‹ La Violence Dans Les Grèves AnglaisesChapitre 84 sur 181 · WATNEY and LITTLE, p · texte numérisé non relu

WATNEY and LITTLE, p

39. Voici, par exemple, d'après WATNEY and LITTLE, p. 139, un incident d’allure assez comique qui se produisit au cours des négociations où le Premier Ministre jouait le rôle d’intermédiaire (go-belween) entre les deux parties :

« Le mardi 26 Mars, les propriétaires déclarèrent au Premier Ministre qu'il y avait peu de chances d'arriver à un accord; ils consentirent cependant à discuter entre eux, dans une autre salle, certaines questions qu'il leur exposa. Après avoir pris une décision sur la question qui leur était soumise, ils revinrent à la salle où ils avaient laissé le Premier, M. Joseph Shaw, président de la Powell Duffryn Colliery Co., et l'un des propriétaires Gallois, ouvrant la marche. Quand M. Shaw entr'ouvrit la porte, il s’aperçut avec surprise que, pendant l’absence des propriétaires, on avait assemblé dans. cette salle les représentants des mineurs, qui conféraient maintenant avec les membres du Cabinet. Sans doute le Premier avait pensé que la conférence des propriétaires aurait été plus longue, et avait voulu utiliser le temps qu'elle durerait; mais cet incident créa une très mauvaise impression parmi les propriétaires. M. Shaw 5e retira aussitôt, informa ses collègues de la situation, et ceux-ci refusèrent d'entrer. » Sir Edward Grey arriva à fléchir les propriétaires de mines, qui se trouvèrent pendant quelques minutes face à face avec les représentants des mineurs. Mais la conférence fut vite rompue sur une déclaration intransigeante de M. Smillie, le leader des mineurs d'Ecosse.

40. Sur les détails de la discussion du Bill aux. Communes, voir l'article de M. Yves GUYOT dans le Journal des Economistes, 15 Avril 1912, p. 3-9. — Voir la traduction de l’Act dans le Bulletin de l'Office du Travail, 1912, p. 493-495.

Party comprenaient bien que le Bill fournissait une solulion assez heureuse au conflit, qui menaçail de se résoudre par l'épuisement des caisses des mineurs; d'autre part, il introdusait pour la première [ois dans une grande industrie le principe du minimum de salaire: enfin, il n'ins- Uluait pas l'arbitrage obligatoire, qui commençait à être vu d’un mauvais œil par les ouvriers. Mais les députés du parti du travail voulaient « sauver la face », puisqu'ils n'avaient pu faire accepter la cédule des salaires arrêtés par les mineurs #!, Quant à l'opposition unioniste, elle avait combattu le Bill sans espoir et même sans désir de le faire rejeter; M. Balfour l'avait avoué le 21 mars #. La Chambre des Lords accepta le Bill sans difficulté, et le 29 mars la Legislalive Declaration recevait l'assentiment du roi. Le Coal Mines (Minimum Wage) Act prenail place au « Statule Book ». Dès le 28 mars, les membres libéraux du Parlement représentants des districts houilliers s'étaient réunis pour voter leurs félicitations au Ministre qui avait conjuré la crise. Peut-être pourrait-on, sans manquer de respect à M. Asquith, remarquer que son succès présentait quelque ressemblance avec celui du médecin dont Brydoie disait

« Heureux être le médicin qui est appelé sur la déclinaison de la maladie » #.

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