‹ La Vitesse de Circulation de la Monnaie et les Variations de son Pouvoir d'Achat: Contribution à l'Étude d'une Théorie RéalisteChapitre 16 sur 59 · D BA · texte numérisé non relu

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exposé, l’auteur des essais sur la nature du commerce, nous montre sa connaissance des-affaires en exposant le mécanisme de la compensation sous la forme où elle pouvait se pratiquer avant l'usage des billets de banque et des virements. Page 185 : « Si un brasseur fournit à un drapier la bière qu’il consomme dans sa famille et si le drapier fournit réciproquement au brasseur les draps dont il a besoin, le tout au prix courant du marché, le jour de la livraison, il ne faut d'autre argent comptant entre ces deux commerçants, que la somme qui paiera

la différence de ce que l’on a fourni de plus. 5

Il s'efforce aussi de calculer le rapport moyen entre le total des paiements et la masse monétaire. Le Chevalier Guillaume Petty (1565), aurait évalué l'argent en circulation au dixième du produit des terres. Cantillon incline à penser que cette quantité doit être égale aux 2/3 du

revenu des propriétaires.

Nous trouvons toujours chez lui la plus grande prudence dans l'énoncé de son point de vue. C’est un homme qui sent la difficulté du sujet qu'il a abordé et ne prend pas parti dans les cas qui lui paraissent douteux, Page 213 : « La grande difficulté de cette recherche consisie à savoir par quelle voie et dans quelle proportion l'augmentation de l'argent hausse le prix des choses. J'ai déjà remarqué que l'augmentation ou la diminution des prix d'un marché éloigné soit dans l'état, soit chez

l'étranger, influe sur les prix actuels du marché ».

Plus loin, c’est une première esquisse d’une théorie

des revenus sur laquelle nous reviendrons plus tard

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pour aboutir à une conclusion pleine d'incertitude et de bonne foi. (p. 239) : «Je conçois que lorqu’on introduit dans un état une bonne quantité d'argent de surplus, le nouvel argent donne un lour nouveau à la consommation et même une vilesse à la circulation, mais il n’est pas

permis d'en marquer le degré véritable ».

Il faut regretter vivement que Cantillon avec son sens si approfondi du sujet n'ait pas poursuivi plus avant ses investigations. [l s’est contenté de mesurer les difticultés et de les signaler avec lucidité et bon sens. Pendant la longue léthargie où fut plongée son œuvre, la science monétaire se compliqua, mais ne fit aucun progrès sen-

sible en ce qui concerne l'analyse des principes.

Faute de tenir compte de la vélocité de la circulation on construisit des formules mais on s’éloigna de la. vérité. Qu'il nous soit permis de rendre ici un hommage particulier à la perspicacité de celui qui comme en se jouant comprit l'importance de cette fonction et y consacra des développements que ses contemporains jugè-

rent sans doute dénués d'intérêt.

Pour trouver une étude scientifique de la vitesse de circulation, nous devons attendre 1895 où des Essars, dans une communication à l’Académie des Sciences morales et Politiques essaya d’en déterminer le rythme. Il commence sa démonstration d'une manière qui permet d'espérer que le problème sera complètement traite. ‘L'économie politique, écrit-il, nous enseigne que l'utilité de la monnaie dépend de deux facteurs, la masse de la

monnaie et la vitesse de circulation c’est-à-dire le nom-

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bre de fois qu’elle change du moins pendant le temps considéré (1).

Mais des Essars* est hanté par le spectacle des crises cycliques qui jettent la perturbation dans le monde des affaires. À cette époque, les prix sont très déprimés ; nous sommes au point de la courbe où ils sont près d'atteindre leur niveau le plus bas depuis un quart de siècle. Les relations entre créanciers et débiteurs en sont gravement affectées au préjudice des derniers. La production est découragée par la diminution des bénéfices, et seuls les porteurs de valeurs à revenu fixe, les obligataires, voient leur pouvoir d'achat accru aux dépens de la partie active de la population. Entre 1872 et 1895, ce sont les phase de prospérité qui sont courtes et les phases de dépression qui sont longues ; la concurrence est acharnée entre vendeurs et malgré les progrès dus aux nouvelles découvertes l'économie mondiale atteint un point critique de son évolution. Toute l'attention des économistes étant concentrée sur ces événements et Clément Juglar en France s'était efforc“ de déterminer les lois auxquelles obéissent les crises afin de les prévenir et d’en atténuer les effets. Des Essars, au lieu de se servir de l'élément vitesse de circulation pour reprendre

l'analyse de la théorie générale de la monnaie, orienta

(4) Des Essards fit une communication à l’Académie des Sciences morales et politiques sur son étude de la vitesse de la circulation, mais la discussion à laquelle prirent part Clément Juglar et Levasseur, porte uniquement sur les crises cycliques et on ne s’occupa guère de déterminer quelle pouvait être l'influence de ce facteur sur

la théorie générale de la monnaie.

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