LES PLAINES D'ABRAHAM
E nom de Plaines d'Abraham se donne dans notre histoire,
dit M. P.-J.-O. Chauveau, à tout ce vaste plateau qui s'étend
— sous les remparts de Québec et qui se termine au sud par une côte abrupte et dentelée de petites anses sur le Saint-Laurent, et de l'autre par un coteau moins élevé qui le sépare de la vallée de la rivière Saint-Charles.
D'où vient ce nom de Plaines d'Abraham ? Abraham Martin dit l'Écossais a une histoire assez obscure. On a prétendu qu'il était d'origine écossaise. Les preuves écrites manquent absolument pour appuyer cette prétention. Le surnom l'Écossais donné à Abraham Martin est cependant une présomption en faveur de cette opinion.
Martin dit l'Écossais arriva à Québec avec Marguerite Langlois, sa femme, et leur fille Anne, en 1619.
C'est cet Abraham Martin qui a laissé son prénom aux plaines où les armées française et anglaise se rencontrèrent le 13 septembre 1759 et le 28 avril 1760.
Le premier concessionnaire de ce terrain fut le chirurgien Adrien Duchesne, qui en fit don au sieur Martin, ainsi que le démontre le document suivant:
" Nous soussignés certifions à qui il appartiendra que l'an dernier, mil six cent quarante-cinq, que le sieur Adrien Duchesne, chirurgien dans le navire de M. de Repentigny, étant à Québec, nous a dit qu'il avait donné la terre qui lui a été donnée en la ville de Québec à Abraham Martin, pilote de la rivière, et qu'il y pouvait faire travailler en toute assurance. Si le temps lui eût permis d'en passer contrat de donation, il l'aurait fait. Ce que nous attestons être véritable. Fait ce quinzième jour d'août mil six cent quarante-six."
Cette pièce était signée par six citoyens de Québec, MM. Giffard, Tronquet, Letardif, Delaunay, Bissot et Guitet.
Un acte de Lecoustre, notaire à Québec, du 27 décembre 1647, qualifie Martin de pilote royal en ce pays.
Voilà deux documents authentiques qui affirment que Martin était pilote de la rivière, c'est-à-dire du Saint-Laurent.
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Nous avons donc le droit de le proclamer " le premier pilote du roi en ce pays " aussi longtemps qu'on ne pourra nous fournir les noms de ceux qui l'ont précédé dans cette charge.
Abraham Martin décéda à Québec le 8 septembre 1664.
Le 1er juin 1667, les héritiers de Martin vendaient aux Dames Ursulines de Québec " la quantité de trente-deux arpents de terres défrichées situées en la banlieue de Québec avec une maison et une grange sises sur la dite terre." C'est là la concession qu'Abraham Martin avait reçue de Duchesne, avec en plus douze arpents que les MM. de la Compagnie lui avaient donnés par contrat du 16 mai 1650. Les Dame Ursulines payèrent leur acquisition douze cents livres tournois.
En 1759 et en 1760, les Dames Ursulines étaient encore propriétaires des Plaines d'Abraham.
M. Chauveau disait des Plaines d'Abraham, en 1863:
" Si du reste il n'était point remarquable au point de vue historique, ce lieu ne laisserait point que de mériter une grande réputation par la beauté du paysage que l'on y découvre. Deux grandes voies parallèles le parcourent, l'une du côté du Saint-Laurent, l'autre du côté de la rivière Saint-Charles: la première s'appelle la Grande-Allée ou chemin Saint-Louis, l'autre le chemin Sainte-Foy.
" Les deux combats du 13 septembre 1759 et du 28 avril 1760 ont occupé presque tout le plateau ; mais on peut dire que le premier s'est surtout livré sur le chemin Saint-Louis et le second sur le chemin Sainte-Foy.
" Chaque position a aussi son monument, l'un élevé en l'honneur de Wolfe, à l'endroit même où il succombait, l'autre en l'honneur des braves de 1760, à l'endroit où se livrait le plus fort de la bataille, sur le site du moulin de Dumont."
Sources: Journalde l'Instruction Publique (1863), article de P.-J.-O. Chauveau; Bulletin des Recherches Historiques, vol. XXXIV (1928).
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Signature de Adrien Duchesne