‹ La Violence Dans Les Grèves AnglaisesChapitre 174 sur 181 · La Vie ouvrière, 5 Octobre 1912, p · texte numérisé non relu

La Vie ouvrière, 5 Octobre 1912, p

sans grande signification révolutionnaire . Guy Bowman peut bien, dans l’Industrial Syndicalist, en rappelant « la bataille de Stepney » soutenue par deux anarchistes contre la police et la troupe, poser cet intéressant problème 1 « dont la meilleure solution recevra un prix de 2 livres 2 shillings : Si deux hommes peuvent, dans une seule rue, occuper deux mille hommes, et les tenir en échec, combien faudrait-il d'hommes pour venir à bout de deux ou trois millions de prolétaires, dispersés sur tout le territoire de la Grande-Bretagne ? » Les trade-unionistes les plus pénétrés d'idées syndicalistes prendront sans doute part à ce concours d’un nouveau genre. Mais, dès qu'une grève éclatera, s'ils emploient contre les « blacklegs » le « watching and beselting », le « persistent or disorderly following », le « rallening », et peut-être même « {he hobnaïl boot », la chaussette à clous, ils affirmeront solennellement qu'ils sont restés dans les limites du « peaceful pickeling », et se sont abstenus de toute intimidation. C'est qu'en effet, s'ils ne chérissent mi la loi, qui leur fut longtemps sévère, ni les magistrats, « fossiles démodés » ou « vieux gentlemen » trop souvent impitoyables 5, ils ont appris à les redouter, et s'efforcent de tourner l’une, et de déjouer la perspicacité des autres. Or, tourner la loi, et tromper les juges, ce n'est qu'une façon paradoxale de leur témoigner son respect, et de leur rendre hommage.

Devant le « chantage national » réalisé par la contrainte plus ou moins déguisée, quelle est l'attitude des classes dirigeantes, dont le Parlement, la loi et les tribunaux défendent encore les intérêts dominants ? Certains socio-

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