DER TUE
de vue de leur utilité militaire que de leurs applications à la conduite de nuit des véhicules routiers, et aux mécanicicns de route des grands express qui sont souvent obligés d'examiner les détails du paysage. De nombreux succès Japonais, durant la dernière guerre, furent dus à des opérations de nuit menées par des troupes spécialement entrainées dans ce but (ROSTENBERG, 1944). Quand on sait que la race jaune est nettement défavorisée par rapport aux autres en Ce qui concerne la vision nocturne, les succès cités plus haut et l'entraînement qui a permis de les obtenir prennent toute leur signification. L’U.R.S. Se également, comme le montre l’ouvrage de KRAvKOv, a étudié la question, de même que les états-majors anglo-américains qui publièrent de nombreuses brochures et réalisèrent plusieurs films techniques destinés à la vulgarisation des notions d'aptitude et d'amélioration des sujets au combat nocturne.
Considérons les différents stades généralement adoptés dans la conduite de cet entraînement.
La sélection sera opérée chez des sujets présentant un sens lumineux normal ou supérieur à la moyenne, les sujets possesseurs d’une myopie seront éliminés du fait même que l’existence d’une myopie légère, en vision scotopique, le gênera encore plus; par contre, les sujets emmétropes ou même légèrement hypermétropes seront favorisés en vision nocturne.
Après ce stade de sélection, les sujets les plus aptes seront soumis à l’entraînement tel qu’il est exposé dans les manuels d’instruction pour la vision nocturne de la Royal Canadian Air Force.
Le premier point est d'exposer aux sujets sélectionnés les principes élémentaires de la vision nocturne : scotome central, maximum de sensibilité de la rétine lors de la fixation paracentrale, dangers de l’éblouissement pour une bonne conservation du niveau d’adaptation, nécessité de ne pas fixer l’objet à repérer, mais d'explorer volontairement le champ visuel qui doit être balayé par la zone hyper-
SHRnE sensible, dans un mouvement de «scanning» toujours identique à lui-même.
Cet entraînement consiste donc en une véritable psychothérapie basée sur le développement de la confiance en soi qui doit être ressentie par des sujets entraînés lorsqu'ils se trouvent dans l’obscurité. Ceci est important lors des opérations du temps de guerre (vol de nuit, combat de nuit) et du temps de paix (vol de nuit).
” Une fois ce stade psychothérapique passé, on abordera les épreuves pratiques.
Une première méthode d'entraînement pratique consiste dans l’entraînement sur le terrain, de nuit; là, des silhouettes devront être reconnues, des étendues de ciel ou d'horizon analysées, en utilisant la vision « off center » et le « scanning». Durant toutes ces séances, l’instructeur devra s'occuper individuellement de chaque homme tour à tour, l'instruction s’effectuant par groupe de 10 à 12 sujets. L'action nocive de l’éblouissement sur l’adaptation, l’action favorisante du port des lunettes rouges sur cette même adaptation seront démontrées.
Une autre méthode consistera dans l'utilisation de maquettes plus ou moins complexes, les unes à deux dimensions, les autres à trois, qui réalisent au moyen de projecteurs et de filtres bien déterminés les conditions de vision nocturne et permettent l’entraînement continu d’un grand nombre de sujets. Cet appareïllage ne peut être utilisé que dans des centres spécialisés comme celui qui existe à Toronto et qui appartient à la Royal Canadian Air Force.
Les maquettes réalisent les diverses conditions de la vision de nuit (avec ou sans lune, ciel clair ou nuageux), et des silhouettes d’avions, navires, barrages de ballons, villes sont présentées; de plus, on peut réaliser des « flashes » lumineux simulant projecteurs ou fusées, de façon à montrer aux sujets comment lutter contre les éblouissements néfastes.
En combinant séances en salles et sur le terrain, on arrive
VS 7 rats
à obtenir des résultats très intéressants et des améliorations importantes.
Une troisième méthode consiste à faire pratiquer aux sujets à l’entraîinement des jeux d’adresse ou des sports dans des salles éclairées en très basse luminance.
C’est ainsi que les sujets seront amenés à jouer aux quilles avec des quilles dont la tête a été pourvue d’un point blanc permettant, au début, de les repérer; des parties de ballon seront également pratiquées dans ces salles où l’on organisera également des parcours semés d'obstacles qui devront être évités par les sujets.
La pratique sur le terrain serait également utile pour certains sports : on pourrait faire participer les sujets à des séances cross-country, durant lesquelles ils apprendraient à éviter les obstacles du chemin, ou bien les encourager à la pratique de sports d’adresse tels que la chasse de gibiers nocturnes.
A côté de cet entraînement général, d’autres entraînements plus spécialisés sont orientés vers des activités particulières : utilisation de jumelles de nuit, expériences de visées dans des conditions de tir nocturne.
Tous les auteurs qui ont étudié les résultats obtenus par ces méthodes d’entraînement insistent sur leur efficacité. Ces méthodes constituent un effort intéressant d’amélioration de la vision nocturne pratique, elles rendent les sujets conscients des possibilités physiologiques de leur vision en basse luminance en stimulant les perceptions intellectuelles et l’attention. |
Ces recherches doivent également trouver leur application dans des activités intéressant le temps de paix.
Il nous a été possible de vérifier expérimentalement le rôle bienfaisant de l’adaptation et de l’entraînement chez des opérateurs radar qui, dans un camion G. C. A. (Ground Control Approach), contrôlaient les évolutions des appareils en vol et les guidaient vers le sol au cours des « percées »,
La courbe suivante montre la différence du seuil de vision scotopique morphoscopique chez trois opérateurs radar, avant et après plusieurs séries d’observations des
écrans radar sous un faible éclairage (fig. 10).
os!
EUILS
Après
Avant
Dans ces cas, l’inhalation d'oxygène ne peut être tenue pour responsable de l’amélioration de la vision nocturne
des sujets examinés.
EXPÉRIENCES FAITES A L'AIDE DE L'HORMONE MÉLANOPHORE DE MUSSIO-FOURNIER
L’hormone mélanophore ou intermédine est une substance extraite, chez l’animal, du lobe intermédiaire de lhypophyse embryologiquement formé à partir de la paroi postérieure de la poche de RATHKE.
Chez l’homme, l’individualisation du lobe intermédiaire étant difficile et même discutable, une partie de l’hormone extraite provient croit-on des cellules basophiles du lobe antérieur qui présentent peu de différence avec les cellules intermédiaires.