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rang des défenseurs de l’ordre légal, ne contribuèrent pas à rehausser le prestige du droit positif, et provoquèrent des récrimimalions violentes et des résistances énergiques, La conduite de Socrate, préférant la mort à la désobéissance aux lois injustes de son pays #, ne trouva guère d’imitateurs, et le gouvernement dut parfois composer avec les résistances.
Les militants ouvriers n'avaient pas besoin de tels exemples pour persisler dans l'emploi des procédés d'action directe : après les avoir longtemps répudiés comme inutiles el dangereux, ils en étaient venus à les admettre comme leur ultime ressource, à la suite d'une série ininterrompue de déceptions, de mécomples et de désenchantements #, Vers 1818, ils avaient cru au blanquisme, à l'insurrection polilique, œuvre d'une minorité résolue, qui devait réaliser la liberté et la justice par la république universelle. L'écrasement de la Commune en 1871 détruisit leur rêve insurrecüonnel, et les dégoûta de la république bourgeoise, dont 1ls avaient déjà éprouvé les douceurs lors des journées de Juin 1848.
Le marxisme s'offrait à eux, Il leur prédisait le suicide du capitalisme, résultat de la loi de concentration des richesses au profit des possédants, et de la paupérisation croissante des travailleurs, aboutissant à l'expropriation et à la socialisation des moyens de production. Mais les années passaient, et la catastrophe ne venait pas : l'expérience démentait les lois de concentration capitaliste, et de paupé-
93. Prosopopée des lois dans Criton. Pour beaucoup de gens, Socrate est maintenant un « Jocrisse sentimental », comme le qualifie irrévérencieusement Georges PALANTE, dans Les Antinomies entre l’Individu et la Société, 1912.
24. Voir un article de M. TURGEON, L'Esprit syndicaliste, dans la Revue d'Economie politique, Février 1908, p. 81-95. — Voir aussi Félicien CHALLAYE, Syndicalisme réformiste et Syndicalisme révolutionnaire, 1909. — Sir Arthur CLAY, Syndicalism and Labour, 1912, — J. Ramsay MAC DONALD, Syndicalism, 1912.
SE dore.
risalion du prolétariat #. Comment faire la révolution, puisqu'elle ne se faisait pas d'elle-même ?
Le guesdisme promettait de la réaliser légalement par la conquête des pouvoirs publics, grâce à l’action électorale *#. Il suffisait d'envoyer au Parlement une majorité socialiste : rien de plus facile, puisque la France possède le suffrage universel, et que les prolétaires l'emportent en nombre sur les capitalistes. La fédération des syndicals devint l'annexe du parti socialiste 27.
Mais la politique est décevante et démoralisante #. Les ouvriers ont vu les compromissions de l’action électorale, l'ennemi de classe devenant au ballottage un ami politique *; la stérilité de l’action parlementaire, les politiciens nantis ne songeant qu'à perpétuer le régime dont ils profitent; la défection des cheïs, l'élu du prolétariat acceptant un portefeuille dans un ministère bourgeois %. Ils ont méprisé le parlementarisme, et se sont défié du réformisme prudent des anciens meneurs révolutionnaires, « qui recommandent le calme, et font entrevoir des améliorations progressives, après avoir prêché la violence, et promis le paradis pour demain à leurs électeurs affamés » 51.
Dégoûtés des politiciens, les militants ouvriers ont voulu faire leurs affaires eux-mêmes, conduire eux-mêmes leur lutte : ils ont cru à l'action directe, plus ou moins éner-
95. Travaux juridiques et économiques de l'Université de Rennes, t. IV, 1919. Origines économiques et tendances socialistes du Matérialisme historique, par M. TURGEON, p. 5-93. Voir spécialement p. 56-72.
26. Edouard BERTH, les Nouveaux aspects Au Socialisme, p. 8-32, Guesdisme
et Syndicalisme; spécialement p. 19: le Guesdisme « c’est le socialisme du moindre effort ».
27. Victor GRIFFUELHES, l'Action syndicaliste, p. 4-5. 98. Réflexions sur la Violence, p. 157, 207, 305, 398.
29. Félicien CHALLAYE, Syndicalisme révolutionnaire et Syndicatisme réformiste, p.14.