une jeune fille. "Les récoltes," écrivait plus tard le Père Le Clercq, " allaient à une petite mission formée au cap de Tourmente, à sept lieues au-dessous de Québec, où l'on avait construit un fort avancé, non seulement contre les Sauvages, mais principalement contre les ennemis (venant) de l'Europe."

Source: Bulletin des Recherches Historiques, vol. V (1899), article de Benjamin Suite.

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