LE GOUVERNEUR LOUIS D'AILLEBOUST
" Torsque M. de Maisonneuve était revenu de France, en ! 1647, nous apprend M. l'abbé Faillon, il avait averti M. J — d'Ailleboust, son lieutenant, de se préparer à faire le même voyage, en ajoutant qu'il reviendrait en Canada comme gouverneur général, en remplacement de M. de Montmagny."
M. de Montmagny, il est inutile de le nier, avait vu d'un mauvais œil la fondation de Montréal. Avec une apparence de raison très facile à comprendre, il se demandait pourquoi on fondait une nouvelle colonie à l'intérieur du pays, quand celle de Québec était menacée à tout instant d'être détruite par les Iroquois. Le gouverneur, pourtant très bon chrétien, oubliait le côté surnaturel de la fondation de Montréal. M. de Maisonneuve et les associés de Montréal obtinrent le rappel de M. de Montmagny pour protéger leur œuvre.
La Compagnie des Cent Associés offrit à M. de Maisonneuve de lui faire donner le poste de gouverneur général de la Nouvelle- France, en remplacement de M. de Montmagny, mais le fondateur de Montréal refusa cet honneur, par une sagesse, dit M. Dollier de Casson, qui sera mieux connue dans l'autre monde que dans celui-ci. M. de Maisonneuve suggéra comme gouverneur son ami et lieutenant M. Louis d'Ailleboust, et le roi l'accepta.
M. d'Ailleboust s'embarqua donc pour la France à l'automne de 1647. Il reçut ses lettres de nomination comme gouverneur de la Nouvelle-France, le 2 mars 1648, et il revint au pays à l'été de la même année.
Le 20 août, fête de saint Bernard, dit le Journal des Jésuites, M. d'Ailleboust arriva devant ce poste (Québec) et fut reçu comme gouverneur général avec tout l'appareil usité en pareil rencontre. Les principaux du pays le complimentèrent et les Sauvages qui se trouvaient présents lui firent une petite harangue, qui fut interprétée par un religieux de la Compagnie de Jésus. Le Père Lalemant fait remarquer que M. de Montmagny, dès qu'il eut connaissance de son rappel, ne se contenta pas de l'accepter avec le
respect et l'honneur dus à la volonté du roi et à celle de la reine, mais que, de plus, il fit paraître une généreuse magnanimité en ordonnant qu'on disposât toutes choses pour la digne réception de son successeur.
M. d'Ailleboust descendait du médecin ordinaire de François Ier, Pierre d'Ailleboust, et était venu s'établir à Montréal, en 1643, avec sa femme et sa belle-sœur, Philippine de Boulogne.
A la fin de la même année 1648, Philippine de Boulogne entrait comme novice au monastère des Ursulines de Québec. Elle songeait à la vie religieuse depuis quelques années déjà.
M. d'Ailleboust remplit les fonctions de gouverneur pendant trois années. Il semble avoir été estimé de tous. En 1649, il avait acheté la terre de Coulonge (aujourd'hui Spencer- Wood) qui fut érigée en châtellenie en sa faveur, le 9 avril 1657. De 1651 à 1658, M. d'Ailleboust vécut sur sa terre de Coulonge. Il fit cependant un voyage en France en 1655-1656. Il fut aussi administrateur du pays de 1657 à 1658.
Après l'arrivée du nouveau gouverneur, M. d'Argenson, à Québec, M. d'Ailleboust qui était un des associés de Montréal et qui avait une prédilection marquée pour la fondation de M. de Maisonneuve, alla vivre de nouveau à Montréal. C'est là qu'il décéda le 31 mai 1660.
Source: Aegidius Fauteux, La Famille d' Ailleboust; l'abbé Faillon, Histoire de la colonie française en Canada.
Signature du gouverneur d'Ailleboust
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