PER
Les améliorations observées portaient sur l’héméralopie, l’acuité visuelle, le champ visuel et le seuil lumineux brut : chez 13 malades présentant une rètinite pigmentaire et traités par l’hormone mélanophore, 5 gagnèrent 1/10 à 2/10 d’acuité visuelle, 4 observèrent une amélioration subjective de l’héméralopie, 7 sur 8 virent leur seuil lumineux brut abaïssé; un seul malade vit un agrandissement de son champ visuel sans modification du fond d’œæil.
Chez 2 malades atteints de rétinite diabétique, une seule amélioration fut constatée donnant une augmentation de l’acuité visuelle qui passa de 1/50 à 4/10 sans modification du fond d’œil.
Dans plusieurs autres observations, on observa de lègers gains, soit d’acuité visuelle, soit de champ visuel. DoLrzFuss, étudiant l’action de l’hormone mélanophore sur diverses affections rétiniennes, conclut à des résultats en somme assez comparables à ceux obtenus dans des cas similaires par des inclusions de placenta. Tous les résultats ne sont donc pas aussi spectaculaires que ceux obtenus par Mussio-FouRNIER.
A côté de ces auteurs, d’autres ont essayé « d'utiliser l'adaptation rétinienne comme test thérapeutique plus sûr, surtout quand l’acuité et la campimétrie ne montrent aucun changement appréciable (JAYLE). |
BASILE (1940), utilisant l’adaptomètre de ENGELKING- HARTUNG, étudie l’action de l’hormone dans la rétinite pigmentaire, avec une solution à 25 unités par cm en instillations et met en évidence, en examinant 20 sujets normaux et 6 sujets atteints de rétinite pigmentaire, une accélération nette de l’adaptation avec abaissement du seuil lumineux. En utilisant des injections sous-cutanées, 5 cas sont améliorés sans changement du champ visuel et de l’acuité.
En 1942, Mac DoxaLp et ADLER, n’obtenant aucun résultat positif, conclurent que l’hormone ne donnait aucune amélioration du seuil lumineux,
Enfin, en 1950, BEaUvIEUX et HoussiN obtinrent les résultats suivants :
— Dans 6 cas de rétinite pigmentaire, 4 malades virent leur seuil lumineux sensiblement amélioré et 2 autres gagnèrent de 1/10 à 3/10 d’acuité visuelle; un seul eut son seuil lumineux diminué;
— Dans 2 cas de chorio-rétinite myopique, un seul obtint une amélioration de son seuil lumineux;
— Dans 4 cas de rétinite diabétique, 2 obtinrent un gain de 1/10 d’acuité visuelle et, sur ces deux cas, un seul eut un abaissement de son seuil lumineux;
— Quand une amélioration a été obtenue, on voit que le seuil brut est amélioré en premier, puis le seuil différentiel s’abaisse par la suite. Les modifications d’acuité visuelle vont de pair avec les améliorations du seuil d’acuité et ceci n’a lieu qu'après un laps de temps d’une heure environ, l’aspect du fond d’œil ne variant pas.
II. - NATURE DE L'HORMONE MÉLANOPHORE A. — OBTENTION DE L'HORMONE
La matière première est recueillie sur lPanimal durant les minutes suivant l’abatage. Il s’agit du lobe postérieur de l’hypophyse du bœuf, du cheval ou du porc, lobe qui est accompagné de la totalité du lobe intermédiaire.
Les lobes sont immédiatement congelés à — 15° jusqu’au moment où on effectuera leur dessiccation par l’acétone anhydre.
Une fois cette dessiccation opérée, on procédera alors à l'extraction par lacide acétique dilué qui, suivie d’un fractionnement dans des solvants appropriés, permettra l’obtention d’une hormone mélanophore pure, débarrassée de toutes les substances hypertensives et ocytociques.
Le produit obtenu, de nature protéique, appartient probablement à la famille des polypeptides.
B. -— PROPRIÉTÉS DE L'HORMONE
Cette hormone mélanophore est soluble dans l’eau et peut dialyser; elle est soluble dans l’alcool, résiste à la chaleur et à l’alcalinité, elle est détruite par la trypsine mais non par la pepsine.
Son pH isoélectrique est de 4,1 et son poids moléculaire dépasserait 2.000.
L'analyse à permis d'y identifier un certain nombre d'acides aminés tels que : tyrosine, arginine, cystine.