I. ArUs du Coiuile ; Sess. 14, ch
non, et les péchés mortels qui le sont déjà. Que les péchés véniels en particulier soient une (! matière libre » du Sacrement de Pénitence, la chose nest poinl douteuse, si l'on admet avec l'Eglise qu'ils ne peuvent être remis par d'autres voies, telles qu'une prière et un repentir sincère, le Baj)tème, l'Eucharistie, l'Extrème-Onction. .Mais qu'ils constituent néanmoins une (( matière suffisante », on ne le pourrait nier qu'en limitant d'une façon arbitraire le pouvoir des clefs, et en sinsurgeant contre les décisions du Concile.
Ainsi donc la Confession est un sacrement institué par le Christ, et destiné par Lui à la rémission de nos péchés. Et puisque le péché a pour effet de tarir en nous la source de la vie divine, ou d'en diminuer le courant, j'en conclus que la Confession est vraimenl un moyen de vie, et donc un facteur inqjortant de VEducaiion chrétienne du Caractère. Est-elle, au point de vue cultuel, le plus important".' Ceux-là seuls seront tentés de l'aflirmer qui croient avoir assez fait pour vivre lorsqu'ils ont échai)pé à la mort, ou en ont simplement retarde l'échéance. Mais ceux qui n'ont pas celle conception toute négative de la vie, ceux pour qui la vie est un mouvement perpétuel, une marche ascensionnelle et pro-
gressive vers l'Idéal chrétien, une assimilation de plus en plus complète des éléments divins et humains qui l'intègrent, ceux-là ne seront pas de cet avis. Au-dessus de la Confession, qui est par essence un remède, ils placeront la Communion, qui est essentiellement une nourriture. Et quelle nourriture ! Ecoutez plutôt les paroles de Jésus-Christ, à ce sujet : « En ) vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne > mangez la chair du Fils de l'homme, et ne ) buvez son sang, vous n'aurez pas en vous la ) vie. Celui qui mange ma chair, et boit mon ) sang, a la vie éternelle, et je le ressusciterai ) au dernier jour. Car ma chair est vraiment ) une nourriture, et mon sang est vraiment un » breuvage. Celui qui mange ma chair, et boit » mon sang demeure en moi, et moi en lui(]). » Les paroles du Christ sont claires. Pour vivre de Lui, nous devons nous en nourrir. Or, l'idéal chrétien ne consiste-t-il pas précisément à vivre du Christ ? Le Fils de Dieu ne s'est-Il pas fait homme afin de permettre aux fds de l'homme de vivre de Dieu ? Une nourriture divine s'impose donc à tous ceux qui veulent mener cette vie divine, si la nourriture est incontestablement
I. Evangile selon S. Jean ; ch. VI,|v. 54 ; sqq. — I Epître de S. Faut aux Corinthiens, ch. XI, v. 27.
le vrai moyen de vie, la façon normale de s assimiler tout ce qui peut contribuer à son entretien et à son développement. De là l'importance capitale de la Communion dans l'Education chrétienne du Caractère. Car la Communion, nous allons le voir, est essentiellement une nourriture, et vos communions, à vous, Messieurs, pour être fécondes, doivent être envisagées de ce point de nue.
Personne ne contestera que la nutrition soit J'attribut capital de la matière vivante. Pour refaire sa substance, et surtout pour l'accroître, la 4:ellule doit emprunter, au milieu qui la baigne, jdes matériaux de reconstitution et de rénovation. Alors se passe un phénomène bien connu sous je nom d^issimilation, et qui consiste « à rendre )) la matière empruntée au miUeu ambiant, les ») substances alimentaires semblables à la mai) lière vivante, à en faire de la matière vivante... » C'est là le phénomène le plus saisissant de la » vitalité (1). »
La vie humaine sous toutes ses formes est