Daily Herald, 2$S Septembre
et ses collègues au Parlement, écrivait-il, ont vendu les cheminots quand ceux-ci immobilisèrent les trains. M. Snowden et ses collègues ont paralysé les dockers, et sont responsables de leurs défaites, comme des misères causées par l'intransigeance de Lord Devonport ». L'influence du syndicalisme est réelle dans l'Angleterre actuelle. Le Times affirme que « l'existence dans ce pays d'un fort mouvement syndicaliste ne peut être niée plus longtemps »7%4. M. Ramsay Mac Donald M. P. soutient pourtant que « le syndicalisme est en Angleterre chose négligeable, à la fois comme école de pensée et comme organisation d'action » 5, Ces deux opinions, d'apparence contradictoire, contiennent toutes deux une part de vérité 6, Sans doute, le syndicalisme anglais n'a pas pour lui la force des gros bataillons. Sans doute, il ne possède pas dans son sein des intellectuels de la valeur de M. Ramsay Mac Donald. Mais il n’a cure du petit nombre de ses adhérents déclarés : la tactique de pénétration pacifique au sein des unions, qu'il pratique sans défaillance, instruit par l'exemple des « Industrial Workers of the World » des Etats-Unis? lui permet d'exercer une influence considérable, hors de toute proportion avec la minorité de travailleurs qu'il représente. Ses leaders, Tom Mann, Guy Bowman, Charles Watkins, W. F. Hay, Noah
74. Times, 16 Avril 1912, 75. Syndicalism, by: J. Ramsay MAC DONALD, p. 39.
76. The Nineteenth Century, November 1912 Syndicalism and Socialism, by J. À. R. MARRIOTT, p. 9192-9929.
77. Les Industrial Workers of the World, après avoir tenté d'édifier une nouvelle organisation contre l'American Federation of Labor, se sont décidés à pénétrer dans les Unions qu'elle groupe. Voir sur cette évolution du mouvement des 1, W. W., la Vie ouvrière, 5 Juillet 1911 et 20 Juillet 1911, p. 28-41 et 85-98. Les Industrial Workers of the World, par Vincent St. JOHN et W. E. TRAUTMAN. — 5 Septembre 1919, ia Grève des Tisseurs de Lawrence, par Alberto ARGENTIERI, Pp. 733-748. — 90 Décembre 1919, le Congrès de l'American Federation of Labor, par W. FOSTER, p. 878-384,
Ablett, etc., publient des tracts et font des conférences qui sont loin de posséder la valeur philosophique des productions de M. Ramsay Mac Donald, mais qui, par contre, sont infiniment plus accessibles à l'intelligence de leurs lecteurs et de leurs auditeurs. Ils leur démontrent la nécessité de l'action solidaire, se manifestant par la grève générale d’une industrie, lorsque l'intérêt d’une seule union de cette industrie est en cause; de l’action spontanée, engagée sans respecter les délais de prévenance, sans permettre aux patrons de « se retourner »; de l’action libérée de toutes les entraves de l'arbitrage obligatoire et des chaînes des accords de longue durée avec les employeurs. Ils établissent la supériorité de l'action directe ouvrière sur l'action parlementaire, en prouvant aux ouvriers anglais que telle est la méthode la plus pratique, celle qui suit la ligne de moindre résistance : ainsi, il suffirait d'imposer par la grève une réduction des heures de travail pour résoudre la question du chômage, de l'unemployment, si angoissante pour le prolétariat britannique, tandis que les membres du Labour Party ne pourront jamais faire passer un Bill sur le droit au travail #. Les politiciens travaillistes ont si bien compris l'importance d’une propagande qui met leur rôle au second plan qu'ils ont attaqué le syndicalisme avec la dernière énergie, lors des Congrès de l’Independant Labour Party à Merthyr Tydwill, et du British Socialist Party à Manchester #, et que M. Lloyd George a pu dire aux Communes : « Le socialisme est le meilleur policeman du syndicalisme », à quoi Lord Robert Cecil a répondu avec beaucoup d'humour : « Est-ce à dire que le fou doive être le policeman du voleur ? » #.