DES VERRES DE LUNETTES
fentes taillées dans le même verre. Tout le soin qui s'impose ici est. de bien adapter la monture au visage du sujet, pour éviter que la ligne de jonction des deux parties réfringentes se trouve en rapport avec l'un des deux champs de vision.
§ 124. — Verres prismatiques. Calcul de l'angle de déviation.
Ces verres, composés de simples prismes à faces planes, sont les instruments les plus élémentaires de la réfraction. Leur effet est de dévier du côté de leur base le rayon émergent, et, conséquemment, de déplacer l'objet virtuellement du côté de leur sommet ou angle réfringent.
Soit, flg. 41, B A G, un prisme triangulaire,
I 1', la direction d'un rayon incident perpendiculaire sur la première face A B, ne se réfractant, par conséquent, qu'à sa sortie, et à partir de la seconde face inclinée A C.
p p' étant la perpendiculaire sur cette dernière face AG, a serait l'angle d'incidence, sur cette face, du rayon II', S > a, l'angle de réfraction.
Kig. 41.
sin a
or on a :
— , n étant l'indice de réfraction du verre ;
mais, vu la perpendicularité réciproque des lignes II', et AB d'une part, pp' et AC, de l'autre, a. = A. ;
sin A 1
on a donc : = - ou sin g = n sin A.
sin 5 n
Ayant ainsi déterminé la valeur de g, pour un prisme donné, l'angle de déviation IKE' de l'image vers le sommet de l'angle, et égal à ( (3 — A ), sera aussitôt trouvé.
Voir au § 460 le tableau, établi sur cette formule, des déviations angulaires produites par des prismes variant de 5° à 41° (limite de la réflexion totale).
§ 125. — Verres de lunettes. Choix de la substance.
Nous reproduisons ici simplement le jugement exprime par Donders, jugement auquel nous nous associons.
« Il n'est nullement indifférent de fabriquer les verres de lunettes avec une substance ou une autre, Le flint et particulièrement le cristal de roche sont plus durs sans doute et moins exposés à être rayés. Cette circonstance peut les faire fecommander dans le cas de verres convexes si menacés sous ce rapport.
Mais en regard de cet avantage, il faut placer leur plus grand pouvoir de dispersion. A cet égard, pour les verres de numéros élevés, la préférence doit être accordée aux perres de crown-glass, et particulièrement pour les verres concaves. Cependant le bas prix du crown le rend également propre à la confection des verres convexes,
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rien n'étant plus abordable à toutes les bourses que leur remplacement. » Ajoutons qu'il est avantageux pour l'uniformité des calculs d'avoir le même indice de réfraction, dans la série positive et dans la série négative; ce qui n'aurait pas lieu si les verres convexes étaient fabriqués avec une substance, et les verres concaves avec une autre.
Les verres achromatiques ne conviennent point comme lunettes. Dans le cas de courts foyers, l'achromatisme entraine trop de poids dans les verres, et, pour les longues distances focales, se servit-on de cristaux combinés, on n'éviterait pas la dispersion de la couleur. (Donders.)
a) Indices de réfraction communs. — Ajoutons pour les circonstances où le praticien serait conduit à faire entrer dans quelque calcul le pouvoir réfringent des verros usités en oculistique, quo les substances les plus communément employées ont pour indices do réfraction les coefficients suivants :
Crown-glass 1.53 (Burow.)
Flint 1.00
Quartz ou cristal de roche 1.55
Verre rouge 1.72
Verre vert 1.62
Verre pourpre 1.60
Verres en cristal de roche. — On nous interroge souvent sur la préférence à donner à telle ou telle matière pour la confection des verres de lunettes, et notamment on nous demande si le cristal de roche ne l'emporte pas sur les matériaux ordinaires, à savoir : le flint ou le crown-glass.
Le cristal de roche (quartz hyalin), est un cristal à double réfraction. Un tel cristal, pour ne pas donner lieu à de doubles images, doit être taillé en lames perpendiculaires à son axe de double réfraction, ou à son axe cristallographique. Les rayons perpendiculaires à une des faces de ces lames, ou parallèles à son axe cristallographique, suivront donc les lois de la réfraction simple.
Cette circonstance exige déjà un soin et une habileté supérieurs chez le fabricant; et si l'on joint à cette première circonstance, la considération du prix de la substance et les difficultés particulières de la main-d'œuvre, on comprendra qu'ils soient d'un prix relativement élevé.
En revanche, ils offrent l'avantage de ne pas se couvrir de buée et de ne pas se rayer.
Sous le premier de ces points de vue, ils pourraient être de préférence choisis par les marins, les mécaniciens de chemins* de fer, etc.
Mais, eu égard à sa qualité bi-réfringente, un grand soin doit être apporté dans le choix des lunettes formées de cette matière; car pour peu que leurs faces ne soient pas parfaitement perpendiculaires à l'axe, ces verres donnent lieu à des phénomènes d'irisation plus ou moins perturbateurs.
Pour reconnaître si un verre vendu comme tel, est bien du cristal de roche, et s'il a été bien taillé, voici les procédés que suivent les opticiens compétents.
Le verre à essayer est interposé entre deux plaques de tourmaline coupées parallèlement à leur axe et dont les axes sont disposés à angle droit. On sait que par cet arrangement la seconde plaque intercepte tous les rayons qui sont tombés perpendiculairement sur la première; ce croisement donne donc lieu à l'obscurité.
Toute substance transparente, jouissant de la réfringence simple, du erown, par exemple, ne changera rien à cet état de choses; le verre de flint ou de crown, interposé entre les deux tourmalines, demeurera donc obscur.
Mais il n'en est plus de même si, entre les deux plaques de tourmaline, on glisse une lame de quartz taillée perpendiculairement à son axe. Le cristal ainsi taillé