‹ La Vision Nocturne En Aéronautique: Sa Mesure. - Son Amélioration À L'Aide D'Hormone Hypophysaire Du Lobe IntermédiaireChapitre 36 sur 49 · I. -- RAPPORTS DE L’HYPOPHYSE ET DE LA RÉTINE · texte numérisé non relu

I. -- RAPPORTS DE L’HYPOPHYSE ET DE LA RÉTINE

Roussy, OBERLING et leurs collaborateurs ont montré qu’il existe des relations entre la rétine et le noyau tangentiel de l’hypothalamus, par l’intermédiaire du nerf optique dans lequel on distinguait, en plus des fibres sensorielles, des fibres efférentes tangentio-rétiniennes et des fibres afférentes rétino-tangentielles.

Le noyau tangentiel étant le noyau excito-sécrétoire principal de fPhypophyse, on comprend ainsi la réaction mélanophorique provoquée par une excitation visuelle.

On connaît l’action de l’hypophyse intermédiaire sur les chromatophores d'animaux à sang froid, par le truchement d’une hormone qui, sécrétée par le lobe intermédiaire,

Be ae

quitte l’hypophyse par le pédoncule et va provoquer une dilatation des mélanophores (ZONDEK, SMITH, HOGBEN, Hous- SAY, KROHN).

De plus, on connaît l’importance prise par l’excitation hypophysaire provoquée par action de la lumière sur la rétine; nous rappellerons à ce propos les expériences de BENOIT sur des canards dont le fonctionnement testiculaire était fortement activé par une sécrétion hypophysaire ellemême provoquée par l'excitation lumineuse de la rétine.

Du point de vue clinique, les relations existant étroitement entre l’hypophyse et la rétine sont mises en évidence par l’existence du syndrome de LAWRENCE-BIEDL, décrit par LAWRENCE, en 1886, puis par CHAILLOU et BouDET, et enfin étudié en détails par BïEbL en 1922.

Ce syndrome est lié à un trouble embryonnaire du plancher du troisième ventricule, il est de caractère héréditaire et permet de trouver associés une rétinite pigmentaire et des signes de dysfonctionnement hypophysaire.

Des observations récentes de VELHAGEN junior. ont apporté d’autres éléments cliniques en faveur de l’existence de relations étroites entre hypophyse et rétine; l’auteur a, en effet, observé dans certains cas d’idiotie amaurotique’ à forme juvénile de type VoGr-SPIELMEYER, la coexistence d’une dystrophie adipeuse de type hypophysaire avec une dégénérescence de la rétine identique à la rétinite dite « rétinite pigmentaire sans pigment », dont le syndrome de LAWRENCE-BIEDL peut parfois présenter le type.

Dans les différents cas déjà cités, il est difficile d’affirmer, avec ZONDEK, une relation de cause à effet entre les lésions hypophysaires et la pigmentation de la dégénérescence rétinienne; cependant, d’après lui, un examen systématique destiné à dépister les symptômes hypophysaires doit être tenté chez tous les sujets atteints de rétinite pigmentaire, et on les découvrira fréquemment comme l’a fait ZONDEK dans quatre observations personnelles qu’il

cite à l’appui de sa théorie, et où il met en évidence, en plus de la rétinite, divers troubles hypophyso-diencéphaliques tels qu’un abaïssement du métabolisme basal, des troubles psychiques consistant le plus souvent en arriération mentale.

MaGrroT est lui aussi partisan de cette action trophique de l’hypophyse sur la rétine, car il préconise la sympathectomie carotidienne dans le traitement des rétinites pigmentaires, sympathectomie qui agirait de deux manières : en premier lieu, par une action pressive, et en second lieu par une action sur la thyroïde et l’hypophyse.

‘En conclusion, on peut donc affirmer qu’il existe des relations étroites entre l’hypophyse et la rétine.

IT. — ROLE DE L’HORMONE MÉLANOPHORE

Les constatations faites par STERLING d’abord, puis ZONDEK et KŒHLER ensuite, sur les relations existant entre la rétinite pigmentaire et une altération diencéphalique et hypophysaire, et les observations faites au sujet des relations existant entre l’excitation lumineuse et l’excrétion de l'hormone ont contribué à préciser le rôle joué par l’hormone mélanophore. On peut dire que l’hormone agit en transmettant les excitations lumineuses au système hormonal, le lobe intermédiaire de l’hypophyse étant le centre de conversion des excitations lumineuses en incitations.

Le rôle fondamental de l’hormone mélanophore a été démontré expérimentalement.

Page 1