APPAREIL SENSIBLE ET DE RÉCEPTIVITÉ
g 65. — Sclérotique (Se, dans la figure).
Enveloppe ou tunique extérieure du globe, composée d'un tissu fibreux résistant, entremêlé d'éléments élastiques, mais en quantité inférieure et ne permettant qu'une distension très limitée de l'enveloppe. A son maximum de distension, elle affecterait une forme très voisine de la sphère ; mais dans les conditions de la vitalité physiologique, cette sphère est un peu déprimée dans le sens de la pesanteur, et son diamètre transversal un peu supérieur à son diamètre antéro-postérieur. Son épaisseur est plus grande en arrière et en avant qu'à l'équateur.
Son épaisseur, en arrière, est d'environ llun' ; à l'équateur de
0mra,5.
La dimension moyenne du globe, suivant son axe antéro-postérieur, serait de 24 millim. 30 ; en en retranchant l'épaisseur moyenne de la sclérotique et de la choroïde évaluée lmm, on a, pour le diamètre transparent, 23,30.
§ 66. — Choroïde (Ch, dans la figure),
C'est la seconde tunique de l'œil, en les comptant de dehors en dedans. Elle est en rapport immédiat avec la sclérotique et sert ellemême d'appui à la rétine. Très intimement unie sur toute leur surface commune avec cette dernière, elle l'est un peu plus lâchement à l'enveloppe extérieure avec laquelle elle échange des connexions de tissu connectif plus ou moins élastiques (lamina fusca), sauf en trois régions dans lesquelles l'adhérence est intime, à savoir : l'anneau fibreux de pénétration du nerf; la région de la macula et, tout à fait en avant, le ligament pectiné.
Au point de vue de sa composition, elle se divise anatomiquement en cinq couches que nous réduirons ici à deux pour plus de simplicité : l°Le stroma pigmenté, corps même de la membrane, servant de lit à la double canalisation vasculaire et nerveuse qui la constituent principalement, et 2°, la membrane élastique (limitante), qui la sépare de la rétine au moyen d'un épithélium pigmenté, également très lisse (épithélium hexagonal), (tapis des animaux).
Nous ne décrirons pas la choroïde dans ses parties élémentaires, cette description n'intéressant que l'histoire de la nutrition de l'œil, dans l'état sain et dans sa pathologie. Nous n'avons à la considérer ici que comme le fond noirci de la chambre oculaire dons ses rapports
Tl APPAREIL DE RÉCEPTIVITÉ, $<
avec le fonctionnement optique. Sous ce rapport, c'est de son rôle de tapis absorbant que nous avons uniquement à nous occuper. La région postérieure de la choroïde étant exclusivement consacrée aux apports fournis par la canalisation vasculaire nourricière de l'œil et à son innervation.
On verra plus loin (§ 67) quel rôle nouveau remplit la membrane épithéliale clans la fonction visuelle; comment elle constitue le laboratoire où se produit la substance photochimique (pourpre rétinien) dans laquelle baignent les pieds des bâtonnets. Par suite de ce concours fonctionnel, si connexe, si intime, la choroïde, ou du moins A membrane épithéliale, peut être considérée comme se rattachant directement à l'appareil spécial sensitif de l'organe.
Dans le coup d'œil d'ensemble que nous lui devons, nous nous bornerons à signaler, au point de vue mécanique, ses rapports de structure avec les deux membranes entre lesquelles elle s'étend.
Premièrement, sa soudure annulaire complète au pourtour du nerf optique, où elle se fond entièrement avec le bord du trou sclérotical. (La rétine participe par sa charpente à cette soudure.)
Secondement, son adhérence intime, à la sclérotique d'une part, à la rétine de l'autre, dans la région de la macula, pôle de l'œil; sa fusion, d'autre part, avec la terminaison antérieure de la membrane sensible, or a serrata, pars ciliaris retinse, origine de la région intermédiaire ou ciliaire.
Troisièmement, la fusion de sa charpente ou de son stroma avec le corps ciliaire glissé entre elle et la sclérotique, et l'en séparant jusqu'au ligament pectiné, où elle trouve un dernier appui, en même temps qu'un ligament suspenseur pour le repli qu'elle forme en donnant naissance à l'iris, son prolongement.
Dans ce trajet intermédiaire, sa charpente fibreuse ou élastique lui devient commune avec la rétine, devenue fibreuse, [pars ciliaris i'etinœ), enfin, en dehors, avec le corps ciliaire lui-même qu'elle recouvre de ses nombreux replis vasculaires et pigmentés {procès ciliaires).
De cette charpente fibreuse, hyaline, élastique à la fois, on yoil sourdre, le long des procès ciliaires, le ligament hyalin et ëlastiqueque nous devons décrire plus loin sous le nom de Zonule ou collei-ette de Zinn et qui remplit le rôle de ligament suspenseur du cristallin (voir ce mot).
Entre l'ora serrata SS' et l'origine commune FF' de la cornée et de l'iris, sur une longueur de 3 millim. b's environ, on trouve la choroïde soulevée par une zone ou anneau triangulaire à sommet postérieur et à base en rapport avec l'iris, l'anneau ciliaire des anciens.
Cet anneau, tapissé en dedans par la zonule de Zinn et les procès ciliaires, renferme entre la zonule, en dedans, et la sclérotique en