LEÇON.] DES VERRES DE LUNETTES
promène sur la portion de circonférence, parallèlement à elle-même en demeurant perpendiculaire au plan du papier. Cette ligne sera la génératrice d'un cylindre construit sur la courbe comme directrice. Tous les rayons compris dans le plan du papier traversant ce verre obéiraient aux lois déjà formulées de la réfraction sphérique. Tous ceux contenus au contraire dans un plan perpendiculaire au papier, couperaient le cylindre suivant ses génératrices, c'est-à-dire suivant des lignes parallèles, et n'éprouveraient aucune déviation.
Ces verres peuvent appartenir au système collectif ou au système contraire, suivant que leur génératrice a été promenée sur l'arc circulaire correspondant à l'une ou l'autre des séries collective ou dispersive précédentes. Sous cette forme, plan-cylindriques, ou associés à des calottes sphériques par la mise en rapport de leurs surfaces planes (cylindro-sphériques), ils servent à modifier de manière inégale la réfraction oculaire dans deux méridiens faisant l'un avec l'autre 90 °.
On se rend facilement compte de cet effet : Tout plan lumineux qui coupe le cylindre suivant une de ses génératrices , traverse ce cylindre comme il ferait une glace à faces parallèles ; les rayons lumineux qu'il contient n'y éprouvent aucune réfraction.
Le coupe-t-il au contraire perpendiculairement à ces génératrices, les rayons qu'il contient y éprouvent les lois mêmes de la réfraction sphérique, telles qu'elles sont étudiées et formulées dans notre premier chapitre.
Dans tout plan intermédiaire, la réfraction se trouve modifiée proportionnellement à l'angle de l'inclinaison. Et l'on comprend ainsi que deux verres plan-cylindriques de même rayon, mis en rapport par leurs surfaces planes, et ayant leurs génératrices dans des plans rectangulaires entre eux, produisent l'effet d'un verre sphérique. Ces verres sont dits verres à Ja Chamblant.
Ces verres, en effet, peuvent remplacer, peut-être même avantageusement, les verres bi-sphériques. La réfraction qui croît d'un diamètre au suivant pour l'une des faces et qui, pour l'autre, suit la dégradation progressive inverse, se trouvent, dans cette association , assez régulièrement modifiés, d'un plan à l'autre, pour représenter dans chaque plan diamétral la même quantité de réfraction.
En jetant les yeux sur la figure 40, on voit en outre immédiatement que la lentille bi-sphérique doit réaliser un effet double de la lentille plan-sphérique (à égalité de rayons de courbure et de surface, bien entendu).
b) Ménisques ou verres bi-sphériques à. faces de courbure inégale. — Si 1 on considère la troisième espèce, ménisques ou verres pcriscopiqu.-s, on voit que leur action collective ou dispersive dépend du sens de leur
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dégradation on épaisseur. La forme dans laquelle la courbe extérieure oflre un rayon de courbure plus court, ou une courbure plus pro- ' noncée que la face interne, représente donc une série de petits éléments prismatiques dont le sommet ou l'angle est dirigé vers la circonférence du verre. Cette lentille appartient donc au système col- . lectif : les rayons incidents étant, à l'émergence, rapprochés de l'axe.
La conclusion opposée s'appliquera naturellement aux ménisques ■ de la seconde série dans lesquels la courbure extérieure est moindre. .
En ce qui regarde le choix à faire pour l'usage ordinaire entre ce] diverses formes de lentilles, voici le jugement formulé parDonders; et la pratique nous a toujours paru le confirmer.
« Les lentilles plan-concaves et plan-convexes ont, à égalité de pouvoir réfringent, l'aberration de sphéricité la ,'plus grande; on les rejette par cette raison de l'usage ordinaire comme lunettes. Les bU convexes et bi-concaves sont plus avantageuses à cet égard. Aux lentilles périscopiques, ou ménisques, est attribué le mérite, en sus de celui de la moindre aberration, de procurer des images plus exactes dans le regard oblique, ainsi que l'a montré Wollaston. Les yeux; peuvent donc se mouvoir plus librement sous les verres ; de là leurnom de périscopiques (mpioxoiistv, regarder circulairement). Disons cependant que l'on voit encore très convenablement dans des directions obliques à travers des lentilles bi-convexes ou bi-concaves, aui moins quand elles ne sont pas extrêmement fortes. Mais dans ce cas, les? périscopiques ont le désavantage du poids. Indépendamment de cetteî raison, elles ne mériteraient pourtant pas encore la préférence. Dansbien des cas, les verres périscopiques sont de nature à produire dess troubles par réflexion de la lumière sur les surfaces concaves tournées vers l'œil. Enfin, ajoutons le prix qui n'est pas quelquefois tout à fait indifférent. »
On leur opposera encore (aux lentilles périscopiques) le petit inconvénient qu'elles ont dans la pratique journalière, de ne pas neutraliser le même verre, suivant qu'on lui présente la face convexe ou concave, les longueurs focales ne se comptant point, dans les deux sens, de la même distance de la surface (voir le § 60).
D'après ces considérations, il n'y a donc nulle raison de renoncer aux verres bi-convexes ou bi-concaves en faveur des périscopiques.
c) Lunettes à la Franklin et verres à double fo;/er. — Ces lunettes oui ces verres ont pour propriété de réunir dans la même monture le* verre qui corrigera la réfraction dans le regard horizontal (au loin) et dans la vision rapprochée, dont la direction est inclinée de haut en bas.
Ils sont, suivant les cas, composés soit de deux verres juxtaposés par un commun diamètre horizontal, soit de deux courbures diffé-
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