‹ La Violence Dans Les Grèves AnglaisesChapitre 95 sur 181 · La Vie ouvrière, 5 Avril 1912, D · texte numérisé non relu

La Vie ouvrière, 5 Avril 1912, D

Au lendemain des Congrès de Merthyr Tydwill et de Manchester paraissait dans Justice une lettre ouverte qui concluait ainsi : « La grève est actuellement la seule arme dont disposent les ouvriers. Elle leur donne la force, le courage, la confiance, et un sens de la camaraderie que la politique ne donnera jamais. À mesure que les travailleurs gagnent en force, ils deviennent plus hardis dans leurs revendications. Et on peut être sûr que le dernier acte de la lutte ne sera pas joué sur le théâtre de marionnettes qu'est le Parlement ».

Ce « dernier acte » est bien la moindre préoccupation des travailleurs britanniques. Ils n'ont guère envisagé sérieusement l’idée d'accomplir la révolution sociale par la grève générale 8, Leur esprit pratique, peu préoccupé de considérations purement logiques, a fortement réagi sur le syndicalisme, et s’est efforcé, sans trop de souci des contradictions apparentes, de concilier ses préceptes avec l'emploi de procédés qu'ils croient encore capables de donner des résullats immédiats. Ils continueront à appliquer le principe syndicaliste de l’action ouvrière solidaire pour imposer des salaires aussi élevés et des heures de travail aussi courtes que possible, mais ils ne supprimeront pas entièrement l’action politique de leur plan d'opérations. Un bon nombre de députés travaillistes, qui ne comprennent plus le mouvement ouvrier actuel, seront absorbés lentement par le parti libéral, ou se verront éliminés graduellement des rangs du Labour Party, comme les vieux leaders du type « Mabon » se voient éliminés par les unions; leurs sièges passeront à des hommes plus jeunes et plus instruits, à l'esprit plus large, capables d'envisager plus nettement les problèmes nouveaux qui se posent pour leur classe, et de faire triompher ses revendications dans le domaine poli-

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