FIG
Quel est son mécanisme ? Les bâtonnets contiennent une substance de nature pigmentaire photosensible à laquelle on a donné le nom de « pourpre rétinien » ou « rhodopsine » qui est localisée dans le segment externe des bâtonnets, substance dont les cônes sont dépourvus. Sous l’action de la lumière, le pourpre rétinien est instantanément décomposé en une substance jaune appelée le « jaune visuel ». Des travaux récents ont montré que, dans une première phase de ce processus physicochimique, le pourpre était transformé, d’une part, en une protéine, d'autre part en « rétinène», et qu’une action plus longue de la
lumière aboutissait dans un deuxième temps à la transformation de ce rétinène en vitamine A.
Ces réactions étant réversibles, l'adaptation rétinienne est sous la dépendance de la reconstitution du pourpre à partir de ses éléments de décomposition.
L'augmentation de sensibilité rétinienne, lors de l’adaptation à l’obscurité, se traduit par un abaissement progressif du seuil de perception lumineuse du sujet : ceci peut être facilement mis en évidence par le tracé de la courbe de variation du seuil lumineux en fonction du temps d’obscuration en exprimant en unités logarithmiques les brillances des seuils étudiés qui seront portées en ordonnées, et en portant en abcisses les temps d’obscurafion considérés.
= à on S S < Z $ 5 & SÈ + D "|
0 10 20 30 Temps en minules
Frc. 2.
Cette courbe permet de distinguer deux segments : un segment primaire, correspondant à l’adaptation des cônes: un segment secondaire, correspondant à l’adaptation des bâtonnets. Ces deux segments se coupent en un point (a),
ceci permet de voir que les bâtonnets ne commencent à
: D) press
entrer en fonction qu’à un niveau lumineux suffisamment bas pour permettre au pourpre rétinien de se reconstituer, et qu'après un temps suffisamment long pour que cette reconstitution ait débuté (fig. 2).
De ceci on peut déduire que le temps d'adaptation complète est fonction du niveau de lumière que l'œil subissait avant d’être placé dans l’obscurité, c’est-à-dire de la préadaptation; ceci est un point important, comme nous le verrons lors des expériences que nous avons effectuées pour la détermination du seuil morphoscopique, d'abord chez Padulte normal jeune, puis chez des sujets entraînés appartenant au personnel navigant de la 30° Escadre mixte d'instruction et de chasse de nuit.
Le seuil atteint finalement une valeur fixe, mais le temps nécessaire pour l’atteindre dépend de la préadaptation il est proportionnel à l’intensité lumineuse (1) à laquelle l'œil a été soumis avant sa mise à l'obscurité, et au
es Preddaplalion N
TT
NS
un à
ù ee —
Temps dadaplalion en ne
Fic. 3,
Er ONE
temps (T) durant lequel cette lumière de préadaptation d'intensité (1) a agi; ceci amène pour les courbes des positions variables avec I et T, c’est ainsi, par exemple, qu’alors que pour une préadaptation de valeur moyenne le point « est atteint aux environs de la sixième minute, et l’adaptation complète en vingt-cinq à trente minutes environ (fig. 3), ces chiffres peuvent être augmentés du fait d’une exposition préalable à une lumière de préadaptation d'intensité plus forte durant un temps plus long.
Certaines particularités sont alors à noter lorsque l’adaptation est complète. C’est ainsi que le seuil absolu diminue quand la surface du test augmente, que pour des temps d'exposition très courts le seuil diminue avec la durée de présentation du test, que ce seuil varie avec la longueur d'onde de la radiation lumineuse reçue par lœil, que le seuil varie avec la région rétinienne intéressée (le maximum de la sensibilité ayant sa situation vers 15° à 40° en dehors de la fovéa).
D. -— EFFET PURKINJE
Si l’on considère deux surfaces, dont l’une est peinte en bleu et l’autre en rouge, de façon à ce qu’elles paraissent également lumineuses à la lumière diurne et qu’on les examine ensuite en milieu faiblement lumineux (aube ou crépuscule), on note alors que si le bleu a conservé un degré de luminosité appréciable, le rouge est devenu plus sombre. Ceci constitue l’effet PURKINYE.
En vision diurne, l’œil est inégalement sensible aux diverses radiations du spectre lumineux, donc aux diverses longueurs d’ondes, et des couleurs d’énergie égale lui paraissent être inégalement lumineuses.
La sensibilité maximum de l’œil à la luminosité photopique correspond à une longueur d’onde de 560 millimicrons, c’est-à-dire au jaune-vert; ceci permet d'établir une courbe de luminosité photopique moyenne. Si, mainte-
nant, on établit de la même façon une courbe de luminosité scotopique moyenne, cette courbe apparaît dans son ensemble nettement décalée vers les faibles longueurs d'ondes, et son maximum s'établit pour une longueur d'onde de 510 millimicrons, c’est-à-dire dans le vert-bleu qui, d’ailleurs, est perçu incolore tout comme les autres radiations. À ce niveau lumineux, les radiations rouges correspondant à une longueur d’onde de 650 millimicrons, cessent d’être perçues. C’est ce décalage de la sensibilité qui constitue de façon plus précise le phénomène de PURKINJE (fig. 4).
Luminosiles relalves
400 500 600! 700 Longueurs dondes en milimicrons