‹ La Vision Nocturne En Aéronautique: Sa Mesure. - Son Amélioration À L'Aide D'Hormone Hypophysaire Du Lobe IntermédiaireChapitre 16 sur 49 · C. — MYoPIE CRÉPUSCULAIRE · texte numérisé non relu

C. — MYoPIE CRÉPUSCULAIRE

L’œil normal devient myope aux basses luminances, ce phénomène résulte du fait qu’étant « un médiocre instrument d'optique, il présente un chromatisme marqué grâce auquel les radiations lumineuses sont d'autant plus réfractées par les milieux oculaires que leur longueur d’onde est plus réduite », L’œil se comporte, lorsqu'il est normal,

Note

de telle façon que ce sont les rayons jaunes qui forment sur la rétine les images nettes des objets observés, les radiations de longueur d’onde inférieure ayant leur foyer un peu en avant de la rétine.

Dans les cas des longueurs d’ondes inférieures au jaune, la rétine ne recevra donc pas d’image nette, mais un cercle de diffusion bleu-violet.

En ce qui concerne les radiations de longueur d’onde supérieure au jaune, l’image ne peut se former qu’en arrière de la rétine, et un point rouge ne donne qu’une tache floue.

Lorsque nous nous trouvons en vision diurne, ce sont les radiations jaunes qui nous donnent des images nettes et claires, elles sont accompagnées de halos rouges et bleus dont nous faisons abstraction par habitude; mais lors de la vision scotopique, la sensibilité maxima de l'œil étant reportée vers les faibles longueurs d'ondes, les images fournies par le bleu-vert (qui sont alors prédominantes) sont situées en avant de la rétine, de telle sorte que l'œil se comporte exactement comme un œil myope.

A ce déplacement vers les faibles longueurs d'ondes de la sensibilité maxima de la rétine en vision scotopique s'ajoute un autre facteur qui n’est pas à négliger : la dilatation pupillaire qui, d’une part, favorisera l’entrée en jeu des parties périphériques de la rétine dans la formation des images et provoquera des aberrations sphériques et, d'autre part, s’accompagnera d’un déplacement en avant du cristallin qui contribuera encore à renforcer cette myopie crépusculaire qui, le plus souvent, atteint une valeur d'environ — 1,5 dioptries, et commence à se manifester de façon très intense à partir d’une luminance avoisinant 0,001 nit.

D. — QUELS SONT DONC LES ASPECTS DE LA VISION SCOTOPIQUE A CONSIDÉRER PLUS PARTICULIÈREMENT EN MÉDECINE AÉRONAUTIQUE ?

1° Le sens lumineux

C’est la faculté que possède l’œil humain de percevoir sans forme précise une lueur, lorsque la luminosité est très faible. Cette propriété est utilisée dans la marine pour le repérage dun feu fixe très lointain, et est importante en matière aéronautique depuis que sont utilisés dans les combats aériens des appareils à réaction, chasseurs ou bombardiers, car ce sens lumineux permet à laviateur, comme nous l'ont déclaré les pilotes que nous avons eu l’occasion d’interroger, de repérer l'adversaire grâce à la lueur produite par les pipes d'échappement des réacteurs, ceci bien entendu lorsque le chasseur se trouve placé dans axe de son adversaire, derrière celui-ci, et autant qu’il ne s'éloigne pas trop de cet axe.

2° Le sens morphoscopique nous paraît cependant être le point le plus important à considérer du point de vue pratique.

Le sens morphoscopique est la propriété que possède l'œil de nous faire apprécier la forme générale d’objets situés en basse luminosité et demeurant flous de ce fait, sans qu’il nous soit possible d’en apprécier les détails, notre œil se contentant de nous en faire deviner les contours qui sont reconnus par notre esprit. Ici se superpose à l’élément uniquement sensoriel un deuxième élément d'interprétation psychique d'importance capitale. Si nous voulons mainte- . nant exprimer la valeur du sens morphoscopique par un chiffre représentant un niveau lumineux donné, nous ne pouvons le faire que pour un test de dimensions données qui sera présenté au sujet avec un contraste défini.

Le sens morphoscopique est, selon BEYXE, le point le plus important à étudier, évaluer et améliorer, car c’est lui qui permettra, lors du vol de nuit, de repérer la silhouette de l'ennemi, de prendre la visée, de déterminer la position d’un objectif terrestre et de connaître celle d’un appareil ami volant dans la même formation, ou d’un leader que l’on doit suivre.

Quant à l’acuité visuelle scotopique, elle ne présente qu’un cas particulier du sens morphoscopique lorsque les dimensions du test, le contraste et le niveau lumineux sont suffisants, car il y a alors pouvoir séparateur. Nous voyons qu’il est donc utile, en médecine aéronautique, d’être à même de fournir aux chefs militaires des renseignements utiles sur les possibilités qu’ont les hommes qui se trouvent sous leurs ordres, en matière de vision nocturne.

Ceci leur permettra de les trier pour les répartir aux postes où ils seront le plus à même de faire jouer leurs qualités visuelles scotopiques.

L'efficacité des différentes méthodes d'éducation, d’amé- : lioration et d’entraînement pourra donc être ainsi appréciée et chiffrée. Quels sont alors les différents points à étudier et à mesurer, et quelles ont été jusqu'ici les méthodes mises en œuvre pour les évaluer. Nous considérerons successivement

— La réfraction;

— L'étude du champ visuel;

— Le sens lumineux et le sens morphoscopique.

a) Mesure de la réfraction.

La mesure de réfraction sera effectuée à l’aide des méthodes habituellement utilisées dans ce but; elle permettra de classer les sujets en trois catégories :

æ. Les emmétropes, qui deviendront légèrement myopes durant la nuit et auront intérêt à être corrigés;

B. Les hypermétropes légers atteints d’une hypermétropie de + 1 à + 2 dioptries latente; ordinairement ils ignorent

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leur anomalie jusqu’à l’âge de la presbytie et seront favorisés la nuit; Le RAR ie ; Pat LATE

y. Les myopes légers (— 1 dioptries), qui n’éprouvent aucun besoin de porter ordinairement des verres correcteurs, mais qui sont nettement défavorisés la nuit du fait que leur amétropie atteint alors une valeur de — 2,5 dioptries.

b) Mesure du champ visuel nocturne ou adaptométrie campimétrique.

a. Arc périmétrique de FERREE et RAaND. — L'appareil comprend essentiellement un arc périmétrique muni d’un accessoire permettant de faire des déterminations en lumière réglable. Sa méthode de travail consiste à relever les isoptères en fonction de la lumière du test et de sa couleur.

B. Arc périmétrique de LISTER-SHARPLEY. — Le principe est d'utiliser un arc périmétrique et d'éclairer le test avec une lumière réglable. La rotation de l’arc et le déplacement du test assurent l'exploration propre de la périmétrie de tout le champ visuel.

c) Mesure du sens lumineux et du sens morphoscopique.

L'évaluation de la valeur de la vision nocturne d’un sujet a donné naissance à un grand nombre d'appareils basés sur deux principes différents : les adaptomètres, destinés à la mesure du sens lumineux absolu, et les scotoptomètres ayant pour but la détermination du seuil de vision morphoscopique.

Sans vouloir passer en revue les divers types d'appareils existant, nous croyons utile de comparer les caractéristiques de l’adaptomètre et du scotoptomètre.

Le scotoptomètre mesure le seuil de perception et d’identification d’une forme définie ou seuil morphoscopique. Avec l’adaptomètre, il est demandé au sujet d'annoncer

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l'existence d’une lueur, soit en un point de la rétine, soit sur l’ensemble du champ rétinien.

Avec le scotoptomètre, le sujet doit annoncer la forme et la nature d’un objet-test (anneau brisé, barres, silhouettes diverses).

Avec l’adaptomètre, l’unité physique évaluant la fonction physiologique est la luminance-seuil à laquelle le sujet perçoit la lueur.

Avec le scotoptomètre, c’est la luminance-seuil à laquelle le sujet annonce la position et la nature de l’objet-test.

Alors que la valeur du seuil lumineux absolu est sensiblement invariable chez les sujets normaux jeunes, le seuil morphoscopique varie en fonction de plusieurs facteurs dimensions du test, contraste entre test et fond, entraînement, etc., c’est une fonction éducable et il n’y a pas liaison étroite entre les deux modalités fonctionnelles que constituent le sens lumineux absolu, d’une part, et le sens morphoscopique, d'autre part.

La comparaison que nous venons d'établir montre que le scotoptomètre, qui permet de vérifier l’aptitude des sujets à discerner et à reconnaître un objectif en bas éclairage, constitue, en pratique, l’appareil le plus utile pour répondre aux désirs du commandement. À

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