‹ La vision et ses anomaliesChapitre 28 sur 213 · DE I/ACCOMMODATION · texte numérisé non relu

DE I/ACCOMMODATION

S 81. - Recherche du siège organique et du mécanisme de l'adaptation de l'œil aux distances, ou de l'accommodation.

Nous savons que dans les systèmes dioplriques lenticulaires inorganiques, l'image d'un objet qui se rapproche de la lentille n'est conservée nette que par l'une ou l'autre des doux conditions.suivantes : soit, 1° L éloigneraient de l'écran; soit, 2° L'accroissement de force réfringente de la lentille, proportionnellement au rapprochement de l'objet.

Auquel de ces deux modes la nature a-t-elle recours dans le cas de l'œil humain ?

L'écran rétinien s'éloigne-t-il de la lentille?

Cette modification de la distance mutuelle de la lentille cristalline et du plan rétinien a été supposée produite par l'action des muscles moteurs extérieurs à l'œil (Boërrhave, Olbers, Home, Ramsden), dont la pression pouvait amener, suivant ces physiciens, l'accroissement de longueur de l'axe antéro-postérieur de l'organe.

Or, on verra aux §§ 383, 386, dans l'analyse de l'équilibre tant statique que dynamique du globe oculaire, qu'il n'existe parmi les muscles qui enveloppent cet organe, aucun agent dont l'action puisse, physiologiquement, produire un semblable allongement. Par leur équilibre mutuel, les muscles droits et les muscles obliques (antagonistes entre eux, au point de vue qui nous occupe) ont pour effet le maintien de la forme normale du globe. Si l'on imagine que l'un de ces groupes voie, pour une cause ou une autre, s'exagérer son action, c'est une déformation par raccourcissement de l'axe antéro-postérieur qui, seule, en pourrait résulter.

D'ailleurs, dans plusieurs cas de paralysie complète des muscles oculaires, on a pu trouver l'accommodation intacte.

Par contre, il n'est point de jour où l'on ne puisse constater les conditions contraires, c'est-à-dire une abolition complète de l'accommodation, malgré la persistance d'activité de tous les muscles extrinsèques de l'organe.

Faisons remarquer enfin, après Helmholtz, que si l'accommodation était l'effet de l'action desdits muscles extérieurs, on l'observerait encore après l'extraction de la lentille qui laisse les muscles intacts ; or, l'on sait, par l'expérience de Donders, qu'il n'en est rien. (Voyez § 93, même leçon, et Aphakie § 242 et suivants.)

Ce môme point de fait est encore mis en évidence par les modifications par défaut ou par excès, paralysies ou spasmes, que l'on peut amener artificiellement dans l'accommodation, au moyen de l'atropine et de la fève de Galabar, toxiques qui sont dépourvus de toute influence sur les muscles moteurs du globe oculaire.

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