‹ La Vision Nocturne En Aéronautique: Sa Mesure. - Son Amélioration À L'Aide D'Hormone Hypophysaire Du Lobe IntermédiaireChapitre 41 sur 49 · D. — MÉCANISME D'ACTION DE L'HORMONE · texte numérisé non relu

D. — MÉCANISME D'ACTION DE L'HORMONE

Le médicament utilisé voit sa substance active passer dans la circulation générale au niveau de la conjonctive;

Gi

ceci est prouvé par le fait qu’une instillation unilatérale provoque une amélioration bilatérale. Il agit alors par stimulation des fonctions de la rétine, comme le prouve l'amélioration des phénomènes d’héméralopie provenant de troubles de bâtonnets que l’on observe dans les rétinites pigmentaires.

Cependant, on peut se demander si les améliorations relevées sont vraiment dues à l’hormone mélanophore elle-même ou si elles dépendent de l’action d’une ou d’autres substances contenues dans les extraits employés; car, en effet, à l’appui de cette deuxième hypothèse, nous trouvons l’action thérapeutique, observée par Mussro-Four- NIER, d’un extrait de muscle, dans les rétinoses diabétiques, pigmentaires et dans le glaucome, extrait dans lequel il fut impossible à l’auteur de déceler la présence d’hormone mélanophore.

Depuis ces constatations, Mussio-FOURNIER s’est attaché à rechercher si l’action favorable obtenue par lextrait hypophysaire était due à une substance identique à celle de lextrait de muscle, ou si d’autres principes intervenaient dans son action thérapeutique.

Mussio-FoURNIER, et avec lui d’autres auteurs tels VELTER, DESVIGNES, DoLLFuss, se sont demandés si les substances actives des extraits sont semblables ou non aux substances biogènes de FILATOV qui, d’après ce dernier, seraient à la base des améliorations obtenues par lui dans un grand nombre d’affections oculaires, par la greffe ou l'injection d'extraits d'organes divers tels que le placenta, la peau, le foie. Quoi qu’il en soit, quel paraît être le mode d’action de l’hormone invoquée comme active dans les affections dont nous avons déjà parlé ?

Il semble que ce soit par un mode de substitution ou de stimulation qu’agisse l’hormone. En effet :

a) Son action est rapide : toutes les améliorations du seuil morphoscopique que nous avons observées étaient déjà établies une à deux heures après l’instillation du collyre ;

po =

b) Elle se produit aussi bien chez des sujets ayant un seuil morphoscopique normal que chez ceux qui ont un seuil élevé.

Comme nous l’avons déjà dit, après une instillation unilatérale, l’action se retrouve de façon bilatérale, ce qui tendrait à faire supposer qu’il y a pénétration localement à travers les membranes oculaires, puis diffusion. On peut alors se demander s’il y a uniquement simple diffusion sanguine ou sil s’agit d’un réflexe excito-sécrétoire, car Roussy et OBERLING ont démontré le rôle excito-sécrétoire sur l’hypophyse rempli par le noyau tangentiel, et l’existence de réflexes optico-presseurs, optico-glycémiants et optico-mélanophoriques.

Il semble donc qu’il ne doive s'agir que d’une action purement palliative et non d’une action curative, car l’action de l’hormone est limitée et renouvelable.

Page 1