‹ La visionChapitre 2 sur 68 · PARIS OCTAYE DOIN, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

PARIS OCTAYE DOIN, ÉDITEUR

8, PLACE DE l'oDÉON, 8

<( Décrire les phénomènes visuels, en tant qu'ils donnent lieu à des considérations psychologiques » , telle est la tâche qui nous a été donnée. — Mais à ce titre, toute la physiologie visuelle y passerait, . car sauf le chapitre de la marche des rayons lumineux dans les milieux transparents de l'œil, toute la physiologie actuelle de la vision est pénétrée de psychologie : on ne parle que de sensations visuelles, de jugements visuels basés sur des sensations visuelles, de mouvements visuels excités par des sensations visuelles, etc., etc.

Une réaction contre le psychologisme en physiologie des organes des sens est en train de se produire, et les signes révélateurs de cette tendance surgissent de toutes parts. Il existe une vraie physiologie du mouvement, de la sécrétion, c'est-à-dire une physiologie n'invoquant aucun facteur fourni par l'introspection. N'y a-t-il pas moyen d'envisager de môme la « vision », ou au moins certains chapitres de la vision qui continuent à être pénétrés de psychologisme ? Si oui, il est évident que la Bibliothèque internationale de psychologie expérimentale doit consi-

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gner la chose. — Partisan d'une tendance plus physiologique en physiologie des organes des- sens, nous saisissons l'occasion pour montrer jusqu'où l'on peut dès aujourd'hui aller dans cette direction. De par cette tendance générale de notre travail| nous avons été amené à donner une certaine étendue à la physiologie comparée de la vision. Plus d'un auteur a posé en principe qu'en saine physiologie, les fonctions visuelles des animaux au moins doivent être envisagées sans le secours de l'appareil psychologique, sans invoquer des sensations, des volitions, etc. ; mais à notre connaissance, on n'a jamais tenté d'appliquer ce principe dans toute son étendue. A ce point de vue seul, on voudra bien reconnaître à notre travail une certaine originalité. — Il nous a semblé qu'on pouvait aller plus loin dans cette direction, et empiéter sur le terrain de la physiologie humaine. Nous espérons montrer qu'on peut envisager la vision corporelle, objective, sans le secours d'aucune notion psychologique. Et ici nous croyons pouvoir revendiquer un incontestable droit de priorité ; les auteurs les plus « radicaux » se sont crus obligés à appliquer leurs principes à la seule vision des animaux.

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