LEÇON DE L'ACCOMMODATION
le nom de corps ou ganglion ciliaire : zone ou anneau compris entre deux plans perpendiculaires h l'axe de l'œil . Le plus antérieur pouvait être représenté par le plan du canal de Schlemm ou de Fontana et passerait un peu en avant du sommet antérieur du cristallin. " Le second ou postérieur, que l'on peut placer à la limite antérieure do la rétine, à Yora Serrata (voir zone ciliaire, § 72).
Une coupe méridienne de l'œil (flgure33), montre, en effet, dans cette région une série de fibres étendues suivant les méridiens, entre la choroïde (région des procès ciliaires) et la sclérotique, depuis Yora Serrata, en arrière, jusqu'au canal de Fontana, en avant.
Mais si on fait une coupe perpendiculaire à l'axe de l'œil dans cette dernière région, ou parallèlement au plan dudit canal, on trouve (figure 34) un second groupe de fibres de même nature, dirigées, ces dernières, en anneau, ou circulairement, autour de la tête des procès ciliaires.
Le premier groupe est connu sous le nom de « tenseur de la choroïde ; ses points d'attaches fixes sont au canal de Fontana dont la paroi interne n'est que le tendon de ce muscle. Sa découverte est due à Bowman et à Brûcke1.
Le second groupe, reconnu premièrement par Arlt, Miiller et Rouget peut être désigné par sa direction annulaire.
Leur ensemble peut être comparé à l'association des fibres composant le releveur de l'anus, avec celles du sphincter du même organe.
§ 97. — Mode d'action de cet organe moteur.
Comment agit ce muscle? Une certaine obscurité enveloppe encore son mode d'action.
Voici cependant un certain nombre de faits constatés, observés et presque universellement admis et qui peuvent conduire à une conjecture assez rapprochée de la vérité.
Faits d'observation : 1° Après la mort, — en l'absence par conséquent de toute activité musculaire tonique ou autre, le cristallin affecte, par le fait de l'élasticité propre de son enveloppe, la forme qui correspond à son maximum de convexité, celle constatée pendant l'accommodation rapprochée (Helmholtz).
2° Pendant la vie, au repos complet, le cristallin présente son maximum d'aplatissement. L'atropine n'ajouterait pas notablement à cet état. (Donders, Coccius).
3° Pendant l'accommodation de près, la pression intra-hyaloïdienne est accrue (Coccius, Hcnsen et Wœlchers).
1. Porterfield avait nettement entrevu, dès 1754, la nature musculaire de l'anneau ciliaire.
*** DES AUERRATIONS OPTIQUES. [6e
4° Au môme moment, la chambre antérieure offre une tendance à la diminution de pression (Forster).
5° L'observation dus albinos (Becker), celle des opérés d'iridec-tomie (Goccius), les vivisections chez le chien (Ilensen et Wœlchcrs)) témoignent ensemble que pendant l'acte accommodatif, il s'accomplif un mouvement reconnaissablc de transport en avant de toute la région ciliaire ot zonulaire.
Goççius y ajoute : l'élargissement simultané de l'espace zonulaire ( la zone qui sépare le bord externe du cristallin du bord intérieur des . procès).
ilensen et Wœlchers, de leur côté, y joignent renfoncement vers l'axe • optique du muscle ciliaire, etle bombement, en arrière de lui (?) de la choroïde.
[Quant aux procès ciliaires, ainsi que nous l'avons dit déjà, se rapprochant plutôt de la sclérotique que du cristallin, ils ne se mettent jamais en contact avec ce dernier; ils se gonflent et se portent en. avant, mais laissent toujours un espace entre eux et l'équateur du cristallin ; c'est tout ce que l'on a pu observer.]
b. Discussion et interprétation de ces faits. — De tous ces faits rapprochés et comparés entre eux, aucune conclusion logique ne peut sortir qui les rattache h une tension active des fibres méridiennes' pendant Y action accommodative.
Tous, au contraire, sont en rapport logique avec un resserre me ut actif du sphincter ciliaire.
La comparaison peut de tous points se suivre entre les deux ordres de fibres ciliaires et les deux ordres de fibres iriennes.
Dans l'iris, en effet, comme clans l'organe ciliaire moteur, on trouve un groupe de fibres radiées ou méridiennes, et un groupe de fibres annulaires ou sphinctériennes, et de part et d'autre, les premières ( méridiennes) sous l'influence du sj^stème nerveux ganglionnaire, les secondes (annulaires) obéissant au sytème spinal.
Au point de vue du mécanisme , il n'est pas plus facile dans l'un des groupes que dans l'autre, de supposer aux deux ordres de fibres une action simultanée, qui puisse concorder avec les effets observe-. Ces deux ordres sont nécessairement antagonistes.
Enfin, clans les deux organes, celles du même ordre agissent visiblement ensemble et sous l'impulsion du même agent nerveux.
Nous donnerons donc comme la plus en rapport avec la logique et tous les faits observés la conclusion suivante :
Conclusion. — Dans L'état d'équilibre indolent, correspondant à la distension extrême de la zonule (repos de l'accommodation — vision distante), la tendance élastique, et à retrait sur elle-même de la, zonule, l'élasticité propre de la capsule du cristallin, le tonus des
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fibres du groupe annulaire, d'une part, sont tenus en équilibre par le tonus des fibres radiées ou méridiennes, à leur maximum de brièveté, d'autre part. (Système nerveux ganglionnaire.)
L'accommodation est-elle réclamée, le groupe annulaire ou.sphinctérien développe un degré plus ou moins prononcé de contraction active (spinale). Cette force rompt l'équilibre préexistant, au profit de l'élasticité de la zonule et de sa congénère, celle du cristallin. La lentille prend ainsi une forme plus convexe et proémine par sa face antérieure dans la chambre antérieure.
L'accommodation se voit ainsi réalisée. Le retour à l'état initial s'opère naturellement par le mouvement et les actes inverses.
(Conclusion d'un mémoire présenté par nous à la Société de chirurgie de Paris, en avril 1869.)
En résumé, dans l'acte de l'accommodation, le bombement en avant de la face antérieure du cristallin, ou le déplacement de son sommet antérieur, est évalué au moyen des données fournies par les variations de grandeur des images (àOmm,4); ce qui correspond à une réduction du rayon de courbure passant de :
Surface antérieure : 10mm. à 6mm.
Surface postérieure : 6inm. à 5mm.
Comme, pendant ce mouvement, la pupille se resserre également, sous l'influence de la même source d'innervation, l'iris s'avance pareillement par sa région pupillaire, coiffant plus étroitement le cristallin.
§ 98. — Ligne d'accommodation de Czermak.
Pour des objets très éloignés, la distance de l'objet peut changer notablement, sans que la distance de l'image optique aux plans principaux de l'œil varie sensiblement. Lorsqu'un œil est accommodé pour une distance infinie, les cercles de diffusion qui appartiennent à des objets éloignés d'environ 12 mètres, sont encore assez petits pour qu'il n'en résulte aucun trouble sensible dans l'image. Mais si l'œil est accommodé pour un objet rapproché, les autres objets paraissent déjà confus à de petites distances en avant ou en arrière du point fixé. J. Czermak a nommé ligne d'accommodation toute partie de la ligne visuelle telle que, pour un état donné de l'accommodation, les objets compris entre les deux extrémités de ce segment de ligne soient perçus sans confusion sensible.
On conçoit que la ligne d'accommodation croît avec la distance de l'objet fixé; elle devient infinie après 12 mètres (Hclmholtz).
§ 99. — Pendant l'accommodation, le centre de similitude oculaire ne varie*
pas sensiblement.
Dans notre mémoire précité1, parmi plusieurs méthodes propres ù nous conduire à la détermination de La position du centre de similitude, nous en avons cité une qui consistait à mesurer l'espace angulaire extérieur correspondant à l'arc rétinien qui sépare du pôle oculaire le centre du punctum cœcum.
Or, dans les expériences instituées sur ce principe, nous avons pu j constater que pendant tous les états de l'accommodation, un même angle extérieur est sous-tendu, dans l'œil, par la distance qui sépare le centre de fixation, de celui du punctum cœcum.
La position du centre de similitude serait donc constante pendantl l'acte accommodatif.
[Cette proposition réclame de nouvelles investigations : elle ne.concorde pas entièrement avec l'établissement des constantes diop-triques de l'oeil ; mais elle nous a paru positive dans l'observation].
§ 100. — De l'aberration de sphéricité ou de courbure.
On désigne, par ce terme, en physique inorganique, l'inexactitude de coïncidence, en un seul point, des rayons homocentriques quii tombent sur une lentille près de ses bords, et de ceux qui passenti clans le voisinage du centre. Les premiers rencontrant l'axe commun i d'autant plus près de la lentille qu'ils passent plus près des bord-. (Voir tous les traités de physique.)
La perfection que présentent les images rétiniennes dans toute' leur étendue, la propriété de surface focale dont jouit l'entière rétine sur près de 180°, ont pour corollaire l'absence d'une aberration i sensible de courbure dans l'appareil qui concentre les rayons. Quelle lentille inorganique voit-on donner des images exactes au delà.de 15° en dehors de son axe. L'appareil dioptrique de l'œil en fournit au contraire jusqu'aux environs de 90° de chaque côté de l'axe.
On peut donc, sans erreur pratique, considérer l'œil, normal s'entend, dans les limites de son fonctionnement physiologique, comme exempt de l'aberration de courbure.
§ 101. — De l'aberration de réfrangibilité ou de chromatisme.
On appelle ainsi la différence d'action exercée au passage d'un milieu dans un autre, sur les rayons de différentes couleurs composant la lumière solaire ou blanche.
L'œil est-il soumis à cette aberration? La lumière blanche s'y