MYOPIE (M
§ 250. — Préliminaires , définition.
On désigne sous le nom de myopie celte condition des yeux qui rend la vue confuse et indistincte au loin, et nette seulement pour les objets l'approchés; et qui présente, en mitre, celle particularité d être immédiatement et extrêmement améliorée, dans son application aux objets distants, par l'interposition de verres concaves d'un foyer plus ou moins court.
Cette définition , dans les cas où son application est exacte et entière, caractérise absolument la myopie. Mais il faut qu'elle soit:
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telle qu'il n'y ait, dans l'espèce, aucun doute sur la présence de toutes les conditions qui la constituent.
Ainsi, si on s'arrêtait à sa première partie : vue confuse de loin et distincte seulement de près, on pourrait se voir induit en erreur. Il existe, en effet, plusieurs états pathologiques différents et qui ont pour symptôme commun la nécessité ou l'habitude de rapprocher fortement des yeux l'objet du travail ou de l'attention. Ainsi nous voyons journellement des malades mettre, pour ainsi dire, le nez en contact avec le livre qu'ils veulent déchiffrer, sans avoir rien autre que cette habitude ou cette nécessité en commun avec la myopie : tels sont des amblyopes, des astigmatiques et même des hypermétropes (l'opposé absolu des myopes); tous états qui présentent ou peuvent présenter en même temps ce caractère : de n'y voir de loin que plus ou moins confusément.
Mais, dans ces conditions pathologiques, la vision ne se trouve point améliorée — et surtout de façon immédiatement convaincante — par l'interposition d'un verre concave et dispersif. Et c'est là qu'est 'le critérium de la myopie.
§ 251. — Caractéristique dioptrique de la myopie.
(Voir leçon 13e, § 201).
§ 252. — Expression mathématique du degré de la myopie. (Même leçon, § 204).
§ 253. — Des caractères anatomiques de la myopie. La définition mathématique de la myopie n'exprime qu'un rapport: fop^ de réfraction eu égard à la distance de l'écran, ou à la longueur de l'œil. Mais les termes de ce rapport sont-ils indifférents? Rencontre-t-on, en fait, tantôt un excès absolu de réfraction clans un œil
Fig. c:
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dimensions régulières bu inversement, dans d'autres cas, un - Hop long quoique doté d'une quantité de réfraction moyenne? gon - diniqoement, ce n'est pas un simple rapport que V
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' . c est très généralement un excès de longueur de l'œil correspon aant a un état de réfraction moyen.
En d'autres termes, dans l'œil myope (comme du reste dans L'améj Lropie contraire, l'hypermétropie), cornée et cristallin ont même! courbures, mômes distances relatives; les milieux ont enfin les mêmes indices de réfraction que dans l'œil emmétrope. Mais le globe, au lieu d'être sphéroïdal, offre la forme d'un ovale à grand axeantéroj postérieur; on a vu cet axe antôro-postérieur de l'œil, qui, à L'étal physiologique, ne dépasse guère 24mm, atteindre jusqu'à 28mm, et même exceptionnellement 33mm (Donders) (voir fig. 60).
[Nous exceptons, bien entendu, les cas très particuliers dans lesquels une altération du tissu de la cornée, reconnaissable à l'examen direct, comme dans le kératoconus, les staphylômes antérieurs partiels, a produit des déformations, avec excès de courbure de la membrane antérieure. Mais, en ce cas, la myopie, accompagnée d'ailleurs d'autres manifestations non moins sensibles, se présente à l'observateur, non comme un état essentiel, subjectif, purement optique enfin, mais comme le symptôme d'une altération de tissu évidente 'a priori.}
§ 254. — Signification et mécanisme de la disposition ovalaire du globe
oculaire dans la myopie.
Dans les développements qui précèdent nous avons vu que la myopie et l'hypermétropie représentaient les deux états opposés caractéristiques des anomalies de la réfraction statique. Nous pouvons ajouter qu'au point de vue purement anatomique, cette même opposition se maintient identique. Si l'œil myope est l'œil trop long pour sa quantité de réfraction, par contre, l'œil hypermétrope est trop court pour la même quantité de réfraction, égale en général, dans les deux cas, à celle de l'œil régulier ou emmétrope.
Mais si dans l'hypermétropie, les recherches anatomiques ne peuvent faire admettre pour cause de cette brièveté relative du grand axe de l'œil, qu'une sorte d'arrêt de développement congénital de l'organe; s'il ne s'y rencontre aucune lésion anatomo-pathologiquc sérieuse, il n'en est plus de même de la condition contraire, L'excès de longueur du globe chez le myope.
Dans la myopie, en effet, cet excès de longueur n'est pas congénital ; il consiste en un allongement proportionne] au degré de l'excès de la réfraction, allongement pathologique produit par des altérations anatomiques trop souvent énormes.
Ces altérations, qui offrent l'état analomo-palhologique constitutif du staphylôme scléro-choroïdien postérieur, de la choroïdite séreuse atrophique, sont reproduites dans les tableaux suivants :
L'un écrit sous la dictée de roplilhalmoscopc et que nous pouvons qualifier iVanalomie pathologique vivante, Le second complétant 11 précédent par l'exposé des lésions pnst morlem{nculi).
LEÇON