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LES AGENTS PHYSIQUES

du corps de l'embryon, reparaît plus tard à la périphérie pour donner l'organe sensoriel ».

A l'autre extrémité de l'échelle animale, nous trouvons le premier rudiment de la rétine sous forme d'une tache pigmentaire de la peau. Entre cet œil rudimentaire et l'œil perfectionné des mammifères, l'anatomie comparée nous montre une foule de formes et de degrés intermédiaires1.

Il y a plus encore, la peau de certains animaux inférieurs (mollusques, vers) est sensible à la lumière sans qu'on puisse y découvrir la moindre trace d'une différenciation anatomique en rapport avec la sensation lumineuse, ce qui prouve que la réaction différente par des excitations physiques différentes, précède, dans l'évolution des organismes vivants, la différenciation anatomique.

La physiologie comparée nous montre encore un fait intéressant au point de vue de l'évolution phylogénique des sens, c'est que les sensations différentes qu'un animal peut éprouver — disons, pour être plus exact, les réactions sensorielles qu'il peut manifester — peuvent être développées par l'excitation des mêmes parties de la peau, c'est-àdire que l'appareil sensoriel rudimentaire de ces animaux sert pour toutes les sensations. Il en est ainsi, par exemple, chez la Pholade dactyle, qui a été de la part de Raphaël Dubois l'objet d'une étude fort intéressante 2. Chez ces mollusques, la peau du siphon — appendice protractile qui se dégage du manteau pour recevoir les excitations du dehors — est à la fois le siège du tact, de l'olfaction, de la gustation

1 Voyez sur cette question un travail récent de Steffan. Entstehung und Entwickelung der Sinnesorgane und Sinnesthrctigkeiten im Tierreiche. Société des naturalistes de Franc for t-sur-le-Mein, 1898.

2 Raphaël Dubois. Anatomie et Physiologie comparée de la Pholade dactyle, 1892.

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