INTRODUCTION
Nous avons essayé de décrire les institutions des villages de France sous l'ancien régime; nous voulons maintenant faire connaître la vie administrative et publique des villes, surtout des villes de province, pendant les deux siècles qui ont précédé la révolution de 1789.
La diversité des institutions municipales est un dès caractères de cette période. On peut dire que le xvii* siècle, c'est le moyen-âge qui finit; le xviii*, c'est l'ère contemporaine qui commence. Le régime des lois générales tend à se substituer au régime des chartes et des coutumes. De là tant de contradictions et de contrastes entre les coutumes anciennes et les lois nouvelles ; les privilèges garantissant les vieilles libertés et combattus par le pouvoir central au profit de l'égalité devant la loi ; la lutte de l'aristocratie, qui cherche à défendre ses prérogatives, et de la démocratie qui grandit.
Cependant, au milieu de la variété des dénominations et des coutumes, on peut discerner les principes généraux qui président aux institutions. Les villes ont des privilèges et des droits particuliers que n'ont point les villages ; leurs bourgeois groupés en corporations ont fréquemment la faculté de s'assembler et d'élire leurs magistrats municipaux. Même quand ils ont été privés de cette double et précieuse faculté, les villes ont conservé des admi •