‹ La vision et ses anomaliesChapitre 27 sur 213 · DE L'ACCOMMODATION · texte numérisé non relu

DE L'ACCOMMODATION

mouvement de rapprochement de l'épingle, cet objet ne détermina i plus qu'une image unique, jusqu'en un certain point A' en deçà duquel elle recommence à en fournir deux, comme dans le premier cas; mais alors ces images, encore comme dans ce premier cas, ne sont plus homonymes, mais croisées.

On voit, par cette analyse, que, dans tout le parcours A A', une seule image est formée sur la rétine. L'œil, entre ces limites, jouit donc de propriétés qui font défaut dans une lentille inorganique. Celle-ci ne donnerait une image unique sur un écran fixe que pour une distance unique de l'objet. L'œil, entre les limites A et A', se modifie donc spontanément, et d'une façon parfaitement mesurée, pour maintenir l'écran en rapport de foyer conjugué avec l'objet. Ces deux limites sont celles du champ antéro-postérieur de la vision , ou le punctum remolum et le punctum proximum de ce champ des images simples.

La méthode que nous venons de décrire permet de les déterminer avec exactitude dans chaque circonstance; c'est un optomètre parfait.

c) Méthode rectifiée de de Haldat. — Nous avons démontré le même

fait au moyen de l'expérience sui- 0 }s\ vante non moins concluante l.

n-^f^èfr Sur l'orifice du porte-objet P

d'unmicroscope(fig.30),on place, le cristallin regardant en bas, un œil frais G, dépouillé de sa cornée, et portant à sa face postérieure, devenue supérieure, une petite fenêtre qui laisse apercevoir le corps vitré. Sous le porte-objet, un miroir plan H, incliné à 45 degrés, est disposé vers un objet très distant sur la ligne horizontale HH' ; dans une certaine position du microscope (l'objectif étant en m) , l'image réfractée de cet objet est vue très nette- Cela posé, vient-on à interposer

Kig. 30.

ment dans la fenêtre scléroticale

entre le porte-objet et le miroir une lentille d/spersive L de 10 à 11 centimètres de longueur focale, l'image première devient immédiatement confuse pour l'observateur 0 en rapport avec le microscope. Mais s'il remonte le corps du microscope d'un certain nombre de mil-

1. Voir Ann. d'oculistiquc, avril 1861; Précis de la réfaction de l'œil, 1865, addition à Mackenzie.

hErm.] DES ABERRATIONS OPTIQUES. 1H

limètres(2,5 à 6 millimètres, suivant les animaux employés), l'objectif s'élevantde m en m', l'oculaire, de n en ri (m tri = n ri), l'image redevient nette. Cette image a donc reculé elle-même de la même quantité. Or, l'interposition de la lentille dispersive de 10 centimètres revient exactement au rapprochement de l'objet de l'horizon à 10 centimètres de l'œil, en F foyer de la lentille. On voit manifestement, par cette expérience, que l'œil réclame une modification dans sa forme ou dans sa puissance réfringente, pour passer de l'état indolent correspondant à l'horizon (rayons parallèles), à une adaptation rapprochée. Le déplacement relatif du foyer mesure environ chez lui de 2 1/2 à 3 millimètres.

Cette expérience' est importante à un double point de vue : non seulement elle démontre la proposition que nous avons énoncée en débutant, mais, modelée sur celle de de Haldat, elle expose les côtés défectueux de l'application primitive.

Par des méthodes analogues, de Haldat avait, en effet, cru montrer à l'Académie des sciences, et la section de physique avait cru voir, que l'œil jouissait d'un foyer constant pour toutes les distances. Erreur expérimentale, qui avait eu pour conséquence la condamnation à priori de toute recherche ultérieure relative à l'hypothèse de l'existence chez l'homme d'une faculté active d'accommodation.

Pour compensation, disons que cette erreur a donné lieu aux belles recherches de Sturm, sur les foyers des ellipsoïdes à trois axes, d'où a pu naître, plus tard, une très remarquable analyse du mécanisme de l'astigmatisme (voir ce dernier mot, 19a leçon).

cl) Méthode ophtalmoscopique . — On observe, au moyen 'd'un ophtalmoscope fixe, un œil humain maintenu également fixe. On a eu soin d'en dilater préalablement la pupille, mais sans aller jusqu'à la paralysie complète de l'iris et du muscle ciliaire.

Nous mettant alors dans de tels rapports de distance avec l'œil observé, que l'image de la flamme de la lampe ophtalmoscopique se dessine exactement sur le fond choroïdien, pendant que le sujet tient son attention fixée sur le point le plus distant de la chambre, nous Voyons distinctement les contours de l'image de la lampe. Maintenant nous appelons l'attention du sujet toujours dans la même direction, sur un objet qui se rapproche de lui; nous constatons alors que l'image de la lampe, premièrement très nette, devient étalée, diffuse, mal délimitée; Dernière preuve d'un changement de l'état dioptrique pendant le passage de la vision distante à la vision rapprocher. Cherchons maintenant en quoi consiste cette modification?

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