‹ La Violence Dans Les Grèves AnglaisesChapitre 43 sur 181 · George HOWELL, Trade-Unionism New and Old, p · texte numérisé non relu

George HOWELL, Trade-Unionism New and Old, p

Dans le WNineteenith Century, October 1890, sous le titre de « À multitude of Counsellors », p. 510-516, M. H. H. CHAMPION, défenseur du Nouvel-Unionisme, fait raconter par son porte-parole, Blake, qui représente « l’homme du peuple », l’anecdote suivante, relative à la grève des Dockers : « Une nuit nous apprimes qu'un train plein de « blacklegs » devait entrer dans les docks sans s'arrêter à aucun des endroits où, les fois précédentes, les hommes des « pickets » avaient pu approcher les nouveaux venus et les déterminer par les bonnes paroles, l’intimidation ou les petits cadeaux, à refuser de travailler, C'était une grave nouvelle, car si l’expédient réussissait, on s’en servirait de nouveau, et on ferait entrer dans les docks trains sur trains, amenant de tous les points de l’Angleterre des milliers d'hommes, prêts à accepter n'importe quel travail pour une livre par semaine. C'était comme si une armée, assiégeant une forteresse et sachant que sa garnisou était sur le point de capituler, faute de vivres, apprenait que les assiégés avaient pu percer ses lignes à un endroit par lequel ils pouvaient faire entrer des vivres suflisants pour leur permettre de tenir bon pendant des mois.

» Heureusement le train en question ne partit jamais, car on put persuader aux « blacklegs » de ne pas aller aux docks avant qu'ils eussent quittés la

les idées du Nouvel-Ünionisme, dont le type était l'organisation de combat, largement ouverte, n'exigeant de ses membres que de faibles cotisations, uniquement préoccupée de lutter contre les patrons #.

À la même époque, la « Social democralic Federation » prèchait au prolétariat anglais le principe marxiste de la lutte de classe. Dès 1885, son chef, Hyndman, rappelant les traditions du mouvement révolutionnaire de 1830-1840, écrivait : « Le noble Robert Owen comprit, il y a soixantedix ans, l'impossibilité complète de réussir en améliorant d'une manière continue la condition de notre population par des demi-mesures. Nous voyons plus clairement encore, s'il est possible, la même vérité aujourd'hui. Mais la révolution, qui n'était pas préparée de son temps, est maintenant mûre et toute prête. Une révolution seule, qui donnera aux producteurs de la richesse le contrôle de leur propre pays, pourra changer la situation pour le mieux. Sera-t-elle pacifique ? Nous espérons qu'elle peut l'être. Cela ne dépend pas de nous. Mais, pacifique ou violente, la grande révolution du XIX° siècle est à notre portée, et, s’il est nécessaire de combattre, les travailleurs pourront au moins se souvenir de cette profonde vérité historique que la force est l’accoucheuse du progrès qui délivrera la vieille société qui porte dans ses flancs la nouvelle, el comprendre qu'ils luttent pour la ruine finale d'une tyrannie

ville où ils avaient été enrôlés. Mais s’ils étaient venus par le chemin de fer, j'ai de bonnes raisons de croire que, selon toute probabilité, le train aurait déraillé au sommet d’un remblai à pic » (p. 512).

Et Blake ajoute, p. 514: « Les grèves ne peuvent réussir dans l’état présent du marché du travail que si les grévistes peuvent empêcher les « blacklegs » de prendre leur place. Et cela signifie qu'il faut bien employer la force et la violence. La persuasion morale n’empêchera jamais un homme qui à faim d'accepter du travail. Il ne sert à rien aux grévistes de dire : « les « blacklegs » ne doivent pas travailler », à moins qu'ils ne soient capables d’'infliger une punition suffisamment terrifiante à ceux qui voudraient travailler ».

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