LEÇON.] ANATOMIE
dehors, un organe des plus importants reconnu aujourd'hui comme organe musculaire.
Nous renvoyons pour sa description à l'article Accommodation (leçon 6% §97).
Ajoutons, pour être complet, le rappel d'une dernière connexion que présente la choroïde avec la sclérotique au niveau de la macula lutea : connexion anatomique qui n'est pas sans importance dans l'exposé des conditions de la production du staphylôme postérieur (voir § 268).
§ 67. — Rétine (Appareil de sensibilité).
a) Description d'ensemble. — La rétine est une membrane quasi hémi-sphérique, s'étendant par sa convexité et sans plis sur la choroïde, qu'elle sépare du corps vitré.
C'est l'écran sensible de l'œil, comme la choroïde en forme dans le fond le réservoir nourricier, et, à sa surface, l'étamage pigmentaire et photochimique.
La rétine adhère intimement et sur toute sa surface à la choroïde : ses points de soutien à la sclérotique sont les mêmes, à savoir le pourtour du disque optique en arrière, Yora serrata en avant. Ces deux circonférences limitent absolument la rétine sensible, ou le territoire de sa qualité d'organe de sensibilité. Sa fusion avec la choroïde et l'hyaloïde, entre Yora serrata et la zonule [pars ciliaris retinœ) étant exclusivement fibreuse et hyaline (SS', ZZ', flg. 19).
b) Rôle très élevé rempli par la réline si l'on en juge d'après sa constitution même.
La rétine est constituée par une charpente de tissu connectif servant de stroma ou de gangue à un organisme de substance nerveuse très riche et très compliqué. On décrit généralement ces appareils nerveux comme un épanouissement du nerf optique. Telle est bien l'apparence, en effet; le nerf optique ,1a pénètre d'arrière en avant, à travers le foramenopticum, qu'il occupe en entier, divisant là sa gerbe' de fibres nerveuses qu'il épanouit ensuite à angle droit, en les répandant en nappe à la surface de la membrane sensible.
Mais la rétine n'est point du tout l'épanouissement du nerf - elle ne fait que le recevoir, pour être mise par lui en rapport avec lè centre cérébral.
Sa constitution cellulaire en fait, un véritable centre d'élaboration nerveuse, comme l'observation des phénomènes en fait le lieu, le siège des manifestations multiples de cette sensibilité spéciale et
( Z t* «SÎ n°US exP°serons P|US '«in le tableau remarquable (leçon g«, § 74 et suivants).
APPAREIL DE RECEPTIVITE.
Lè nerf optique, en Lui-même, ne jouit d'aucune sensibilité connue, p en dehors de ses propriétés do transmission télégraphique vers le cerveau. La surface concave de l'écran oculaire cesse, en effet, d'être un organe sensible, là où se trouve le nerf optique seul, c'est-à-dire au foramen opticurn, lieu de la tache aveugle de Mariotte. La réline en ce point fait défaut, en même temps que la sensibilité spéciale.
L'extrême multiplicité des éléments organiques nerveux d'aspecl et de constitution cellulaire variés, qui composent les sept couches do la rétine, rapprochée de l'étendue et de la multiplicité des sensations ou notions qu'elle élabore, son développement propre sous la forme d'une petite ampoule détachée de la masse cérébrale dans les premiers temps de la vie embryonnaire, concourent à lui faire attribuer le rôle et l'importance 'd'un petit cerveau séparé du grand.
Cette façon de voir est développée plus loin (leçon 5e).
Dans une brève exposition des propriétés les plus essentielles de l'organe de la vue, nous montrerons en particulier toute l'importance du rôle que semble y remplir la couche des bâtonnets comme siège et organe de la localisation des lignes de direction visuelle. Importance qui s'accroît par le fait démontré par Donders, que cette couche est le siège même des images exactes formées par l'appareil dioptrique.
Pendant que nous écrivons ces lignes, la science toujours en travail, nous apporte un nouvel ordre de faits considérables, qui vient relever encore le rôle de cette couche importante et la seule un peu connue parmi les strata de la rétine.
Voir plus loin même § (Photochimie rétinienne). c) Énumération des sept couches de la rétine. — Si nous rapprochons
maintenant les propriétés multi- ■rp . —~ paiiiiBBMMii^^M pies et fondamentales de l'appareil visuel, dont quelques-unes seulement encore ont une définition nette, de cette série de six couches qui compose la membrane, et que nous allons énumérer par ordre, on s'étonnera moins de leur nombre que l'on ne regrettera notre ignorance en ce qui concerne leurs fonctions particulières. On rencontre donc, d'arrière en avant (fig. 20) :