‹ La visionChapitre 48 sur 68 · I. Hering (Ew.). Die Lehre vom Lichlsinne. Wien · texte numérisé non relu

I. Hering (Ew.). Die Lehre vom Lichlsinne. Wien

pas le noir. Le noir est une sensation positive, au même titre que le blanc. Nous ne l'éprouvons très intense que moyennant notre rétine, toujours dans notre champ visuel, et seulement à côté d'une sensation blanche, ou aprh Téclairement d'un endroit rétinien par de la lumière blanche (contraste simultané et image négative d'un objet blanc). Ces noirs peuvent même devenir tellement intenses qu'ils sont « éclatants » (Hering).

Si nous mélangeons les radiations spectrales deux à deux (dans la proportion où elles se trouvent dans la lumière solaire), nous n'obtenons pas de couleurs nouvelles (sauf le pourpre, pour ceux qui y voient une couleur simple). — D'abord chaque couleur (ôiu radiation) du spectre a ce qu'on appelle son complément, c'est-à-dire que mélangée à cette vibration (dans la proportion où les deux se trouvent dans la lumière solaire), elle donne la couleur blanche. La couleur complémentaire du rouge est le vert bleuâtre, le jaune est complémentaire du bleu, etc. Si elles sont mélangées dans une autre proportion, celle des deux qui y prédomine plus que dans la lumière solaire donne sa teinte (mais pâle), à la sensation résultante. — Le mélange de deux couleurs spectrales non complémentaires donne, suivant certaines règles, une nuance plus ou moins claire d'une des autres couleurs spectrales.

Une couleur spectrale additionnée de lumière blanche (c'est-à-dire son mélange avec des vibrations produisant la sensation blanche), devient de plus en plus pâle, claire, peu saturée comme on dit aussi.

Les radiations de l'éther qui donnent naissance

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aux couleurs de la nature, analysées moyennant les prismes, sont toutes très complexes. Elles sont colorées parce que, dans le tnélange de radiations renvoyées par les corps, il manque Tune ou l'autre vibration, dont la place est marquée dans le spectre par une bande obscure, et qui est absorbée par le corps qui réfléchit les autres. Dans le mélange ainsi renvoyé, il y a donc d'abord une série de couples de radiations complémentaires, qui toutes produisent la sensation blanche ; puis il y a le complément de la. radiation absorbée, qui n'est pas neutralisé en blanc, et qui donne au mélange sa couleur. Toutes les couleurs de la nature sont donc plus ou moins pâles, comparées aux couleurs du spectre.

Les couleurs spectrales sont donc les sensations provoquées par des vibrations éthérées d'une seule espèce. On les nomme souvent simples, en opposition avec les couleurs de la nature, qu'on dit composées. C^tte manière de s'exprimer continue à maintenir une équivoque regrettable.

D'après ce que nous venons de dire, la couleur (c'est-à-dire la sensation chromatique) des objets de la nature est, elle aussi, provoquée par une seule radiation. La seule différence est que dans le cas des objets de la nature, cette sensation coexiste avec une sensation plus ou moins prononcée de blanc.

La sensation blanche n'est produite par aucune radiation simple, mais par le concours d'au moins deux radiations (complémentaires), ou encore par le concours de toutes les radiations solaires. Il ne faudrait pas en inférer que la sensation blanche est composée. C'est une sensation simple, autant et

même plus que celle du rouge, celle du bleu, etc. On n'y démêle pas trace d'une sensation colorée. — Il y a plus, le blanc résultant du mélange* de divers couples de couleurs complémentaires, ou bien du mélange de toutes les radiations, est toujours identiquement le même blanc. Des excitants très divers provoquent donc dans notre organe visuel le même état de conscience. Or, nous admettons que les sensations visuelles sont déterminées physiologiquement ; il faut donc que ces divers excitants (produisant la même sensation) provoquent dans notre organe visuel un processus physiologique identique, ou au moins identique dans une de ses phases. — De même aussi un certain mélange de vert et de violet (de radiations prises autour des lignes de Fraunhofer E et H) donnent la sensation bleue, et ce bleu est identiquement le même (mais un peu plus pâle) que celui résultant des radiations simples de la ligne de Fraunhofer F. Il en est de même de toutes les sensations colorées. Tout cela prouve l'importance prépondérante qu'a notre organe visuel sur la qualité des sensations lumineuses. Le déterminisme purement physique de ces sensations n'en est pas un, puisqu'il n'est pas univoque, mais multiple, particularité due certainement au déterminisme physiologique de la cliromatopsie.

I. Méthodes pour mélanger les couleurs, ou plutôt les radiations de Véther. — Les deux plus employées en physiologie sont les suivantes : a) La méthode spectrale, consistant à faire tomber (à l'aide de miroirs par exemple) sur un écran blanc deux radiations spectrales ; b) Les disques rotatifs de Masson, portant des secteurs colorés à volonté, et qu'on fait tourner. Grâce à la longue persistance de toute impression lumineuse, les diverses impressions sont comme coexistantes.

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L. Intensité et saturation des couleurs. •?— Prenons des points de comparaison dans le domaine des sons. Entre sensations auditives, on fait généralement les trois distinctions suivantes : a) celle d'intensité, b) celle de hauteur, et c) celle de timbre. Du côté de l'agent physique, l'intensité correspond à la force vive des vibrations aériennes sonores ; la hauteur dépend de la longueur d'onde de la vibration, et le timbre enfin de la complication du mélange sonore, du nombre de vibrations simples y contenues, et que l'oreille analyse, d'après Helmholtz, tandis que d'après Bonnier* notamment, l'oreille ne l'analyserait pas. Quoi qu'il en soit, on admet généralement qu'on peut faire varier l'une quelconque de ces trois qualités d'un son sans modifier les deux autres.

On a cherché à établir les mêmes distinctions entre sensations visuelles. — Les différences entre couleurs diverses, entre teintes des couleurs, correspondent assez bien aux différences de hauteur des sons. Les unes et les autres sont liées à la longueur d'onde, ou à la réfrangibilité des radiations; les unes et les autres sont des « différences qualitatives » entre sensations visuelles, et correspondent à des différences qualitatives dans l'agent qui les provoque. — La notion de Vintensité lumineuse correspond à celle de l'intensité des sensations acoustiques; elle est assez bien applicable aux sensations blanches. L'intensité de la sensation blanche est prononcée en raison de la force vive des radiations. — Aux différences d'in-

I. Bo^mF.H (P.). L* Au dit ion (dans celle collection). Paris, Oct. Doin, 1901.

tensité lumineuse, on donne le nom de « différences quantitatives » entre sensations visuelles.

La notion d'intensité perd sensiblement de sa détermination avec les sensations colorées. Une couleur peut être plus ou moins lumineuse, elle peut aussi être plus ou moins colorée. Prenons le spectre solaire. La luminosité diffère beaucoup d'un endroit du spectre à l'autre, et cela nullement avec la force vive des radiations : la luminosité elle aussi est fonction de la longueur d'onde. Elle est la plus forte dans le jaune, faible dans le bleu et plus faible encore dans le rouge et le violet. Ce n'est que si on envisage toujours la même radiation que la luminosité (relative), Tintensité lumineuse est d'autant plus forte que la force vive des radiations est plus grande. — En second lieu, ce quelque chose qui distingue une couleur d'une autre, — nommons-le ton ou teinte — , est plus ou moins prononcé selon les endroits du spectre : la saturation varie d'un endroit du spectre à l'autre. Le jaune, très lumineux, est peu saturé ; le bleu et le rouge sont plus saturés. La saturation des couleurs spectrales est plus ou moins en raison inverse de l'intensité lumineuse. On voit que la saturation est une qualité des sensations lumineuses sans analogie dans les sensations sonores : un son est d'une certaine hauteur, mais il ne peut pas être plus ou moins de cette hauteur, comme un rouge peut être plus ou moins rouge*. — Il y a encore la circonstance qu'il est impossible de faire varier l'intensité d'une couleur

I. On pourrait cependant trouver une lointaine homologie entre la saturation des couleurs et le timbre des sons.

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sans en modifier la saturation, et vice versa. Bien plus, avec les couleurs non spectrales (voir plus loin, phénomène de Purkinje) une modification de l'intensité peut changer la teinte elle-même. De sorte qu'une modification de la sensation chromatique étant survenue, on ne sait pas toujours trop si c'est l'intensité lumineuse ou la saturation ou même la teinte qui a varié.

De ces incertitudes résultent des diflBcultés insurmontables pour l'analyse du déterminisme purement physique des couleurs, difiBcultés qui sans nul doute sont imputables au déterminisme physiologique tout à fait inconnu des couleurs. En attendant, ce même état des choses rend difficile toute tentative pour remonter des sensations colorées à leurs déterminismes physiologique. — Ajoutons que la nomenclature chromatique donnée dans ce qui précède est celle de Helmholtz. Hering notamment en a imaginé une autre, en rapport avec ses idées à lui sur le mécanisme nerveux de la chromatopsie. — D'aucuns vont jusqu'à prétendre que toute différence quelconque entre sensations colorées est une différence qualitative.

LI . Du déterminisme physiologique, surtout rétinien, des sensations visuelles. Théories relatives à ce déterminisme. — Ce que -nous savons du déterminisme cérébral des sensations visuelles, se réduit h dire qu'il doit être recherché dans le bobe occipital, et c'est tout. Quid du déterminisme rétinien de ces mêmes sensations en général, et des sensations chromatiques en particulier? Car l'axiome du siège cérébral, voire

même coi^tical, de toute sensation, ne s'oppose nullement à ce que la chromatopsie soit plus ou moins déterminée par des mécanismes rétiniens.

1° Les cônes et les bâtonnets sont les éléments photorécepteurs de la rétine. — 11 y aurait d'abord à énumérer les faits d'ordres divers démontrant que les cônes et les bâtonnets sont les véritables organes photo-récepteurs, et dont le principal est que dans la fovea humaine, l'endroit rétinien dont les fonctions de photo-réception sont les plus développées à certains égards, il n'y a que des cônes. Que d'ailleurs les bâtonnets aussi bien que les cônes sont photo-récepteurs, cela résulte de ce fait que chez certains animaux, il n'y a pas de cônes, seulement les bâtonnets (certains mammifères nocturnes et les oiseaux nocturnes), tandis que d'autres (les oiseaux diurnes) n'ont que des cônes, pas de bâtonnets.-

2° Nature du processus de photo-réception. — Signalons brièvement les diverses modifications que la lumière produit dans la rétine: a) l\ y a d'abord V « érythropsine », le « rouge » au « pourpre rétinien », découvert par BoLL*, et que la lumière transforme chimiquement, d'abord en un corps jaune, puis en un corps incolore. Ce rouge rétinien, éminemment altérable à la lumière, pourrait, en se transformant, exciter chimiquement les éléments photo-récepteurs. 11 n'existe que dans les bâtonnets (et seulement dans leurs articles externes), et fait donc défaut dans la fovea, dépourvue de bâtonnets, b) Sous l'influence de la lumière, les cônes se raccourcissent, et ce raccourcissement pourrait être cause (mécanique) d'excitation nerveuse, c) Sous l'influence de la lumière,

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