‹ La Vitesse de Circulation de la Monnaie et les Variations de son Pouvoir d'Achat: Contribution à l'Étude d'une Théorie RéalisteChapitre 21 sur 59 · EUR · texte numérisé non relu

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véritable monnaie. Il ne faudrait pas exagérer d’ailleurs l'importance de pareilles transactions, parce qu'en général, la circulation de ces agents employés assez rarement, est très lente. Ces opérations sont plutôt des dations en paiement et ne prennent de l’ampleur que dans des circonstances exceptionnelles. Mais l'équation de l’échange serait incomplète si on n’en tenait pas compte. Elle serait donc plus rigoureusement MV + M'V' + M° V° = PT. M° et V”, représentant les moyens subsidiaires de règlements par titres, bons de la défense, effets de commerce, coupons etc. Toutefois, lorsqu'on n'utilise pas cette formule pour des recherches statistiques, on peut se contenter de la définition schématique M V = PT. Si nous avons insisté particulièrement sur la compensation et le crédit, c’est parce que ce sont là des éléments essentiels pour la compréhension des phénomènes monétaires contemporains.

La compensation rend possible une plus grande vitesse de circulation et permet donc dans un temps donné d’ef-

fectuer davantage de paiements avec la même somine.

Le crédit est une fiction qui conduit à la création pure et simple de numéraire, car dans ce domaine, il n’y à aucune différence entre la promesse et la chose promise. C’est la coutume et leur commodité qui a élevé les métaux précieux au rang de monnaie. Les billets de banque ont vite rendu les mêmes services, puis les crédits ouverts par les banquiers. Tandis que le prêteur d’un corps certain perd la jouissance de son bien dont il transmet la

possession à l’emprunteur, le tiulaire d'un compte de

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dépôt à vue conserve son pouvoir d’achat tout en le prètant à un autre par l'intermédiaire de la banque. Il y a une véritable multiplication du capital espèces, et cette création n’a qu'un seul fondement : « l’acceptation commune ». On ne remplace pas les billets par de l'or, parce que le métal est encombrant. On laisse ces billets dans une banque pour ne pas être volé, et grâce à ce cycle d’habitudes, le volume de la circulation acquiert une certaine élasticité. À travers le crédit, les facteurs psychologiques interviennent dans la détermination de la quantité de monnaie sous un régime de convertibilité.

En pareil cas, ce.n’est pas l’autorité de l'Etat qui règle le chiffre des émissions, puisque si les billets ont cours légal, ils n'ont pas cours forcé. La confiance accordée par le public à ceux-ci les transforme en monnaie parfaite quelle que soit la quantité en circulation, mais cette confiance, il est susceptible de la retirer en certaines circonstances. Tout le sysième repose sur une équivoque créée par l’organisation de l’escompte. Pour l’emprunteur individuellement, il y a échange d’une richesse fuiure, contre une richesse présente, Pour l'émetteur, il y a simplement création d’une certaine quantité de monnaie dont le pouvoir d’achat est une fraction de la puissance globale d'acquisition de l’ensemble du numéraire en circulation.

L'émetteur reste usufruitier de la valeur ainsi créée puisqu'il en touche les intérêts.

Si la quantité était le seul élément à considérer, ce pouvoir d'achat supplémentaire réduirait automatique-

ment celui des unités existant antérieurement, C'est ain-

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si que le professeur Cassel explique la hausse des prix due à l'inflation » (x).

Quelques auteurs même parmi les partisans de la théorie quantitative, refusent la qualification d'inflation aux crédits émis en contre-partie d'effets de commerce parce que, disent-ils, ce sont des capitaux empruntés qu'il faudra rendre un jour. Ils oublient que la banque d’émission touche les intérêts de ces capitaux qu’elle ne doit à personne comme si elle en était propriétaire et qu’elle en fait en quelque sorte le placement. Si le pouvoir d’achat de la monnaie n’est pas toujours modifié par les fluctuations du chiffre des effets escomptés, c’est parce que la théorie quantitative analysant la monnaie d’un point de vue purement statique, ne peut tenir compte de tous, les éléments en action.

Emission gagée, émission non gagée, ce ne sont là que des fictions du point de vue purement monétaire. Si la théorie quantitative était exacte, l'augmentation du volume des effets escomptés aurait une action immédiate et certaine sur les prix. Entre l'émission gagée et l'émission non gagée, il ny aurait qu'une seule difrence. Dans la première, la valeur métallique ne cha: gerait pas, il n'y aurait que des variations de la valeur

courante (1). Dans la seconde, il y aurait des fluctuations

(x) Cassel, La Monnaie et le change après 1914. 1923 op. cit. p. 19 « La création d’un pouvoir artificiel d'achat conduit à une dilution de la monnaie. C’est le procédé qu’on désigne sous le nom d'inflation ». (2) Nous adoptons la terminologie rendue classique par Savigny en distinguant . trois valeurs de la monnaie, Valeur nominale, Valeur

métallique, valeur courante,

non seulement de la valeur courante, mais aussi de la

valeur métallique.

La coexistence d’une circulation d’or et d’une circulation de billets ou plutôt d’une réserve d’or et d'une circulation de billets ne pose un problème pratique que parce qu'il s’agit de deux grandeurs inégales dont l’une, la plus petite, est toujours exigible. Parce que le lingot est plus rare que le billet, il peut lui être un jour préféré et uniquement pour cette raison.

L'émission d'une monnaie convertible se trouve soumise au contrôle des porteurs. Elle est libre dans Ja

limite de leurs habitudes et de leur confiance.

La masse en circulation est donc extensible grâce au crédit. M. peut varier dans certaines limites. Les banques tirent parti de l'augmentation de M, en touchent les intérêts et contrôlent dans une certaine mesure les entreprises qu'elles financent. Il n’y a rien de plus. Nous sommes toujours dans le domaine statique. La grandeur de M. prise isolément n’est pas plus susceptible de nous ren-

seigner sur le niveau des prix que la longueur d'un terrain sur sa surface.

Avec la compensation au contraire, nous saisissons mieux les possibilités d'utilisation d'une somme déterminée. Nous comprenons comment on peut faire circu-

ler le numéraire et effectuer de nombreux paiements avec la même somme.

Nous nous rendons un compte plus exact de sa fonction et de son utilité qui a pour fondements les services

rendus et nous cesserons de ne considérer que sa quan-

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tité pour nous intéresser au nombre de paiements qu’il est possible de faire dans un temps donné...

De même que la technnique du crédit permet l’augmentation de M, la technique de la compensation permet l’accélération de V..

Dans un système monétaire déterminé avec une organisation bancaire déterminée et certaines habitudes du public, il:y a une vitesse de circulation qu'on pourrait qualifier de normale, une vitesse d’équilibre.

Mais rien ne permet de supposer que cette vitesse doive être constante comme le prétend Irving Fischer.

(Si nous cherchions une analogie en mécanique, nous pourrions dire que ce n’est pas parce que la vitesse de régime d’un moteur d'automobile est de 2.500 tours, qu'il devra nécessairement fonctionner à cette vitesse. . Peut-on même parler d'une vitesse de circulation optima de la monnaie. C’est douteux, car l’élément psycholo- gique qui la détermine échappe à l’analyse quantitative).

Tout ce que l’on doit admettre, c’est quelle ne peut augmenter indéfiniment et que toute exagération conduit inévitablement à une réaction.

Théoriquement et pratiquement, elle est essentiellement variable et si nous considérons la monnaie en bloc, nous nous apercevons que le pouvoir d'achat de l’ensemble des moyens de paiement existant à un moment donné représente une franction de la valeur des biens échangeable.

Et chose remarquable, l'importance de cette fraction ne dépend pas du nombre des unités car l'ensemble des

estimations sur la monnaie est sans rapport avec sa

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quantité et la diminution ou l’augmentation des espèces ne modifie en rien leur utilité globale.

Il est exact que la valeur des marchandises pour tout individu, se fonde sur leur utilité finale, sur l'utilité de la dernière unité, mais il s’agit de choses concrètes, tandis que la quantité de monnaie n'est qu’une abstraction.

En réalité, il y a division en unités de l'utilité de la fonction monétaire qui ne se trouve ni augmentée ni diminuée par le nombre des fractions.

Mais les quantitativistes en ont conclu trop hâtivement que la loi dé l'offre et de la demande né s’appliquait pas à la monnaie.

Bien que celle-ci forme une universalité, il existe un rapport susceptible de variations entre l’ensemble des estimations sur la monnaie et l’ensemble des estimations sur les marchandises. Et le rapport monnaie-marchandise sera d'autant plus petit que la vitesse de circulation sera plus grande.

C’est le rythme des paiements tantôt ralenti, tantôt accéléré qui empêchera la monnaie de n'être qu’une sorte de reçu des richesses humaines et un ticket donnant droit à une quantité fixe de biens matériels, et c'est la vitesse de circulation qui, en dernière analyse, permettra de déterminer l'utilité de la monnaie, de comprendre qu’elle soit tout à tour demandée ou offerte, nous conduisant à la définition de ce que les économistes

appellent l’encaisse désirée.

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