‹ La Vision; étude physiologiqueChapitre 8 sur 22 · ET LE DÉVELOPPEMEM DES SENS · texte numérisé non relu

ET LE DÉVELOPPEMEM DES SENS

iiitivG. en deux propriétés fondamentales de lamatiore, la masse el le mouvement. En dehors de nous il n'y a que cela. Les autres propriétés que nous attribuons aux corps n'existent qu'eu nous ; elles sont le produit de réactions sensorielles développées parla masse et surtout par les modalités de mouvement de la matière pondérableou impondérable. Supprimez l'oreille, un silence absolu se répand sur la nature, malgré la foudre, malgré le choc des corps, malgré les vibratioDS de l'air. Supprimez l'œil, le monde rentre dans une nuit profonde, malgré le soleil, malgré les vibrations de l'étlier que déterminent les corps que nous appelons lumineux. Vérités absolues qui semblent des paradoxes ù notre esprit habitué à identifier la sensation avec la cause qui la produit.

Le défaut de distinction entre les propriétés physiques et les propriétés sensorielles des corps a été, dans la science, une source de confusion qui se perpétue par le langage, par les mots qui ne répondent pas à une conception nette des choses, n L'homme inconnu qui a créé le mot fhalenr, disait récemment Foincaré, a voué bien des générations à l'erreur; on a traité la chaleur comme une substance, simplement parce qu'elle était désignée par un substantif. >< La même observation s'applique de tout point au mol lumière et, d'une manière générale, à tous les substantifs par lesquels on désigne les réactious déterminées sur nos appareils sensoriels par les agents physiques. On saisit ici l'influence considérable que les mots ont eue sur les idées, et la justesse de cette pensée de Condillac : « Une science exacte est une science dont la langue est bien faite. »

Les propriétés sensorielles des corps semblent justifier

' Henri Poincahé. Rapports de l'analyse et de la physique mathéinaliquE. Revue générale des Saiences, 1897, n'^ 2i .

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