LEÇON. 1 DE L'ACCOMMODATION. H
regard attentif, on voit cette ligne noire qui s'avance plus ou moins dans la chambre antérieure. C'est l'iris qui vient à proéminer. Et, comme on sait que cette membrane est constamment appliquée sur la surface antérieure de la lentille, on, conclut forcément à une propulsion adéquate de cet organe.
C'est l'accommodation observée sur le fait.
< 95. Preuve objective de l'accroissement de profondeur du cul-de-sac de la chambre antérieure pendant l'accommodation.
On doit à Cramer une autre observation, dont la théorie a été développée et étendue ultérieurement par Helmholtz, et qui permet encore de constater objectivement le fait de l'accroissement de profondeur de la chambre antérieure de l'œil, dans sa région périphérique, lors de l'accommodation rapprochée.
Si l'on place latéralement près d'un sujet , une bougie allumée ou toute autre source de lumière homocentrique assez vive, dans le plan équatorial de l'œil, plutôt un peu en arrière de ce plan, l'oeil observé ne reçoit de lumière que sur sa moitié cornéale externe, la moitié interne est naturellement dans l'ombre. Mais la réfraction propre de la cornée dessine, dans la chambre antérieure, parallèlement au plan de l'iris, une surface caustique dont V intersection avec la partie interne ou obscure de la cornée se décèle par un reflet mince en forme de croissant.
En cet état, faisant accommoder le sujet sans autre mouvement de l'œil, on voit ce petit croissant s'élargir; ce qui ne peut s'expliquer que par l'accroissement en largeur de la surface caustique intérieure à la chambre de l'humeur aqueuse. Or, cet accroissement d'épaisseur ne peut avoir lieu lui-même que du côté" de la profondeur de la chambre ou du cul-de-sac irien, la cornée étant demeurée immobile.
Le cul-de-sac irien se creuse donc pendant l'accommodation.
§ 96, — Instrument de ces modifications.
Description du muscle ciliaire.— Ces faits admis , quel est l'organe chargé de les réaliser?
Et d'abord, ce ne peut, bien évidemment, être autre chose qu'un organe musculaire, puisqu'il y a mouvement, déplacement produits, et cela sous l'influence soit de la volonté, soit des actions réflexes et instinctives; le sentiment de fatigue éprouvé pendant cet acte conduit à la môme conclusion.
D'ailleurs cette nature musculaire a été démontrée par des expériences directes.
Cramer soumettant à la décharge subite d'une batterie élec-
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trique, des yeux de phoque, disposés pour l'observation des image! de Purkinjc, a manifestement observé, au moment du passage du courant, les modifications ci-dessus décrites dans la position et la grandeur relative des images catoptriques fournies par les surface! du cristallin.
Un muscle seul peut réagir de la sorte contre une stimulation électrique.
Ce muscle ou ces muscles peuvent-ils être ceux qui enveloppent et meuvent le globe oculaire? Nous avons déjà répondu plus haut, § 91, péremptoirement à cette question. Ce muscle ne peut qu'être intérieur à l'œil.
Soupçonné depuis Descartes, il a été finalement découvert par les écoles modernes, et trouvé, comme on devait s'y attendre, dans l'intérieur même du globe oculaire.
Il est enfermé dans cette région longtemps confuse, connue sous
Fig. 33. — Coupe méridienne de la région ciliaire.
Fig. 31. — Coupe perpendiculaire a la précédente dans (2) de la fig. 32. S La sclérotique. CC Les noyaux des libres circulaires ou
Mil' Le tenseur de la choroïde. 'lu sphincter.
PP' Procès ciliaires.
En comparant les deux figures, on voit les noyaux des cellules des muscles annulaires représentés dans la fig. 34 par de pçtits traits horizontaux, et par des points dans la fig. 33, et réciproquement pour les fibres du tenseur.
Ces dessins ont été relevés sur des pièces micrographiques préparées par nous-mème eu 1868.