livre de Cantillon
par avance). Des articles de Jevons. Contemporary Revue 188r et de Higgs Economice Journal le signalèrent à l'attention des économistes, mais le professeur Marschall émit l’opinion que ses œuvres présentaient peu d'intérêt pour la science. On peut s'étonner d’un jugement aussi sévère de la part d’un savant qui s'était cependant spécia:
lisé dans l'étude des phénomènes monétaires ».
LT joe
“Et ce ne serait pas un exemple unique d'une idée origi-
nale conçue lors des premiers tâtonnements d’une science, sombrant ensuite dans l’oubli ou l'indifférence, qui réapparaîtrait soudain à un degré plus avancé de son évolution, comme une des bases fondamentales. Peutêtre la pensée de cet Irlandais inconnu, ranimée à la fin du siècle dernier par quelques esprits curieux, est-elle venue vivifier inconsciemment les œuvres des économistes Anglo-Saxons, qui rajeunissaient les anciens çoncepts, ont tenu grand compte de la vitesse de circulation et cherché à déterminer son influence sur les autres éléments de l'équation monétaire.
Ce que Gantillon cherchait, et ce que tous les auteurs ont cherché après lui, c'était la relation entre la quantité de monnaie et les prix, mais au lieu d'affirmer d'une manière dogmatique des rapports constants, il commence par analyser la matière, et découvre tout 'de suite que la vitesse des paiements et les transaction déterminent la quantité de monnaie nécessaire pour un certain niveau des prix. Malgré l'absence d’un vocabulaire approprié, sa définition est très claire et aucun élément essentiel n'a été omis. On peut lire dans l'édition de 1555, page 181 : « La proportion d'argent comptant nécessaire pour la circulation d’un état, n'est pas une chose incompréhensible, et cette quantité peut être plus grande ou plus pelile, suivant le train de vie qu'on y suit et la vitesse des püiements. »
Ce sont là les divers éléments de l'équation de l’échange mis en valeur par Irving Fisher. La proportion d'ar-
gent comptant ,c'est la monnaie. Le train de vie, ce sont
ESS Ne
les transactions T, et la vitesse des paiements est repré: sentée par V. Nous avons donc M V et T facteur de P. Ayant ainsi précisé les données du problème, Cantillon ne manque pas de remarquer que tous les états ne sont pas au même degré d'évolution, que les usages bancaires, les procédés techniques modifient grandement l'emploi de la monnaie, et il écrit, page 172 : « Mais il arrive ordinairement dans les états où l'argent est plus rare, qu'il y a plus dé troc par évaluation que dans ceux où l'argent est plus abondant et par conséquent la circulation est censée plus prompte et moins relardée que dans les états où l’argent est moins rare. Ainsi, pour Juger de la quantité de l'argent qui circule, il faut toujours considérer la vitesse de circulation ». Notons cette expression savoureuse (troc par évaluation), qui renferme la double notion de compensation et de mesure. Troc par évaluation, cela signifie qu'on s’en réfère à la valeur courante qu'ils ont en monnaie pour échanger deux objets tout en évitant d’avoir recours à un double déplacement d'espèces. Le terme circulation moins retardée, est lui aussi particulièrement heureux, car c’est la lenteur relative de la circulation qui permet à l'argent de conserver sa valeur qui dépend pour une quantité donnée de numéraire de la résistance du circuit monétaire. On se rend ainsi un compte plus exact de la vraie nature de ce phénomène, qui apparaît plus comptéhensible sous le vocable retard apporté à la circulation, car l’idée d’une vitesse dont on ne saisit pas la limite, parle moins à l'esprit que celle d’un obstacle à
franchir, d'une résistance à vaincre, Poursuivant son