‹ La viperine operette en un acteChapitre 2 sur 27 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

CALLIMACO, SIRO*.

Callimaco entre vivement, une mandoline à la main.

CALLIMACO.

Eh bien I mon cher Siro... quelles nouvelles? Es-tu parvenu à lui remettre ma lettre? la verrai-je aujourd’hui?... Parle doncl où est-elle ?

SIRO

Là ! là 1 comme vous y allez 1 Elle est là-haut, en train de prendre tranquillement son repas avec son mari...

CALLIMACO.

Ah 1 quel tableau! quand je pense que cet odieux marchand ae mandolines est en ce moment en face d’elle, et que tout en mangeant son affreux dîner, il la dévore sans doute des yeux...

SIRO

Calmez-vous, mon cher maître.

CALLIMACO.

Que je me calme ! cela t’est facile à dire, à toi qui n’es pas amoureux... qui ne l’as peut-être jamais étél

SIRO

Ah! ah! est-ce que vous croyez avoir le monopole de la passion? mais, seigneur, l’amour est comme le soleil... il luit pour tout le monde... Lucet...

CALLIMACO.

Omnibus... oui... je sais le latin... j’en ai assez appris à l’université de Bologne.

SIRO

Dont vous étiez encore l’an dernier l’un des écoliers les plus assidus!

CALLIMACO.

C’est que je ne l’avais pas encore vue... elle ! Ah ! quand je pense que cette créature sans pareille est la propriété de cette brute de Calfucci !... Crrrr !

SIRO

Ne grincez pas comme ça... après qui en avez-vous?...

CALLIMACO.

Après tout le monde... après toi, d’abord... Voyons, à quoi m’as-tu été bon jusqu’à présent, je te le demande un peu?

* Siro, Callimaco.

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