‹ La Vitesse de Circulation de la Monnaie et les Variations de son Pouvoir d'Achat: Contribution à l'Étude d'une Théorie RéalisteChapitre 2 sur 59 · MAS A · texte numérisé non relu

MAS A

Il ne s'agit donc pas de formuler une théorie universelle capable de s'appliquer à toutes les phases de la vie économique et à toutes les manifestations de son évolution, et il importe seulement de discerner les tendances qui exercent leur influence à une époque donnée, dans un milieu social déterminé et se révèlent comme telles à un observateur attentif.

Une semblable conception a été développée récemment en Allemagne par Werner Sombart, dans une série d'ouvrages dont quelques uns Der moderne kapitalismus, der bourgeois ont été traduits en français. Nous avons pensé qu’il était facile d'appliquer sa méthode de relativisme économique à d’autres problèmes et qu’une étude des phénomènes monétaires gagnerait à être entreprise dans le cadre de la psychologie historique, branche encore ineæplorée de la psychologie sociale et collective.

Les diverses expériences qui se sont poursuivies parliculièrement dans les dernières années ont eu sur la vie sociale une répercussion profonde et si personne n'ignore plus l'importance dans une société moderne des questions de monnaie, de. change et de crédit, il a paru Jusqu'ici impossible de concilier les principes fondamentaux servant de base aux théories anciennes avee la réalité telle qu'elle nous est apparue au cours d'un passé récent. |

Tandis que la doctrine quantitative affirme encore, avec certaines restrictions, il est vrai que toute variation de la quantité de numéraire en circulation entraîne une

variation correspondante du niveau général des prix, la

théorie psychologique prenant exactement le contrepied de l'interprétation classique, soutient au contraire, en s'appuyant sur, l'observation des faits contemporains, qu’il n'y aurait aucun lien nécessaire entre le volume des instruments de payements et le pouvoir d'achat de l'unité monétaire,

Mais on s'accorde cependant à reconnaître que les modifications du niveau général des prix se trouvent exprimées d’une façon suffisamment nette dans l'équalion d’Irving Fisher (MV + M’ V' = PT).

Il en résulte (M. P. et T. étant des éléments déterminés ou tout au moins déterminables) que les divergences d’appréciations porteront nécessairement sur le rôle qu'on doit attribuer à V, c’est-à-dire à la vitesse de circulation. Celle-ci se trouve être ainsi la véritable inconnue du problème monétaire et pourra être considérée comme l’élément capital servant à orienter l’ensemble des recherches sur ce sujet. Est-il besoin d’insister sur l'extrême intérêl que présente V pour l’analyse des faits qui se sont déroulés au cours de ces dernières années. En effet, si la vitesse de circulation est pratiquement une constante dépendant d’habitudes peu variables du public, le point de vue quantitatif paraîtra plus exact. Si au contraire, elle s'avère essentiellement instable, ce sont les facteurs psychologiques qui devront être mis en évidence.

Mais avant de formuler une opinion définitive, ne serat-il pas nécessaire de dégager les mobiles dominants de chaque période économique et de les classer en tenant compte de l'intensité de leur action respective. Peut-on

soutenir a priori que l’indélermination des fluctuations

Lu PRE

de V ait élé toujours la même au cours des siècles et ne conviendrait-il pas d'accorder au milieu social, aux conditions historiques, à la structure interne des systèmes monétaires une influence prépondérante. N'y aurait-il pas dans le cadre de la théorie générale de la monnaie, possibilité d'expliquer les conceptions anciennes aussi bien que les principes nouveaux.

Nous pensons que c’est dans une étude détaillée des variations de la vitesse de circulation de la monnaie que nous apercevrons le mieux les points de contacts entre les différentes opinions formulées.

Puisque c’est la vitesse des payements qui doit à chaque instant rétablir l'équilibre de l’équation de l'échange, l’analyse des causes qui lui impriment un rythme tantôt accéléré, tantôt ralenti, présente le plus grand intérêt pour l'explication des réactions des phénomènes les uns sur les autres.

Nous devons parvenir en l’analysant à nous rendre compte si les prix se révèlent rigoureusement adaptables à l'abondance ou à la rareté des disponibilités. Sans doute les faits en eux-mêmes, selon qu'on les considère à une certaine époque plutôt qu'à une autre, paraissent fournir des arguments, aux deux tendances opposées.

Mais la contradiction devient trop forte si l'on prétend demander exclusivement à l'observation les éléments d’une théorie de la monnaie qui soit en harmonie avec la complexité des événements.

M. Aftalion, dont nous nous honorons d’avoir été l'élève à la Faculté de Droit de Paris, a démontré d'une

Jaçon irréfutable, à la lumière des expériences monétaires

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