SCÈNE II
SIRO
Dam! attendez... je tâtele terrain... ce n’est pas facile, voyez-vous... il n’y a pas de citadelle si bien gardée que cette maison-ci.
CALLIMACO.
Est-ce qu’il y a des citadelles où l’amour ne finisse pas par pénétrer !
SIRO
Mais le seigneur Calfucci ne quitte presque jamais sa femme d’une seconde.
CALLIMACO.
Eh! qu’importe?... Ah! si seulement j’étais certain de ne pas m’être trompé...
SIRO
Comment cela ?
- CALLIMACO.
Je n’ai pas encore pu, tu le sois, adresser une seule parole à la signora Lucrezia... Eh bien! je parierais cependant qu’elle a deviné...
SIRO
Ah ! bah ?
Il est entendu entre nous deux, mon cher Siro, que je ne viendrai dans cette boutique que sous le prétexte de faire raccommoder celte mandoline.
SIRO
Je sais tout cela, seigneur Callimaco.
CALLIMACO.
Je ne vous paye pas pour savoir, mais bièn pour m’écouter... Tu es sûr que personne ne peut nous entendre.
SIRO, aUant écouter A la porto do droite.
Oh I lion, non...
v CALLIMACO.
Eh bien ! apprends donc qu’il y a deux jours, à la tombée de la nuit, j’errais sur cette place, les yeux fixés sur ce bienheureux balcon...