SCÈNE VI
CALFUCCI, SIRO, LUCREZIA.
SIRO
Ah! monsieur, comme j’ai couru!
CALFUCCI.
Eh bien ! tu l’as vu !
SIRO
Oui, monsieur, il était dans son laboratoire... il y avait un tas de fourneaux, d’alambics, des fioles, des cornues! ah! il y en avait-il, des cornues !...
Ah! vraiment... Tu entends, Lucrezia?
SIRO
Il ne voulait pas être dérangé... mais son filleul a tant insisté! tant insisté!... Ah! que voilà donc un jeune homme qui est gentil, par exemple !
CALFUCCI.
Et alors?...
SIRO
Alors, nous sommes entrés, le seigneur Callimaco lui a explique la chose... et lui a dit que vous vouliez le voir le plus tôt possible.
CALFUCCI.
Et qu’a répondu le docteur ?
SIRO
Il a dit: * Le seigneur Calfucci 1 Je connais ce nom-là...
il me semble... Est-ce que ce n’est pas un fabricant de mandolines? »
CALFUCCI.
Il me connaît! àh! l’admirable docteur!
SIRO
Enfin, il va venir... et je suis accouru bien vite!
LUCREZIA
Ah! il va venir... et il est... vieux?..,
Oui... assez... Son filleul m’a dit qu’il a cent quarantedeux ans...
CALFUCCI.
Ah! et il se dérange pour venir chez moi... à cet àge-là!
’ Lucrezia, Calfucci, Siro.
LA VIPÉRfNE
On voit bien que vous ne le connaissez pas... il n’en parait pas plus de cinquante... il a aussi inventé une prépation pour ça...
CALFUCCI.
Vraiment! Eh bien! je lui demanderai sa recette quand je commencerai à vieillir... \
SIRO
Mais je ne me trompe pas... c’est lui...
CALFUCCI.
Ah ! je suis tout troublé... et toi?... Lucrezia ?
LUCREZIA
Dam! moi aussi 1
Callimaco paraît à la porte, déguisé en vieux docteur ; sor un signe de Calfucci, Siro sort dis l’entrée du docteur.