Membre limitante interne
Or, l'image optique se forme sur la couche des bâtonnets et des cônes, et même à la surface postérieure de cette couche (voir §§ 80, 173) ; et l'on vient de voir que les fibres du nerf optique ou les canaux de correspondance entre la rétine et le cerveau s'étalent parallèlement à elle, dans la couche rétinienne la plus distante du lieu de l'image.
La communication entre ces deux couches extrêmes doit donc se faire par le canal des couches intermédiaires. L'anatomie histologique nous apprend à cet égard que la couche la plus antérieure est mise en rapport avec la plus postérieure et celles qui les séparent, pailles prolongements filiformes partis des bâtonnets et des cônes et qui, après avoir traversé Ja limitante externe, vont se rendre à la granuleuse externe. Cette dernière est rattachée à la couche des fibres optiques par les prolongements des cellules multipolaires. Finalement, passant sous silence le rôle inconnu de toutes ces complexités histologiques, nous retiendrons seulement la conclusion suivante :
L'organe impressionné par l'image, la couche des bâtonnets et des cônes, constituée par une armée de petits cylindres, serrés les uns contre les autres, et implantés perpendiculairement à la surface de réception de l'image, est mise en communication composée avec les fils télégraphiques partis du cerveau sous le nom de fibres optiques, par des prolongements qui se rendent, des cônes, à des fibres nerveuses épaisses et composées, des bâtonnets, à des fibres simples.
d) Nouvelles propriétés de la membrane de Jacob. — Fr. Boll (professeur à Rome), clans une communication adressée récemment à l'académie de Berlin, a donné connaissance d'une découverte, fertile en conséquences, faite par lui-même, à savoir :
« Que la couche limitante externe (ou des bâtonnets) de la rétine de tous les animaux, n'était point durant la vie, incolore, comme on l'admet universellement, mais bien d'un beau rouge pourpre. »
Pendant la vie, ajoute cet auteur, la couleur rouge, propre à cette couche, est incessamment détruite par la lumière pénétrant dans l u. il. Dans l'obscurité elle reparaît; mais, après la mort, ne persiste que quelques instants.
Si l'on ne s'en est pas aperçu plus tôt, c'est que la simple exposition à la lumière du jour d'une rétine que l'on vient de détacher de la choroïde, suffit pour détruire cette coloration sans retour.
Le siège de cette coloration est dans la couche des bâtonnets. Le professeur Boll s'en est assuré, en montrant que sur une rétine devenue opaline ou laiteuse, la coloration ne s'aperçoit pas de dedans en Pehors, mais bien si l'on regarde la rétine par sa lace postérieure.
76 APPAREIL DE RÉCEPTIVITÉ. [4e
Rcmak avait déjà avancé qu'entre la couche des cônes et la cho~roïde, existait une substance transparente d'un jaune intense. Ce' doit être la couleur chamois que prend avant de pâlir, la teinte purpurine.
Des expériences ultérieures (Kiihnc) ont démontré que sauf l'action de certains agents chimiques doués d'une certaine intensité , la lumière seule a le pouvoir de pâlir et effacer ensuite la coloration propre de la rétine. Elles ont fait voir en outre que si la rétine, même après la mort bien complète, est laissée en rapport avec la choroïde, le retrait de la lumière est bientôt suivi de la réapparition de la couleur rouge. La circulation sanguine étant dès lors hors de question, vu la mort depuis longtemps parachevée, la choroïde seule et, en elle, la membrane épithéliale, est l'agent de cette revivification de la couleur. Ce fait tend à confirmer les vues des anatomistes qui considèrent l'épithélium qui couvre le tapis, comme appartenant à la rétine et non à la choroïde. Les cellules pavimenteuses embrassent d'ailleurs immédiatement les bâtonnets.
Toutes les régions du spectre n'agissent pas avec la même intensité sur la coloration propre de la rétine. Les rayons de la région de la ligne D (sodium) demeurent sans grand effet sur elle (aussi est-il convenable de faire toutes les préparations expérimentales à la lumière sodique).
Quant aux autres régions du spectre, on a pu observer déjà ce qui suit :
1° à travers le rouge sang concentré, nulle altération de la couleur propre de la membrane ;
2° le verre rouge amène quelques traces de pâleur, au bout de six heures ;
3° sous le bleu, la pâleur s'est montrée après deux heures ;
4° sous le vert, quatre ou cinq heures après.
On peut conclure de là que les rayons les plus propres à effacer la couleur propre de la rétine sont ceux de la portion la plus réfrangible du spectre (bleue).
Des écrans en grillage ayant été posés sur la rétine, pendant ce? opérations, pour la protéger contre l'accès de la lumière, il en est résulté un grillage rouge persistant, une photographie négative.
Le dernier mot de cette découverte est loin d'être dit, le premier rideau n'en est encore que soulevé. Déjà pourtant l'on peut en conclure que la rétine est d'abord un écran exactement photographique: secondement, que la lame épithéliale qui la sépare du tapi? n'esl rien moins qu'un laboratoire perpétuel de revivification de la plaque sensibilisée.
Les conséquences secondaires de ces faits sur l'interprétation des