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CHAPITRE PREMIER

I. Dispositif expérimental. — Nécessité d'explorer comparativement la sensibilité visuelle sur la rétine adaptée et non adaptée, dans la fovea et les parties périphériques. Spectroscope modifié. L'unité

de lumière 29

II. Faits expérimentaux. — Influence inégale de l'adaptation rétinienne sur les rayons de longueur d'onde différente. Déplacement du maximum d'intensité du spectre sous l'influence de l'adaptation. — L'adaptation ne porte que sur la valeur lumineuse d'une couleur; le spectre incolore. — L'adaptation n'existe pas dans la ibvea qui sert à la fixation centrale ; insensibilité relative de la fovea sur la rétine adaptée. La sensation de lumière incolore, avec les lumières simples de faible intensité, n'existe pas dans la fovea . ... 37

III. Déductions physiologiques. — L'adaptation faisant défaut dans la fovea qui ne contient que des cônes, il faut en conclure qu'elle est fonction des bâtonnets et du pourpre rétinien. Le mode d'excitation des bâtonnets et des cônes par la lumière est différent ; la réaction sensorielle est également différente. Par l'excitation d'une lumière simple les bâtonnets ne donnent qu'une sensation de lumière incolore, les cônes une sensation de couleur. — Il y a dans la rétine humaine deux rétines douées de propriétés différentes et deux modes de sensibilité à la lumière. De ces deux modes de sensibilité l'un, celui des cônes, est relativement fixe, l'autre, celui des bâtonnets, fait varier la sensation d'intensité et de qualité suivant l'éclairage ambiant et d'une manière inégale pour les rayons de longueur d'onde différente. — Les bâtonnets et le pourpre rétinien sont en rapport avec une fonction spéciale, l'adaptation aux différences d'éclairage ; la fatigue rétinienne est distincte de l'adaptation. — Les cônes constituent les éléments fondamentaux delà rétine humaine 47

IV. Nature de V action du pourpre rétinien. Rôle de la fluorescence. — Fluorescence de la rétine ; Helmholtz, Setschenow ; elle n'explique pas la visibilité des rayons ultra-violets, d'après ces auteurs. La

TABLE ANALYTIQUE m

fluorescence de la rétine est due au pourpre rétinien. Les travaux de Kuhne et Ewald sur la fluorescence du pourpre ; ces auteurs ne lui attribuent aucun rôle physiologique. —Faits qui démontrent le rôle de la fluorescence du pourpre dans l'adaptation rétinienne. La fluorescence du pourpre augmente par le séjour dans l'obscurité et s'efface par l'action de la lumière ; l'accroissement de sensibilité qui caractérise l'adaptation subit les mêmes influences. La luminescence d'un corps fluorescent, nulle avec la lumière rouge, est en général d'autant plus grande que la longueur d'onde de la lumière employée est plus petite ; l'adaptation rétinienne a une influence semblable sur la visibilité des rayons de longueur d'onde différente. La sensation développée par la lumière sur une rétine fortement adaptée a la plus grande ressemblance avec celle des lumières fluorescentes. — L'action du pourpre dans l'adaptation n'est pas d'ordre purement physique, comme celui des substances fluorescentes. Elle s'accompagne d'un développement d'énergie électrique. Expérience de Dewar et de Joannès Chatin. Cette action est comparable à celle de l'organe lumineux des pyrophores ... 54

V. Concordance des faits fournis par V expérimentation physiologique, far la pathologie, par Vanalomie comparai. — Les conclusions déduites des faits physiologiques sont confirmées par l'observation clinique. Le trouble visuel de l'héméralopie respecte la fovea ; il ne porte que sur la valeur lumineuse des couleurs ; il consiste dans une altération de l'adaptation rétinienne, c'est-à-dire de la l'onction des bâtonnets et du pourpre. — Le daltonisme congénital altère la fonction des cônes, mais respecte la fonction des bâtonnets; malgré la cécité des couleurs, l'intensité lumineuse du spectre, avec la rétine adaptée, est la même que pour l'œil normal. — Les conclusions physiologiques sont également confirmées par l'anatomie comparée. Les bâtonnets prédominent chez les animaux à vision nocturne (Schultz). Les animaux dont les rétines sont privées

de pourpre sont héméralopes 63

VI. Discussion des théories. Historique. — Explication physiologique du phénomène de Purkinje. Von Kries arrive aux mêmes conclusions que moi sur le rôle des bâtonnets et des cônes, en s'appuyant sur les mêmes faits, dix ans après. Il attribue à Hering, à Arth. Kœnig ou à lui-même des découvertes qui m'appartiennent. — Aug. Charpentier insiste sur la sensation de lumière incolore avec les lumières simples de faible intensité, mais il en fausse la signification. Cette sensation est produite par l'adaptation, elle n'est pas un fait absolu. L'insensibilité relative de la fovea est également un produit de l'adaptation, elle n'existe pas à la lumière du jour. Répartition de la sensibilité lumineuse et de la sensibilité chromatique dans la rétine adaptée et non adaptée. — Hering, Hillebrand, Ebbinghaus interprètent les faits en faveur de la théorie des trois substances visuelles de Hering ; le pourpre serait la substance du blanc-noir; mais le blanc et le noir sont perçus dans la fovea qui ne contient pas de pourpre. — A. Kœnig, au contraire, interprète les faits en faveur de la théorie trichromatique de Young-llelmholtz,

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